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ANATOMIE
mie : les détails sur sa vie et ses études manquent ; on sait qu’il naquit à Eapallo en 1460 et qu’il exerça à Gênes. Sa célébrité devint telle que Jules II le nomma son premier chirurgien, en 1503. Dès ce moment il commença son grand ouvragePrac^imcopf osa dont le premier livre est consacré à l’anatomie.
L’extrait suivant montre combien ses descriptions étaient sommaires ; elles suffirent cependant pour assurer à son livre des éditions qui se suivirent d’année en année.
« Renes {Des rongnons.) Les rongnons sont situés auprès du foie devers les spôdiles desquels le dextre est situé en plus hault lieu que le senestre et ont à chascun d’iceulx ung pânicule q (qui) les environne et les soutiêt. Et en celluy pânicule a ung nerf naissant du millieu des spôdiles dits alchatin et ont aussi ung ligament naissant desdits spondiles. Et la chair diceulx est ferme et sohde affin que elle ne soit point facilement escorcée de lurine descendant continuellement au près diceulx. Les veines diceulx procèdent de la veine nommée vena chilis avec laquelle sont côjoincts poriuritides lesquels sont côcaves et par la côcavité diceulx passe lurine et paruiêt à la vessie et a lentrée de la vessie lesdits pores se conioignent.
Vesica. {De la vessie.) La vessie est ung vesseau côposé de deux tuniques ordônéede nature imur recevoir lurine située entre laptie (partie) supériem’e des deux os de la cuisse et entre le conduit dembas : et en son orifice nommé le col de la vessie y a aulcuns petis muscles lesquels contraignent le col diceUe : et deiïendent lurine de sortir tant que la volunté de Ihomme soit de pisser. Enapres Imâne est conduite des reins à la vessie p (par) les deux émunctoires nômé poriuritides : lesquels quant sont touchans a la vessie il ouvre le premier pannicule et enaprès le second tant que elle viêt au fond et après facilement est conduitte à l’orifice dicelle. »
Benivieni décrit des fibres de la vessie et de son sphincter et il y indique que l’abouchement oblique des uretères empêche le reflux de l’urine, notions exactes que bien des auteurs, même au xix^ siècle, sont peu excusables d’avoh* oubliées.
Tel était l’état de l’anatomie quand parut Vésale. Né à Bruxelles en 1514, il commença à Louvain les études qu’il poiu’suivit à Montpellier, puis à Paris ; il y trouva l’enseignement de Guido Guidi, de Jacques Dubois (Sylvius), de Gauthier d’Andernach qui, attiré par l’éclat de l’Université de Paris, alors en pleine prospérité, avait demandé d’y professer. Il poursuivit passionnément ses études anatomiques sans qu’il soit prouvé qu’il ait déterré des morts à Montfaucon ou au Cimetière des Innocents. La France ne le retint pas et on le voit docteur à Bâle en 1537, puis professeur à Padoue, à Bologne et à Pise. En 1543, de retour à Bâle, il y publia son grand ouvrage qui, rompant avec la tradition et abandonnant Gahen, souleva contre lui une tempête d’invectives. Par bonheur, Vésale devint peu de temps après le premier médecin de Charles-Quint puis de Phihppe II qu’il suivit à Madrid; leur puissant appui ne lui fut rien moins que nécessaii’e pour lui permettre de continuer son œuvre. Cependant il fut bientôt condamné à faire un pèlerinage en Terre Sainte, convaincu d’avoir disséqué un gentilhomme dont on aurait vu le cœur battre après l’ouverture de son corps, ou plutôt à cause de ses attaques contre le clergé. Mais un naufrage le jeta dans l’île de Zante où il mourut en 1564.
ENCYCL. Ü’UUOLOÜIE. — I.
DE LA UENAISSANCE AU X1X« SIECLE
L’influence de Vésale fut immense et l’importance de son œuvre est cai)itale. Assm’ément des corps humains avaient été ouverts bien avant lui, dès le XII® siècle, soit que des suppliciés aient été livrés aux Facultés, soit que des étudiants aient déterré des cadavres. Les édits rendus pour interdire ces violations sont nombreux auxii® et au xiv® siècle. Mais Vésale fut le
Fig. 21. — Frontispice de l’édition de Vésale (Basileæ, 1543). Grav. de Wandelair.
premier qui « sût voir » et étudier siu' l’homme les systèmes, les organes et leurs connexions. Il a compris que tout était à créer et considérant que les connaissances qu’il avait acquises à l’Ecole étaient par principe entachées d inexactitude, il en fit table rase et voulut ne faire état que de ce qu’il avait sous les yeux.
