‹ Histoire de la Banque nationaleChapitre 13 sur 16 · N MATTE · texte numérisé non relu

N MATTE

Inspecteur.

P \SSIF

Capital versé $2,000,000.00

Billets en circulation 607,096.00

Dépôts du gouvernement de la puissance, remboursables à demande.. 37,251.92 Dépôts du gouvernement de la puissance, payables après avis 50,000.00

Dépôts du gouvernement provincial

payables après avis 90,000,00

Autres dépôts remboursables à demande 382,700. 8G

Autres dépôts remboursables après avis. 1)59,023.48

Dû à d'autres banques, en Canada.. . . 28,477.50

Dû à d'autres banques, hors du Canada. 172,102.37

Dividende payable au 1er mai, 1877. . 70,000.00 Engagements non compris dans les item

' qui précèdent 20,639.32

Fonds de réserve $300,000.00

Compte de profits et pertes. 17,947.01 317,947.61

4,735,239,06 F. VÉZINA

Caissier

Proposé par Mons. T. Ledroit, secondé par Mous. Gaspard Lemoine,

" Que le rapport des directeurs, ainsi que les états y annexés qui viennent d'être lus, soient approuvés, publiés et imprimés pour l'usage des actionnaires.

Proposé par Mons. J.-P.-Z. Dubeau, secondé par Mons. Cy. Tessier,

" Que les remerciements sincères des actionnaires de la banque Nationale sont dûs et présentement offerts à Messieurs les président et vice-président et directeurs de cette institution, pour leur bonne gestion des affaires de la banque, pendant l'année écoulée.

Proposé par Mons. Edmond Giroux, secondé par Mons. L. E. Bais,

" Que les remercimentsde cette assemblée soient présentés à Monsieur le caissier, messieurs les gérants et autres employés de la banque, pour leur attention particulière dans l'exercice de leurs charges respectives. "

Le dépouillement du scrutin démontre que les messieurs suivants ont obtenu le plus grand nombre de voix et sont, en con séquence, élus directeurs : savoir :

I/hon. E. Chinic, Thon. I. Thibaudeau, l'Hon. U.-J. Tessier. MM. 01. Robitaille. M. D., P. Vallée, Hy. Atkinson, Jos. Hamel.

L'Hon. E. Chinic laisse le fauteuil, et il est remplacé par Mons. C. Delagrave.

Il est proposé par l'Hon. I. Thibaudeau, secondé par Mons. Henry Atkinson,

" Que les remerciments des actionnaires ici présents sont dus à l'hon. E. Chinic, pour les services qu'il a rendus à la présidence de cette assemblée, ainsi qu'au secrétaire et à messieurs les scrutateurs, dans l'exercise de leurs devoirs comme tels."

Et rassemblée s'ajourne.

EUG. CHINIC,

Président.

U. TESSIER. .le.

Secrétaire.

Québec. 1 mai, 1 S 7 7 .

À une assemblée defl directeurs, tenue subséquemment, Thon. E. Chinic a été élu président, et Thon. I. Thibaudeau, vice-président de la banque pour Tannée courante.

F. VÉZINA

Caissier.

Nous avons vu, dans l'histoire de la formation de la banque Nationale et dans sa marche florissante, que les connaissances nécessaires à l'homme d'Etat, comme celles qui sont importantes au négociant et à l'homme d'industrie, se sont toutes réunies pour le même but : celui d'encourager le commerce local de Québec et l'industrie du pays. Les citoyens manufacturiers, encouragés par cette banque, ont acquis l'aisance et la richesse, pour la raison élémentaire bien connue : parce qu'ils ont pu donner du travail à la population ouvrière ; car, dans tous pays, le plus grand signe de prospérité est de voir cette classe occupée à des travaux utiles. Et, comme toute la valeur additionnelle donnée aux matières premières, vient du travail, les manufacturiers ont portél eur intelligence vers un but : celui de produire le plus de travail possible et augmenter sa puissance par une distribution éclairée et par l'invention des machines qui ont remplacé les efforts de l'homme et lui ont donné une plus grande ressource de production.

