‹ Histoire de la Bibliothq̀ue Sainte-Ceneviève, précédée de la chronique de l'abbayeChapitre 31 sur 53 · Livre d'une grande rareté · texte numérisé non relu

Livre d'une grande rareté

Homeri Opéra, grxcè; Aide. Sans date (Venise, vers 1504), 2 vol. in-8, sur véfin.

Première édition d'Aide. Cet exemplaire ne le cède peut-être qu'à celui de la Bibliothèque royale.

Ciceronis Orationes. Aide, 1519, 3 vol. in-S.

Cet exemplaire est le necplus ultra des vélins d'Aide.

Missale mozarabicum. 1500, in-fol.

Vitruvius. Les Jiunte, 1513, in-8.

Délicieux exemplaire sur un vélin blanc, pur et moelleux.

Tewrdannck (Nuremberg). 1517, in-fol., sur vélin. Première édition. Très-bel exemplaire.

Lacume de Sainte-Palaye cite les manuscrits suivants :

L'Horioge de Sapience, traduit du latin de Jehan de Soubaube, en français, le 28 avni 1389, par un religieux de Sain^François de la ville de Neufchâtelî

Un recueil de différents ourrages : ms. gr. in-8 écrit sur ^pier vers

Œuvres latines d^Étienne tapoustoire, écolier; ms. petit in 4, du XYi« siècle, orné de miniatures;

Un recueil, gr. in- fol., sur vélin, du commencement du xiv" siècle, orné de miniatures et de vignettes, contenant entre autres pièces les vies de monseigneur saint Efov, de saint Etienne, premier martyr, de sainte Geneviève, de saint Rémi, etc.;

Chronique de Normandie : ms., in-4, écrit sur papier, dans le xvr siècle (copie d*un ms. dont le langage parait être du commencement du xiv*) siècle);

Un roman allégorique, écrit en français et contenant la description de Tamour et de son séjour, et les noms et actions amoureuses des demi-dieux et grands hommes : ms., petit in<fo|., très-bien écrit, sur vélin, dans le xv** siècle; le commencement manque (je ne le connais point ailleurs, ajoute Sainte-Palaye);

Le livre de la vye active, par maistre Jean^Henry, conseiller du roy; ms., in-4, sur papier, du commencement du xvi« siècle;

Un recueil, petit in-fol. ou gr. in-4, contenant différents écrits; ms., sur papier, du xv^ siècle;

Un ms. in-fol., écrit sur vélin, dans le commencement du xv« siècle, d'une très-belle écriture, orné de superbes miniatures d'un coloris admirable, de vignettes et lettres initiales dorées et enluminées et en très-grand nombre, bien conservées; livre très-précieux, non-seulement parce qu'il est unique, mais encore par sa beauté, sa conservation et son contenu. [1 renferme deux ouvrages, composés en lan^aKC languedoci<^n ou gascon, savoir : la Description du palais de Saviez^ en vers, composée a la sollicitation du noble prince (jaston, comte de Foix, et le Lucidaireou le Propriétaire de toutes choses naturelles ;

Un ms. très petit in-4, sur papier, contenant plusieurs collations d'offices claustraux de l'abbaye oe Beaumont en Rouergue;

Chronologie depuis la création jusqu'au règne de Louis XII, roi de France; ms. gr. in-fol., écrit sur vélin vers lôiO;

Un Rituel à l'usaçe de l'église Saiute-Geneviève; ms., in-8, écrit an XV" siècle (la fin et le commencement manquent);

Un recueil de plusieurs ouvrages latins, écrits sur vélin en différents siècles; ms. petit in-4. (On y remarque la vie de saint Rémi);

L'Art de rhétorique et l'Art poétique, en vers latins; ms. très-petit iih4, écrit sur vélin, en 1835 (les auteurs ne sont pas connus);

Un livre de médecine; ms«, petit in<8;

Va recaell odntenailt deux ouvrages IHbfaut, èbrlt vers là fih du xiir siècle;

Un traité d^Arithémetique (sic) raîsohnée, ou Tart de compter avec les gectouers (5tc), par Jehan Adam (en 1475);

Le Roman de la Rose, <^rrit â deux colonnes dans le temps du second auteur Jean Clopincl, c'est-c'i-dire au commencement du xtv* siècle, orné de miniatures et vignettes; très-bel exemplaire; c'est une copie en papier de ce roman qui n*est point Dni : il manque 2,0d0 vers;