La figure 22 qui, comme celles de la même édition, passe pour avoir été dessinée par le Titien, montre les progrès de l’anatomie topographique; elle
ENCyCLOI'ÉDIE d’Urologie.
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ANATOMIE
reproduit cependant l’erreur traditionnelle relative à la situation respective des reins.
Plus intéressantes sont les études de Vesale sur la structure et la physiologie de ces glandes. Il s’efforce d’abord de réfuter en ces termes l’erreur des Anciens :
« Je me suis efforcé de trouver une explication de la sécrétion urinaire, d’après les deux figures ci- jointes des médecins, et j’ai représenté dans la figure supérieure le rein coupé à sa surface convexe du côté du sinus ou de la cavité, et dans la figure inférieure, on voit exactement la portion mo-
Fif?. 23.
(Edit. Basileæ, Ibid.)
yenne du rein. L’index ci-contre montre l’explication qu’ils en donnent.
« Parmi nos médecins et tous ceux qui, à la suite de Galien, ont essayé d’exposer cette question, les uns ont abordé l’étude de la structure du rein, d’une façon erronée et avec négligence, sans observer quelles étaient la distribution et la situation de ces vaisseaux, et je ne sais quelles membranes filtrantes ils allèguent à tort avoir observé. Les autres, Prométhées satisfaits d’euxmêmes, dédaignant d’opérer une coupe, et du haut de leurs chaires, pensent s’être largement acquittés de leur tâche, en façonnant l’homme pour leurs disciples suivant leur imagination. Et c’est ainsi, je le sais, que les principaux médecins de notre époque ont enseigné et écrit que nous pouvions nous imaginer trois modes d’après lesquels l’iirine serait séparée du sang dans les reins ;
A. Veine el artère apportant le sang sdreux du rein. — B-B. Sinus dans leiiuel les médecins enseignent ciue la veine et 1 artere susdites répandent le sang séreux. — C-C. Sinus dans lequel lurine serait excrétée du sinus iirécedent. -- U. Substance du rein enveloppant sur tout le pourtour ces sinus. — E. Le fameux et fictif filtre du rein en forme de membrane criblée, qui permettrait d’amener l’urine du sinus noté en B, dans le sinus C, en même temps fjue la bile. — F. Canal conduisant Turine du rein dans la vessie.
DE LA RENAISSANCE AU XI\« SIECLE
ils n’ajoutent pas toutefois ce que l’on observe dans la dissection même de l’homme, mais ils se forgent à leur idée des sinus et des conduits. Si bien qu’actuellement c’est une opinion reçue et admise par tout le monde, qu’il existe dans les reins deux sinus placés dans le sens longitudinal du viscère, à savoir : l’un supérieur, et l’autre inférieur, et séparés l’un de l’autre par une membrane située transversalement. Dans le sinus supérieur s’abouchent la veine et l’artère rénales, qui viennent y répandre le sang séreux, auquel la membrane du sinus ne livre passage que par de petits trous très resserrés et très étroits ; eUe laisse ainsi passer cette sécrétion à la fois aqueuse et fine, ainsi que le bile ; le sang toutefois ne peut pénétrer en raison de son épaisseur. En outre ces architectes engourdis devant l’anatomie humaine, ajoutent, pour forger une œuvre plus élégante que celle de la nature, que le conduit urinaire part du sinus inférieur et qu’il reçoit l’urine déjà filtrée.
Fig. 24. — Coupes du rein, d’après Vésale (Édit. Basileæ. 1543, cliap. .\).
« Je voudrais, afin de vous montrer cet incroyable artifice, vous faire manipuler un rein de chien, rein maigre, et ne renfermant aucime graisse... En effet, après avoir achevé quelques sections (si la première ne vous suffit pas), vous rencontrerez deux sinus dans les reins, offrant dans la nature une structure bien différente de celle que lui attribuent nos médecins. »
Plus loin, Vésale annote ainsi les figures de coupe du rein qu’il représente.
La figure XXI® du V® livre (fig. 24), comprend une série de trois coupes successives du rein; elle en montre les sinus et les origines des conduits urinaires.