La banque Nationale a eu le talent d'économiser le capital qui lui a été confié, et elle a donné d'excellentes preuves d'administration. Elle a augmenté la rapidité de la circulation de ce capital, sans en réserver une partie. Elle a toujours fait circuler le

petit capital de tous ceux qui ont voulu recourir à elle pour uu prêt temporaire, au moyen de l'escompte; par conséquent; le capital productif de Québec

a été augmenté.

La banque Nationale a été la dépositaire des capitaux de Québec ; elle a été comme le rouage d'une machine qui a reçu et transmet la force, selon que l'occasion s'est présentée, et c'est ainsi qu'elle a lait fonctionner plus régulièrement et plus utilement le mécanisme commercial.

Mais la banque Nationale a rencontré de^ malheurs pendant la crise qui sévit depuis 1875; Bon fonds de réserve a diminué de $100,000 ; la valeur ie ses actions a tombé ; ses dividendes sont diminués.

Oui ! la banque Nationale a rencontré des malheurs, et son fonds de réserve a été diminué : et pourquoi faut-il avoir à ajouter, à enregistrer ici. qu'il s'est trouvé des Canadiens assez petits pour se réjouir de ces malheurs ? On me dira peut-être que le nombre de ces hommes sans nom est fort limité ; mais, n'v en eut-il qu'un, que ce serait encore trop. Comment concevoir, en eifet, qu'il puisse se trouver, parmi nous, ici, à Québec, des hommes capables de jalouser une institution essentiellement québécoise, une banque canadienne qui a fait et lait encore tant d'honneur à la capitale de notre province, en particulier, et tout le pays, en général ? Ah ! Boileau a bien eu raison de dire :

u De tous les animaux <iin Relèvent dans l'air, (.^ui marchent -ur la terra on nagent dans la mer( De Paris au P6rou, du Japon jusqu'à Rome,!

l,o plus sot animal, à mon ayis. c'est l'homme.

Mais pourquoi la banque Nationale avait-elle

formé ce fonds de réserve qui ;i été diminué ? N'était- -oe pas un acte de prudence louable V une sage précaution ? Et pourquoi donc ce fonds de réserve, sinon

pour s'en servir dans les temps de crises, pour protéger les actionnaires, dans les malheurs ? Auriez-vous donc préféré avoir tous les profits, sans protection pour l'avenir V

Oui! la valeur des actions de la banane Nationale a tombe, ses dividendes ont diminue ; mais les personnes qui ont seulement des notions élémentaires des opérations financières, doivent savoir que, dans les temps de crise, les capitaux se contractent, les affaires diminuent, en même temps qu'elles deviennent chancelantes, affectées on menacées de ruine. Les affaires étant plus restreintes, les prolits peuvent-ils être aussi grands? L'argent devenant rare, peut-il y avoir autant d'entreprises industrielles ou commerciales ? L'argent devenant rare, les économies sont mises à contribution, les placements ralentissent. Les besoins de la vie étant plus difficiles ù se procurer, chacun dispose de ses épargnes pour soutenir sa famille et son industrie. Les actions de banque se présentent en grand nombre, sur le marché monétaire, et les prix diminuent tout naturellement en conséquence du petit nombre d'acheteurs : de là, la dépréciation. Puis, les spéculateurs qui recherchent toutes ces occasions, en profitent.

Mais la banque Nationale est-elle la seule qui ait perdu, pendant la crise ? Est-ce la seule qui ait vu diminuer son fonds de réserve ? qui ait amoindri le chiffre de ses dividendes ?

Ouvrons donc les veux ; regardons autour de

nous ; voyons ce qui se passe dans le monde financier, et parlons franchement, honnêtement.

La banque Nationale a ses ennemis, ses détracteurs, comme toutes les autres institutions du monde entier ; et ses plus grands adversaires sont ceux qui jalousent la caisse d'économie Notre-Dame de Québec-, mère de la banque Nationale et autre belle et florissante institution de notre capitale, d'une stabilité et d'une honorabilité .incontestable.