Une tradtit;tion en vers fran^jais de Bofice, de Consolation, par Jean dfe Meun, écrite au commencement du xiv* siècle; très-beau nis., orné de miniatures et vignettes;

Les Évangiles des messes depiiisle jour de T^oêl jusqu'au quatrième dimanche après Pâques; ms., petit in-fol.; écrit dans le xiv siècle; très-bien écrit et très-bien conservé;

Prières et cérémonies; ms.,in-4, sur papier, écrit dans le xyi*" siècle;

Les légendes qui se disaient aux principales fêtes de Tannée en Téglise de Montreuil, diocèse de Rouen; ms. écrit dans le xiii** siècle;

Comparaison de TÊglise avec l'arche d'alliance; ms. in-fol., écrit à la fin du xii^' siècle, ou au commencement du xiii";

Un recueil de diverses pièces relatives à saint Martin, saint prétoire de Tours, etc.;.ms. écrit au moins dans le xn« siècle; il est trèsbeau et orné de quelques miniatures, vignettes et lettres initiales dorées et enluminées, fort rares en ce siècle;

Un recueil qui contient les miracles de la Vierge; ms. écrit en 1328 (les 121 miracles de la Vierge ont presque tous été mis en vers par Gautier de Coinsi);

Les miracles de la Vierge, en vers français, par Gautier de Coinsi, au nombre de 36. — La vie des pères, par le même, aii nombre de 37. Très-beau ms. petit in-fol., écrit vers le milieu du xiii^ siècle;

L'outre d'amours par amour morte, poème; ms. in-8, écrit vers 1450 (le vandalisme n'y a laissé qu'une seule miniature; elle est d'une grande beauté);

Légende des principales fêtes, saints et saintes de l'année; ms. gr. m-4, du commencement du xiv« siècle;

Les anciennes et modernes généalogies, épitaphes et armoiries de tous les feu comtes et comtesses de Dreux et de Brayne, par frère Mathieu Uerbeiin; trésorier de l'église Saint- Y ved de Brayne. (Elles commencent l'an 1 107, commencement du rè^ne de Louis-le-Gros, et Unissent à Robert de la Marche, en 1588.) Ms. très-précieux, d'une grande beauté, écxit sur vélin vers 1638, orné de vignettes, lettres mitiales dorées et illuminées avec les portraits et armoiries des comtes de Dreux et de Brayne;

Vn recueil de différents traités de morale; iiis. petit fii4, écHt sur vélin, dans le x« ou xi« siècle;

TJd recueil de différents ouvrasses moraux et de piété, écrit dans le xiv* siècle, par P. Lever, chanoine sil vanectensi (On y remarque : 1"* Régula beat! Augustini; 2*^ Expositio in régula beati Augustini, composita per magistrum Hugonem de sancto Victore);

Un recueil de Chartres et autres titres concernant Tinstitution et la création des secrétaires du roi, qui sont aux Célestins à Paris; nis. très-précieux, gr. in -4, écrit sur fort beau vélin à la un du xV' siècle;

Un recueil de différentes pièces : le Psautier en ropmans, c'està-dire en vers français; commentaire sur le livre de la Genèse en langue gasconne, sur les livres des Rois et sur le Nouveau Testament, en abrégé, etc.;

Conqueste de la Bretagne armorique, par Charles Magne, sur l'usurpateur Acquin; ms. in-4. (Copie de ce roman écrit dans le xvi'' siècle, faite par les capucins de Cœsambre; le roman est en vers alexandrins et paraît être du langage du xiv*" siècle);

Enfîn, sermons prêches et écrits en français dans le courant du XIII' siècle, pour tous les dimanches et fêtes de Tannée; ms. iu-S, très-bien écrit à deux colonnes; il porte pour titre : Incipiunt sermones beati Mauritii. Plusieurs savants assurent que ces sermons sont de Maurice de Suilli, évêque de Paris, qui siégeait à la fln du xii" §iècle. L'auteur nous apprend le sujet pour lequel la procession des Rogations, qui se fait le Jour de saint Marc, 25 avril, a été instituée.