La première figure représente la section longitudinale du rein effectuée du côté de sa surface convexe, assez profondément pour atteindre le second ;sinus du rein, sans que cependant aucune portion de la substance rénale ait été enlevée. Donc on voit en : a : la partie antérieure du rein droit ; — en ji : la partie postérieure ; - yy : les orifices des rameaux du premier sinus du rein, c’est-à-dire du corps membraneux, à l’endroit où ces rameaux se rejoignent successivement. Ici en effet les rameaux sont nécessairement divisés par la section à leur point de jonction ; - 88 : le corps du in'emier sinus, c’est-à-dire le corps membraneux, dans lequel viennent se terminer la veine et l’artère rénales ; - e : cette petite ouverture constitue l’origine du conduit urinaire : - : partie du conduit urinaire. Au-dessus de ce corps
ANATOMIE
membraneux marqué o et o se trouve le second sinus du rein, dont la face interne seulement^ la plus rapprochée du corps membraneux, apparaît sur la section. En effet ses parties qui se prolongent des deux côtés de la cloison formée par la substance du rein et présentent le sinus lui-même comme divisé en deux, ne peuvent être examinées qu’à l’aide d’une sonde conduite dans le parcours en 8 et x. Car cette cloison se montre, dans cette section, divisée en deux moitiés, à savoir l’une antérieure et l’autre postérieure ; et X indique en effet la partie antérieure de cette cloison, x la partie postérieure.
Toutes les parties désignées comme ci-dessus dans la deuxième figure sont pareilles, si ce n’est que presque toute la substance du rein formant cette cloison a été enlevée sur le pourtour avec le couteau, et qu’on n’a pas pu placer autrement sous les yeux, d’ime façon convenable, la figure de ce septum. Aussi, voit-on ici le second sinus du rein, mais non comment il est divisé, parce que j’avais enlevé cette seconde cloison séparatrice sur son côté externe.
a, jJ, Y et indiquent donc sur cette figure les mêmes régions que sur la première figime.
Mais le conduit circulaire entre a et p indique le second sinus du rein, et 0 la partie antérieure du premier sinus, c’est-à-dire du corps membraneux, où elle se divise en rameaux ; la partie postérieure du corps membraneux ; - de telle sorte que 0 et t indiquent à la fois le corps membraneux, c’est-à-dire le premier sinus du rein ; et x indique l’origine du conduit urinaire.
La troisième figure fait connaître toutes les branches du premier sinus, c’est-à-dire du corps membraneux. En effet la substance du rein, qui provient des rameaux su23érieurs de ce sinus, a été détachée profondément. Et ces parties sont apparentes sans l’aide de caractères destinés à les désigner.
L’esi3ace nous manque pour suivre Vésale dans ses développements anatomiques et physiologiques. Il se résume ainsi :
« Telle est la conformation des reins, montrant que le sang séreux est amené dans ce corps membraneux et dans ses rameaux par le pouvoir de la substance du rein et le secours des fibres droites de ce corps ; de cette façon le sang sera hbéré d’une manière suffisante de cette humeur séreuse, de même que nous avons vu le sang être recueilli et transporté par les rameaux de la veine cave dans les ramifications de la veine porte. Car les reins n’attirent pas le tout. »
Tout dernièrement M. Holl a reproché à Vésale d’avoir décrit le rein du chien, ce qui est exact, mais sans attirer, dit-il, sur ce point l’attention du lecteur. Le i3assage que nous avons rapporté montre combien ce reproche est mal fondé. Avec plus de raison il relève dans Vésale certaines inexactitudes : « Son anatomie du chien se borne à une description du bassinet, dont il décrit d’une manière erronée certaines parties ; il méconnaît leur signification. Vésale considère l’unique grande papille oblongue qui fait saillie dans le bassinet du chien, comme un « septum » de la substance rénale faisant saiUie dans le bassinet et il n’a pas vu T « Area crihrosa ».
On peut admettre comme certain, que même après la publication des
DE LA RENAISSANCE AU XIX' SIECLE
Ohservationes de Fallope, Yésale n’est pas arrivé à une notion exacte de la structure du rein. Ni avant, ni même probablement après cette publication, il n’a étudié de rein humain.
Fallope vécut dans la première moitié du xvi® siècle ; il professa à Pise, mais sa précoce réputation le fit appeler dans d’autres universités. Il inventa ou tout au moins perfectionna la méthode des injections des vaisseaux et, en corrodant le parenchyme rénal, il fit voir que les tubes du rein vont directement de la substance corticale dans le bassinet. Bien qu’il fût l’alné de A^ésale, il fit preuve envers lui d’un respect et d’une admiration bien rares parmi ses contemporains.