Parce que les fondateurs de la caisse d'économie. qui sont aussi les fondateurs de la banque Nationale, n'ont pas donné d'actions dans le fonds capital de la caisse d'économie, en 1872, on prend de Là occasion de débiter les malices les plus éhontées contre les deux institutions ; et vous entendrez, assez souvent, répéter ces platitudes par des personnes qui voudraient passer pour hommes d'affaires, hommes instruits et honnêtes. Si nous leur disions qu'ils ne sont que des Ignorants, ils trouveraient le mot dur et ne nouÉ croiraient pas. certainement. Cependant, s'ils n'étaient pas ce que nous les appelons, des ignorants, ils ne parleraient pas comme ils le font ; car un colporteur de nouvelles est très-rarement un homme d'affaires, et les personnes auxquelles nous faisons allusion n'ont (pie très-peu l'habitude des affaires, malgré leur capital énorme de prétentions.

Nous pourrions bien appliquer à ces messieurs québécois ce (pie nous lisons dans les Actes des Apôtres : " Qu'à Athènes, tous les citoyens et les étrangers passaient leur temps à raconter ou à écouter quelque nouvelle aneodote, " D'ailleurs, quelle confiance peut mériter un détracteur qui M détracti luimême par cela seul qu'il détruch t

Ayons donc des dispositions plus pacifiques ; soyons animés de meilleurs sentiments ; soyons francs, en un mot ! Ne nous laissons entraîner ni par l'amour de la gloriole, qui n'est qu'une parodie de la gloire personnelle, ni par un désir de vengeance, qui est un sentiment antichrétien, bon tout au plus à engendrer la haine et à la nourrir.

Non ! compatriotes, ne soyez pas hypocrites, en venant raconter ce que vous assurez avoir entendu dire, lorsque souvent, vous l'avez inventé vousmêmes, ou lorsque vous êtes contents d'entendre dire ce que vous êtes joyeux de répéter.

Vous laisseriez calomnier vos amis, vos institutions nationales et utiles, sans élever la voix pour

les défendre !. . . et pourquoi, s'il vous plaît ?

Faut il vous le dire ?. . . . Par un sentiment de jalousie que vous n'avouez pas ; mais que tout le inonde lit dans vos paroles. Vous n'élevez pas la voix, parce que vous n'avez pas été favorisé comme quelques autres de vos concitoyens, que, pour cette raison, vous cherchez à ramener à votre niveau. Il serait bien plus noble, bien plus chrétien, d'essayer de vous élever jusqu'à eux par une conduite plus franche, plus loyale, plus honnête.

Tenez ! prenons la question à un point de vue plus élevé : au point de vue de l'utilité publique. Prenons en considération le pour et le contre de la question, et voyons avec des yeux impartiaux ce que nous pouvons y gagner.

Soyons les enfants de notre pays. Nous aimons tous ce coin de terre qui est notre sol natal ; nous aimons notre famille, nos amis,nos institutions élevées

par des mains et des cœurs patriotiques : oui ! nous aimons notre patrie commune, qui a protégé notre enfance et sous les lois de laquelle nous avons acquis ce que nous possédons : éducation, saute. 1 tiens, connaissances intellectuelles, etc.; nous aimons ton- i e Canada de nos ancêtres dont la langue éveille les souvenirs les plus doux, les plus purs, les plus nobles : eli bien ! puisque nous aimons tout cela, disons donc hautement que la banque Nationale a été assise sur des bases solides; que l'édifice qui repose sur ses bases est un monument national : que (•'est une institution qui a rendu de grands services à Québec et qu'elle promet d'en rendre de plus grands encore. Disons-le bien haut, puisque c'est le «m-. (pie la banque Nationale a fait des provisions pour les mauvais jours; que ces épargnes sont encore amples, et que. avec l'aide de la Providence de Dieu, elle continuera de remplir avec honneur la mission qui lui a été confiée. " Tiui-} Pater, Providentiel^ omhîg gitber-

Mit."

L'histoire de la banque Nationale termine ici : mais le lecteur trouvera, dans l'appendice, plusieurs détails qui ne pourront manquer de l'intéresser, tant au sujet du fameux projet de loi de M. Galt, contre lequel M. Vézina a fait une réponse remarquable qu'au sujet des articles de différents journaux de Québec et relatif à rétablissement de la banque.

Quant à nous, personnellement, notre motif a été de faire voir à nos compatriotes ce que peuvent accomplir l'énergie, la prudence et L'intelligence

combinées; et. si non- avons réussi à l'aire connaître cette belle institution canadienne, nous nous considérons comme amplement récompensé de notre travail fait au milieu de mille préoccupations.

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