Comme je l'ai déjà dit, M. Ferdinand Denis ajoute :

« En employant quelques heures de plus à son rapide examen, le savant bibliographe animais eût pu aisément augmenter le nombre de ses notes; il edt pu insister sur I intérêt qui s'attache à quelques beaux volumes imprimés durant le xvr siècle; il eût été à même de signaler par exemple, le Psautier pûlyglottCf dédié à Léon X par Giustiuiani, et publié à Gênes en 1516. Tout le monde ne sait pas que ce livre curieux renferme l'une des premières biographies que l'on ait de Chris- . tophe Colomb, si ce n'est la première. Ce fragment historique est confondu avec les notes marginales qui roulent sur le psaume xviii, Cœli enarrant gloriam Dei. La vie du grand homme, écrite en espa • gnol par son fils et traduite du castillan en italien par Alphonse de Ulloa, ne parut à Venise qu'en 1571.

« Dans un coup d'œil même général, il eût été juste dinsister du vantage sur ces belles éditions Aldines, qui sont l'honneur de IDi bibliothet^e et qui soût devenues^ grâcb à M. Kenonard; le snjét d'un

des meilleurs livres de bibliographie spéciale que l'on ait encore publiés. La bibliothèque Sainte-Geneviève n*a guère à souhaiter dans ce genre de raretés que le fameux Virgile, format in-8, de I50t , et encore est-elle dédommagée de cette lacune par une foule d'autres chefs-d*œuvre typoeraphiques, sortis des ateliers du vieux Manuce et des deux hommes nabiles qui lui succédèrent. — Ce qu'il fallait signaler aux savants surtout, c'était ce précieux exemplaire duFabricius(l), 3 n'illustrent en marge de nombreuses annotations de Mercier, abbé e SaintrLéger, et dont l'irritable abbé Rive lui-même n'eût pu contester la valeur, malgré l'ardeur de polémique qui l'entraînait à de perpétuelles discussions avec le savant bibliothécaire de Sainte-Geneviève.

a Les bornes d'une simple note ne nous permettent point de signaler ici les autres omissions du bibliographe anglais. Nous aimons cependant à rappeler un bel exemplaire des Œuvres dramatiques de Lope de Vega, qui passe avec juste raison pour être l'un des plus complets parmi ceux que Ton rencontre dans les bibliothèques publiques de Paris, puis le Torres Naharro, le beau Cancimero gênerai, et enfin une multitude de précieuses chroniques espagnoles et italiennes que l'on ne trouve point toujours réunies.

« L'administration de la bibliotnèque n'a point ralenti ses soins pour compléter dans leur ensemble tant de curieuses collections; nonseulement elle a fait l'acquisition, depuis plusieurs années, d'un grand nombre de livres écrits en langues étrangères, qui manquaient à l'ancien fonds, mais elle a réuni plusieurs grands voyaj^es et divers beaux livres d'histoire naturelle, que les progrès de la "science rendaient indispensables; elle s'est enrichie, en outre, de deux grands ouvrages }ui tiennent un rang éiiiinent dans la bibliographie moderne. L'un est le livre splendide publié pur M. le comte Auguste de Bastard, sous le titre de Peintures et Ornements des manuscrits (cet ouvrage doit être bientôt enrichi d'un texte;; l'autre est le livre publié, en 1839, sous le titre de Paléographie universelle. Collection ae facsimik cT^crituresde tous les peuples et de tous les temps. Un de nos plus célèbres calli^raphes, M. Sylvestre, est fauteur des admirables spécimen dont se compose cette collection; les descriptions historiques et paléographiques sont dues à MM. ChampoUion-Figeac et Aimé Champollion fils.

o Parmi les manuscrits essentiellement précieux de la bibliothèque Sainte-Geneviève, nous citerons la plus ancienne copie connue aujourd'hui d'une portion des Célèbres Chroniques de Saint-Denis (2).

(1) Fahricii {Jom. Àlb.) Bibliothêca latina mêdiœ et in/^mœ latini^ tatis, cum Huppi. Scboetijeiiii, ex edit. et cum notis. J.-D. Maasi. PatavU, 1754, evo..ia-4.

ii; Si Saiale-Palaye a suffisamment prouvé que la rédaction française de ces célèbres chrooiquei» remoiiiail k l'année i%H, il appartenail à la saga-

M. Paulin Paris a fait usage de ee volume, lorsquMI a été chargé de doDuer une édition nouvelle de rimportant ouvrage que nous venons de signaler. Nous rappellerons également les manuscrits d^une tra • ductiôn de Jacques de Guysc (le célèbre annaliste du Brabant), qu*il ne faut pas confondre avec la version donnée par M. Fortia d'Ùrban; enfin nous dirons qu'il existe à la bibliothèque Sainte-Geneviève une traduction du Dante, écrite en vers latins, et qui a été faite à Venise par un moine de Tordre de Saint-Benoit : elle est digne de fixer au plus haut degré l'attention.