Le servile attachement pour les Anciens était tel qu’ime si profonde
d ’irr éductibles ennemis . Ses
révolution suscita à Vésale maîtres tout d’abord se lence basse et envieuse ; à compter Sylvius parmi Esprit judicieux et cirviné » Paré de qui il avait profita de sa haute situation Collège de France pour actives : le mauvais jeu de ouvrage Vesani cujusdam Galenique rem anatomicam s’agit plu-
signalèrent il faut
par
regretter
nuis .
une viod’avoir
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conspect, lui qui avait « defacibté les études, Sylvius à la chaire d’anatomie du câbler A^ésale de ses invecmots du titre même de son calumniarum inSiy'pocraiis depulsio démontre qu’il tôt d’une
98. I A C Q V E S Syluiuj aufiî d'Amiens , tres-fyauant Profefleur du Roy en Medecine)aagéde<Sj. ans,deceda àParisd'an ijjj. & eft inhumé au Ccmetiere despauurcs Efcoliers.deuant le College de Montaigu.
Fig. 25.- — Tirée de la « Galerie à, coller » (fin du xvi» siècle).
polémique œuvre de Mais, tout tant de son le suivre.
œuvre de que d’une scienc e .
en protes-
respect pour Galien, il est trop amoureux de la vérité pom’
Le Vasseur, élève de Sylvius, continue la lutte ; on le prend en flagr-ant délit de parti pris si l’on compare sa description de l’uretère, qui est bonne, à sa planche sur laquelle on voit ces conduits unir la veine cave à la vessie.
On retrouve la même animosité chez Gauthier d’Andernach qui, dans sa vénération pour le médecin de Pergame, ne disséquait que des animaux. Mais une bonne description des fibres de la vessie montre qu’il a certainement pratiqué des dissections humaines.
Après eux une nomenclature des apôtres de la réaction scientifique serait interminable. Massaria, professeiu* à Padoue, ne justifie guère la violence de ses attaques ; malgré ses nombreuses dissections, son lm*e De affectibns renum et vesicœ ne fait que commenter les Anciens. Alassaria étudie les imetères et la vessie à qui il ne reconnaît qu’une tunique, mais il signale l’épaississement cervical et interuretéral, première indication du triangle décrit plus tard par Lieutaud ; le mécanisme de l’expansion et du retrait de la vessie y est indiqué. La mort elle-même n’interrompra pas la lutte qu’une réaction persistante contre le progrès entretiendra et nous verrons Biolan se signaler par ses protestations.
Plus importantes sont les critiques d’Eustaehi contre Vésale car elles s’appuient sur des dissections, sur des recherches anatomiques où Eustachi se montre supérieur à son rival dans presque toute l’anatomie de l’appareil
ANATOMIE
m-inaîre. Il professa toute sa vie à Eome où il inourut en 1574. Il a découvert les capsules suiTénales, démontré que le rein droit est situé plus bas que le gauche, décrit exactement les canaux urinifères, les calices, en indiquant les différences de disposition chez les espèces animales ; ses expériences physiologiques lui ont fait constater que l’iirine est fournie par le sang artériel.
Les figiu’es que nous donnons ci-contre et où éclatent les progi’ès réalisés siu* l’œuvre de Vésale sont tirées du livre où Lancisi, dans son culte pour Eustachi, a fait reproduire les planches primitives de celui-ci. Il est curieux de rapprocher la disposition terminale des vaisseaux, nettement indiquée ici, des radiographies et des dissociations que l’on trouvera plus loin dans l’article « anatomie du rein ».
Il est impossible de taire le nom de Paré dans une étude sur l’anatomie à la Eenaissance ; l’emploi de son temps ne lui permettait pas de faire des recherches personnelles, mais il poussait la passion de cette science jusqu’à avoir dans sa maison un cadavre humain embaumé pour se guider à la veille d’une opération. Il hésita à prendre parti contre les Anciens, mais son amour de la vérité le poussa presque toujoms vers Vésale.
Il distingue les prostates du
col de la vessie, indique leurs connexions, leur forme oblongue et aplatie, leiu's rapports avec les canaux déférents et leur rôle pendant l’éjaculation, la structure des fibres du corps de la vessie ; elles se continuent avec celles du col, prennent une dmection transversale pom’ en clore l’orifice.
