C. CALCULS PHOSPHATIOUES VUS A l’eNDOSCOPE
(D’après des aquarelles de Lackerbauer, faites d après nature dans le service de Desormeaux en 1869, et communiquées par M. Ange Desormeaux.)
L’ENDOSCOPIE
de leur talon une fenêtre oblitérée par un verre plan, permettait aux
Fig. 192. — Endoscope de Desormeaux. Instrument original (Communiqué par M. Ange Desormeaux).
rayons lumineux de pénétrer dans cette cavité et à rimage d’être perçue par l’œil de l’observateiu'.
Desormeaux consacra plus de vingt années à l’étude de l’endoscoxiie et sa timidité seule l’empêcha de donner à cette méthode l’extension qu’elle méritait de prendre. Son Traité de V endoscopie (1865) montre le parti qu’il en a tiré pour le diagnostic des urétrites dont il reconnut les variétés multiples, et pour leur traitement. Il créa l’urétrotomie endoscopique qu’il xDratiquait à l’aide d’un mince bistouri boutonné conduit sous le contrôle de l’œil.
Enfin, il pratiqua, le premier croyons-nous, l’ablation méthodique d’un papillome de l’urètre dont nous reprodidsons ici (Planche IX) une préparation histologique faite sous ses yeux ; nous en devons la communication à l’obligeance de son fils, M. Ange Desormeaux. La même planche montre des figures de la muqueuse urétrale et d’un calcul vésical vus à l’endoscope. Xous avons eu la cmiosité de nous servir de cet endoscope et nous avons constaté que la netteté avec laquelle sont représentées les images n’a rien d’exagéré.
. Depuis lors, des modifications y ont été apportées.
Every en 1862 voulut changer la disposition de la lampe, mais Furstenheim nous apprend que l’appareil fonctionnait mal. La même année Hackhen
Fig. 193. — Coupe de l’appareil d’éclairage de l'eiidoscope de Desornieaux. (Collecl.
Collin).
U-: \IX« SIKCLE
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(de Riga), reprend l’idée de Rozzini, introduit dans l’urètre trois tiges réunies qui s’écartent après leur introduction et entre lesquelles un réflecteur en forme d’entonnoir conduit la lumière.
En 1865, Cruise, de Dublin, décrit un appareil qui a eu plus de succès. La figure 194 montre l’analogie qu’il a avec celui de Desormeaux. Cruise rendait l’intensité lumineuse plus grande en brûlant du x>étrole mélangé de
camphre. Les sondes urétrales n’offrent rien de spécial ; pour l’examen vésical, Cruise se servait d’une sonde coudée dont le talon était perforé dans l’axe de la longue portion. Une seconde sonde, droite, y glissait à frottement doux ; son extrémité, oblitérée par un plan de verre de Breslau, permettait l’éclairage et l’examen de la vessie.
Bruck, en 1867, décrivit un procédé bizarre : il éclairait le rectum au moyen d’un réflecteur puissant, et pendant ce temps il regardait dans la vessie au moyen d’un tube introduit par l’urètre. Enfin Grünfeld a perfectionné le tube endoscopique urétral pour faciliter les cautérisations. Il s’en est servi également pour éclairer et examiner la vessie.
La méthode de Desormeaux n’est pas restée entre ses mains, comme on l’a prétendu. L’endoscopie a été employée en Allemagne, en Angleterre, en Amérique et a rendu d’importants services au diagnostic et au traitement.
Pour la vessie, son utüité a été contestée. L’éclairage était suffisant ; mais ce qui a empêché surtout la cystoscopie de se développer, c’était la médiocre utilité de cette exploration au temps de Des ormeaux. Les lésions vésicales que le cystoscope révèle le plus souvent, une tumeur, par exemple, étaient au-dessus des ressources de la chirurgie. Dès lors il ne s’y attachait plus guère qu’un intérêt de curiosité.
Mais dès que la période de la chirurgie antiseptique a été ouverte, l’importance de la cystoscopie apparut. Il convient de rendre un hommage particulier à Uitze dont la découverte modifia profondément les conditions de la chirurgie urinaire. Î7é en 1848 à Berlin, il lit ses études médicales à Heidelberg, Würzbourg et Leipzig, fut reçu docteur en 1874, puis assistant à Dresde. Dès 1876, il s’occupa de l’éclairage des cavités profondes, et le 9 mars 1879 il publia ses recherches relatives à l’arrière-cavité des fosses nasales, à l’urètre et à la vessie. Ces tentatives encore bien imparfaites, étaient basées sur un principe nouveau, car elles utilisaient l’invention récente des lampes électriques à incandescence. Pendant ce temx>s Leiter, fabricant d’instruments à Vienne, avait ])ublié en 1880 ses essais sous le titre : 'Æectro-endoskopische Instrument, Wien 1880.» Ce ne fut qu’en 1885 (pie Nitze construisit un cystoscope vraiment utilisable en clinique. Dittel en signala les avantages a la Société de Médecine de Vienne en 1886, et 1 année suivante, Nitze xirésentait lui-même son instrument i>erfeetionné au XAHc congrès de la Société allemande de Chirurgie.
Fig. 1D4. — l'indoscope do Cruise (18(i5). .
L’ENDOSCOPIE
La cystoscopie, dès lors créée, fournit dès son origine des résultats encourageants. Peu de temps après, Boisseau du Eocher décrivait un instrument dont le système optique plus compliqué devait donner une image plus nette et plus grande. Malheureusement l’éclairage était mal réglé et imparfait ; la complication du maniement de ce cystoscope en écarta la plupart des spécialistes, auxquels d’ailleurs Nitze et ses imitateurs offraient chaque année de nouveaux instruments perfectionnés. Découragé, l’inventeur man-
qua de la persévérance qui aurait permis à un principe meilleur de donner sans doute de meilleurs résultats.
Pendant ce temps l’urétroscopie ne resta pas en arrière. Grunfeld, Oberlænder perfectionnèrent leurs instruments, et Valentine, en portant le foyer lumineux dans l’urètre, permit à cette méthode de rendre des services qu’on ne saurait toutefois mettre au mê'me rang que ceux de la cystoscopie.
Quelques années après, Nitze ht, en s’aidant de sa méthode, des tentatives de cathétérisme cystoscopique de l’uretère. Mais la sonde urétérale ne pouvait être guidée et on échouait le plus souvent. La date de 1897 mérite d’être retenue, car c’est en cette année qu’Albarran présenta à l’Académie de Médecine, puis au Congrès de Moscou son cystoscope à onglet mobile qui permit de diriger à volonté la sonde urétérale vers un des méats, et d’en modifier le volume et la forme suivant les cas.
La chirurgie rénale changea de face à ce moment, de même que la pathologie vésicale s’était transformée avec le cystoscope de Nitze. A l’in-
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LE XL\e SIECLE
sécurité des interventions rénales, aux catastrophes auxquelles l’incertitude de l’état de l’un et de l’autre rein exposait, succéda une méthode sûre et d’une précision rigoureusement scientifique : une chirurgie nouvelle put alors se constituer et rendre d’inestimables services.
Fig. 196. — Joachim Albarran, 1860-1912.
C’est une des principales conquêtes dont Albarran a enrichi l’Urologie Mais il n’existe peut-être pas de partie de cette science où le jeune maître’ trop tôt disparu, n’ait laissé son empreinte, et l’œuvre d’Albarran est en quelque sorte le couronnement de l’œuvre de Guyon. Si la fatalité l’a empêché d en assurer le complet développement, partout il a indiqué la
voie à suivre et l’avenir montrera combien étaient fécondes les idées qu’il a libéralement semées.