« Noos mettrons également an nombre des mss. qui présentent un certain intérêt f)0ur la science le Voyage autographe de Pingre à Vile Bodriaue, On sait oue Pin^, le collaborateur du célèbre Borda, avait rédige plusieurs observations astronomiques conservées aujourd'hui précieusement par les amis de la science. L'excellent Catalogue des bibliothèques de la Marine en fait foi, et Ton trouvera dans le deuxième volume de ce vaste répertoire une preuve de ce que nous avançons. Puisque nous signalons les travaux d'un voyageur auquel la science doit tant de renseignements utiles . nous rappellerons que l'un des monuments les plus curieux de l'ancienne Géographie existe à la bibliothèque Sainte-Geneviève; c'est une carte faisant partie des Chroniques de Saint Denis et portant le seing de Charles V. Déjà M. de Humboldt avait indiqué combien ce spécimen de l'état de la science ao moyen âge devait être apprécié pour constater la suite non inter rompue de certaines traditions (t). Depuis, JV1. le vicomte de Santarem a fait reproduire cette pièce inestnnable dans son bel Atlas des cartes hydrographiques et historiques du moyen âge. Ce serait peut-être ici l'occajtion de citer un monument de la renaissance que possède la bibliothèque Sainte-Geneviève, et qui, pour être d'une tout autre n:iture, n'en offre pas moins un réel intérêt à ceux qui font leur étude spéciale de la marche progressive des sciences. Le rival du plus célèbre cosmographe de son époque, Oronce Finée, a laissé une horloge astronomique (font les génovéfains ornèrent jadis leur salle d'étude, et dont le temps a malheureusement dégradé les roua«;es intérieurs. Pour avoir une légère idée du genre de curiosité qui s'attache à un pa-

cîté de M. Léon La Cabane d'établir qu'il était Tanteur d'une grande partie de ce livre précieux. Selon ce savani, « le cbancelier Pierre d'Orgemoot est certaioemeot Tauieur des Grandes Chroniques de France, depuis Tavénement du roi Jean à ta couronne jusqu'en 1375 ou 1377. » Voy. Bibliothèque de r École des Chartes, tom. II, i^ livraison. Ceci néanmoins ne s'applique pas au volume manuscrit de la bibliothèque Sainte-Geneviève, et nous signalons le fait comme un renseignement curieux acquis à Tbistoire littéraire.

(1) Examen critique de Ihistoire de la géographie du nouveau eon'*

reil monifineiit, il &ut s^ rappeler qu'Oronce Finée (1) ) longtemps, et quelquefofe avec bonheur, contre le célébré PediSjSunez qui vivait à la cour de Jean III, et auc|uel on dut Tun des meilleurs traités de navigation dont la Péninsule ait fait usage alors. Rival luimême des Enciso et des ^ledina, il fallait une habileté incontestable pour se mesurer avec un tel adversaire.

« S*il est possible, comme on l'a dit en ces derniers temps, de combler une période obscure de l'histoire de l'art par les pemtures des manuscrits, la bibliothèque Sainte-Geneviève peut fournir plus d'un document précieux à Tœuvre que méditent aujourd'hui plusieurs écri-