Guillemeau, né en 1550, le i^rincipal élève de Paré, se recommande aussi de Vésale, car il publia une sorte de manuel Tables anatomiques avec les portraits et déclarations dHceulx où il se borne à rei3roduire les planches du professeur de Padoue. Sa réputation lui vient moins de ses talents que de sa situation de médecin de Charles IX.
A côté des maîtres, les prosecteurs, aides ou apprentis, chargés de disséquer et de préparer les cadavres pour la démonstration, ont joué un certain
Fig. ^6. — Renis substantia : circa ramos vasi urinarii carunculæ exubérantes; intus acutæ glandulæ sicut papillæ mamillarum. — Foraniina vasi urinarum (TabuUe anat., Barthol. Eustachi, Roma 1714, PI. V. p. lo).
DE LA RENAISSANCE AU XIX® SIECLE
rôle pendant tout le xvi° siècle. Presque toujours d’extraction assez basse, apprentis-barbiers pour la plupart, plusieurs s’élevèrent à un degré d’instruction suffisant poiu' porter ombrage à leur maître.
Un procès qui alla jusqu’au Parlement nous l’apprend. Ch. Estienne, le frère du célèbre imprimem’, professeiu* de la Faculté, publia sous son nom un ouvrage fait par un prosecteur, Etienne La Eivière, qui se défendit et eut gain de cause. Ce livre permet de lui attribuer la découverte des vésicules séminales car les travaux de Fallope n’avaient pas encore paru ; il est antérieur également à celui de Vésale mais ne lui est pas comparable; il indique toutefois le souci que prenaient déjà les prosecteurs de profiter de leurs dissections, comme le firent Ambroise Paré et plus tard Habicot.
Ce dernier ne mériterait peut-être pas une mention dans cette étude spéciale car sa contribution à l’anatomie de l’appareil urinaire se borne à peu de chose ; mais il fut le type du prosecteim-professeur : on connaît peu de chose de sa vie, à peine la date de sa naissance (vers 1550) ; on sait que, apprenti barbier, puis barbier, il conquit son admission à la confrérie de Saint-Côme et qu’il y donna des leçons d’anatomie.
Son livre, « La semaine ou pratique anatomique par laquelle est enseignée par leçons le moyen de désassembler les parties du corps humain... etc., » correspond à la division de son cours qui durait sept jours ; c’était, paraît-il, suffisant pom? enseigner l’anatomie tout entière. Pour chaque organe il indique la technique de la préparation :
« L’administration qui se fait par la partie caue du rein est afin de mieux montrer la suite que font les veines, l’artère et l’uretère... » Après avoir soulevé les organes pour chasser le sang dans la veine cave, « vous passerez à l’m’etère qui se dilate en trois fourchons dont le supériem’ se subdivise en trois autres fourchons, comme l’inférieur, mais celui du milieu ne se divise qu’en deux qui se terminent à la membrane cribleuse ».
Pour la vessie « toutes les parties étant administrées avec le canif, séparerez en deux la symphyse pubienne en faisant écarter les cuisses du cadavre pour voir à nu la vessie à laquelle on fera une incision depuis son col jusqu’à son fond ; étant ouverte, aviserez comme j’ai observé deux petites taches à un pouce près de l’orifice intérieur par où on peut introdune la sonde du dedans de la vessie par deux uretères »,etc., première indication du cathétérisme urétéral. On voit qu’à l’exemple d’Ambroise Paré, Habicot avait su recueillir et utiliser l’enseignement qui se déroulait sous ses yeux.
Cabrol, un des plus brillants chirm'giens de la fin du xvi® siècle, enseigna l’anatomie à Montpellier, et fut appelé à Paris par Hemâ TV. Les 91 tables de son alphabet anatomique forment im résumé de l’anatomie, dont nous donnons ici un fac-similé (fig. 27).
Les travaux sm’ la structure du rein que nous allons résumer rapidement démontrent l’esprit de suite de lem*s auteiu’s, car ils s’enchaînent étroitement. Le développement de cette anatomie de structure coïncide avec les progrès réalisés dans la construction des instruments d’optique ; mais l’instrument n’est pas tout, et il fallait la sagacité de Bellini, de Malpighi et de leurs élèves poiu’ interpréter les images.
Bellini, né en 1043 à Florence, montra une remarquable précocité. Il étudia sous Borelli et Kedi, devint ])rofesseur à Pise, puis premier médecin