(1 ) Né à BriaDçon^ deux ans après la découverte du Nouveau-Monde (1494), OroDce Finée devait vouer tonte son existence au progrès de la cosmograhphie, et il eut la gloire d'être le premier professeur de mathématiques que Ton ait nommé au Collège de France. Sa \ie ne fut pas seulement troublée l>ar ses débats avec Pedro Nunez ; La Croix du Maine nous dévoile bi^n d'autres causes d'agitation, et il s'exprime ainsi à sou sujet: « Il fut du nombre des membres de TUniversité que François !«' fil arrêter eu 1518, luirce qu'elle s'opposait à la réception du concordat. Il ne sortit de prison qu'en l52i, sur la requête présentée par la faculté des arts à la reine-mère, alors régente. » Chargé d'une nombreuse famille, victime de persécutions politiques, en liutle à des hilles orageuses, sa devi>e était : Virescit vulnere virtus. La Croix du Maine, qui rappelle ces mots touchants et nobles à la fois du savant plein de persévérance, ajoute qu'il mourut « à Paris, en sa maison, le sixième jour d'octobre 1558, à quatre heures après midi, qui fut l'heure de sa nativité. Tan de son âge soixante-un ou environ. » 11 fut enterré en l'église des Carmes. Son portrait nous a été conservé dans plusieurs recueils, et l'un de ses contemporains, Antoine Mizault, nous a donné rbistoire de sa vie. avec le catalogue de ses ouvrages. Parmi les nombreux écrits du biographe, nous ne citerons que celui qui est relatif à l'horloge dont il est question ici : Description de V horloge planétaire faite par l'ordre de Mgr le cardinal de Lorraine, de l'invention d'Oronce Finie, 1553. — Nous rappelerons que la bibliothèque possède plusieurs monuments propres a éclairer Ttiisioire de l'ancienne géographie, que Ton trouve rarement réuuis dans le même dépôt. Tel est le fraité de la sphère, de Nicole Oresme, imprimé au xv« siècle, probablement d'après un des splendides manuscrits conservés à la Bibliothèque royale; tel est encore V Imago mundi de Pierre d'Ailly, 14.. (I vol. in-fol.), livre qui exerça une si grande influence sur l'esprit de Christophe Colomb, qu'on vient de trouver en Espagne un exemplaire de Vtmage'du monde chargé de notes autographes du grand homme. Nous citerons encore le Voyage du prince de Bohème Rozmital et matna, qui vivait au XY« siècle» et qu^on vient de faire réimprimer en AUemagpe.

vfljos. A pfirf^r d^ ix* $»ècle jpsqu'î^u xviïf , çUe pos^è^^ d^^ fpu, ornés de miniatures qui ne le cèdent, pour la conservation et pour la beauté, à aucun de ceux qu*on admire daus la plupart dçs grandes f)!bliothèaues de IXurope. Pour suivre ici quelque ordre chrpnologi(]ue, iluus citerons d*aborci un évangéliaire format in 4^ écrit au ix^^ siècle, et que Ton a supposé jadis être la transcription d^un précieux volume écrit avant 732 (|). C était du moins Topinion du savant M. Robert;

(1) Ce précieux volume ayant fourni deux planches à une magnifique collection déjà citée, nous sommes heureux de pouvoir reproduire ici quelques renseignements destinés à paraître sous une autre forme dans le texte que prépare M. le comte Auguste de pastard pour son ouvrage intitulé Peintures et Ornementi des tnanuëcrits. Après avoir fait remarquer que lus évangiles de La Rochefoucauld ont été Tohjet des opinions les plus divergentes, puisque les uns veulent que le Mvre ait été copié durant la première moitié du viii« siècle, tandis que d'autres tiennent à le rapprocher du xP, l'écrivain dont nous repro()uisons le témoignage fixe l'époquo où il fut écrit d'une manière positive, et prouve qu'il a eu de bonnes raisons |)our dater de la première moitié du ix« siècle la planche de ces évangiles. «Cette planche,' dit-il , se compose des figures de saint Luc et de saint Jean, et, entre les deux personnages, j'ai mis un peu du texte courant : 1o les premiers versets de l'Évangile selon saint Luc (fol. 99); 2o un fragment noté du même Évangile (fol. 105); ce sont les versets Si et suivants du chapitre m, racontant le haptôme de Jésus-Christ et sa généalogie depuis Joseph, qui fut d'Hcli, jusqu'à Adam, qui fut de Dieu.

« Je ne regarde pas la notation musicale ou prosodique comme absolument conteniporaioe de récriture; mais elle est certainement du ix« ou du xo Siècle, ainsi que la ponctuation, et j'ai cru qu'on verrait avec plaisir cette petite inHdélitô à notre règle, qui est de s'abstenir de toute addition et annotation postérieures au manuscrit.

« Je suis sur mon terrain lorsque j'ajoute que les peintures apportent, à elles seules, une preuve de la date du livre. Elles sont hardiment exécutées, quoique sans correction de dessin et fortement gouachées; les ombres et les lumières largement accusées, à la manière des peintres byzantins. Or, vous savez, comme moi, qu'en parlant dMnfluence grecque en France, on doit entendre le ix« siècle.

« Il est probable que le manuscrit a été fait à Sentis, d'où il fut rapporté à Paris, dans la première moitié du xvii<' siècle, par le cardinal François de La Rochefoucauld, évêque deSenlis, grand-aumônier de France et abbé de Sainte-Geneviève.

« Une inscription du xiy* siècle ou environ nous apprend que le manuf-

maïs nous ayouerons quMI Veut peut-être modifiée en présence de cer> tains faits parfaitement éclaircis maiuteuant, grâce aux recherches les plus couscieiideuses. Quelques ouvrages postérieurs à cette période méritent encore Tintéret; mais le livre jpar excellence au point de vue de l'art est une grande Bible en 3 vol. m-foL, écrite a Cantorbery au xiii'sièt-le, et reproduisant dans ses nombreuses peintures des scènes religieuses dont le caractère austère contraste avec les miniatures du xv*" et du xvi« sièc^le (1). Au .xiv« siècle, comme tout le monde sait, l*art du miniaturiste avait pris un tel développement en Italie et surtout en France, que le Dante vante Thabileté merveilleuse des illumi* nateurs de Paris. La bibliothèque Sainte<jeneviève possède plusieurs beaux volumes qui remontent à cette période de Part; le plus beau, sans contredit, nous vient d'Italie, et est postérieur de près d'un siècle : c'est un saint Augustin dont la calligraphie est merveilleuse et dont les ornements sont du Qoût le plus exauis. Le Pèlerinage de la vie humaine^ vol. iu-tol., nous ottre un beau spécimen de ce qu'était fart en France au xiv« siècle; il ftut ranger aussi dans cette cat^rie le beau TiU^ Live du temps de Charles V qui appartint au duc de fiedtord. Mais nous regardons* sans contredit, comme Tune des plus rares productions du xv** siècle la Traduction de saint Augustin, Caractère m^énieux dans les compositions, élégance dans le dessin, variété singulière dans les ornements, <*e beau volume offre une réunion de qualités artistiques |ui en font un livre essentiellement remarquable: et cependant Tauteur les peintures qui embellissent ce livre admirable se plaint à chaque page de ce que le temps lui a fait défaut : hastiveié m'a brûlé semble

crit appartenait à Péglise Je Saint-Frambaut de Senlis (le môme que Freiiubmt ou Fraiiihourg), et une prière écrite au x« siècle {tour ot*lemr de Dieu le lepouiir des spoliateurs de ce Heu et la ^atis^lctioa qu^ils lui doiveut (fol 13 el 14. prouve aussi que les évangiles auxquels j*ai douné le nom iTévangil s de. La Rochefoucauld étaient possédés, dès le x« siècle, par ladite église de Saint-Frauibaut de Sentis, lis > étaient très-probablement dès leur origine. »

(1) Nous reproduirons encore ici de précieux détails qui nous sont fournis par M. le comte A. de Bastard. Après avoir apprécié le style excellent des peiiiturtfs, après avoir caractérisé ce beau spécimen de la calligraphie anglaise, qui se muintient depuis le folio premier jusqu'au dernier. Il lijoute : « Ou |)eut aflirmer que cetie Bible est Tun des plus beaux manuscriis qui soient parvenus jusqu*à nous (j'entends de Tépoque indiquée), et Ton reste .sUi)>ef:n( en apprenant que le prieur de Saint-Loup de Troyes Ta vendu, eu t7is, à Pabbaye de Samte-Geueviève pour la somme modique de cent riiifjt livres, c'est-à-dire le prix courant actuel d'un joli |>eiit manusciii à vignelies du xv« ou du xvi« siècle. » 11 parait n*ôtre venu à Paris que cinq aus après Tacquisition.

— aes —

être la devise du peintre calligraphe qui, dans sa religieuse modestie, a oélé jusqu*à soa nom.

« Les i)omes d'une simple note nous contraignent à passer rapidement sur plusieurs produetions éminentes du xvi* et du x\iv siècle. Nous signalerons nâinmoins un beau yolume contenant une partie de Fœuvre de Jean de Meung, et en tête du^el une admirable miniature rappelle les symboles du grand oeuvre ; nous n'omettrons point le livre curieux dans lequel un des chanoines de l'antique abbaye s'est

Eu à rappeler les splendeurs d'une procession de la sainte patronne, ais le recueil le plus précieux qui ait été légué à la bibliothèque Sainte-Geneviève est une collection de portraits aux trois crayons que la tradition a longtemps attribuée à un artiste célèbre qui, né en l'année même du sacre de Henri III, aurait vécu jusque sous la minorité de Louis XIV. Une critique plus éclairée et plus judicieuse a prouvé non-seulement que tout, dans cette belle collection, ne {pouvait pas être attribué à un seul artiste, mais que les précieuses effigies qui la composent remontent bien au delà de Vépoque où Daniel du Monstier avait dû oommencer à se faire un nom. Ces beaux portraits présentent dans leur exécution un caractère varié qui ne permet point d'accepter un vague souvenir qu'il faut pour ainsi dire abandonner. Dans tous les cas, et, si l'on suivait la tradition, il faudrait admettre pour Tceuvre entière le concours de la famille nombreuse du peintre que nous venons de citer. Ce qu'il y a de plus probable, c'est que divers artistes français et italiens, dont quelques-uns seraient contemporains du Primatice, auraient contribué à former cette admirable collection. Dans cette hypothèse, Geoffroy du Monstier, qui habita longtemps Titalie, pourrait réclamer la plus grande partie de l'honneur qui a été fait a son petit-fils. Daniel néanmoins a certainement participé au recueil, nous ne prétendons point l'exclure de ce glorieux concours; mais il était juste de rectifier les faits. Ces beaux portraits forment aujourd'hui 2 vol. grand in-fol. qui, il faut Tavouer, n'ont ni le même intérêt ni le même degré de valeur. Nous aimons à le consi-

fner id, c'est le fils d'un de nos peintres éminents que ses fonctions e bibliothécaire et ses goûts de littérateur et d'artiste ont mis à même d'étudier la collection; aest M. Hippolyte Taunay qui a réuni avec on soin particulier ces précieuses effigies dispersées avant loi. Grâce à la munificence du gouvernement, les plus beieiux portraits de la collection vont être publiés avec tous les soms désirables, et une plume ingénieuse doit nous révéler les mystères historiques que nous cache en? core l'œuvre du xyi* siècle. Avant que ce travail étendu paraisse néanmoins , nous allons essayer de compléter cette note par quelques détails sur la famille des du Monstier, qui nous semblent avoir été i|^orés de la plupart des biographes et dont l'omission a jeté la confusion la plus étrange jusque dans un recueil qui fait presque toujours autorité. Nous n^avons ici la prétention que d'établir quelques dates précises et de constater quelques faits dont l'ensemble est peu connu. « Tout le monde sait combien sont rares les documents biographiques recueillis jusqu'à ce jour sur nos peintres habiles du x\v siècle; on n'a rien, pour ainsi dure, sur la vie du célèbre Janet, et l'on ne pos-

Mê ^ism iflie leiniffm tvitt Mhto dant Mtr «uooè^tioi leiéténements qui marquèrent la carrière de Cousin^ Il est ifieoiilestéifle néëiimdiàft qu*l! eiista à etMê époqoe «b peintre habile dn ndns de du MoHstJer (1). Florent le Comté et Mariette MM d'aeeorA lersqnil ë*ffgtt de cet artiste.

w Otfoffrojr du Monstier, Aé probablement en France à la fin du Tbf sièele on Men an eonHtierieement dn xvi*, aurait passé les pnM miers temps de sa jeunesse en Italie, puis serait revenu dans sa patrie vers idSOf à l'époque où fe Rosso^ connu en France sous le nom de rhaître Roux, se décida à se fixer parmi nous pour terrolncfr les beaux* travaux commencés par ordre de Francis I". Sekm un auteur moderne qui se distin^e par la conscience de ses recherches, Geoffiror du Monstier était pour ainsi dire à Tapogée de son talent de 1M8 a 1647. Ces datés sont précises, et on les trouve sur des planches qne llartîste a Gravées. Bien quîl ait exécuté des dessins aux trois crayons, oA cœinatf de lui des œuvres d'uh autre g^re, et le célèbre Mariette suppose même qn*il a peint sur verre. Le consciencieux continnatettr de Bartseh (9) eonnatt de Itti v4ngt-deux estampes mi'il décrit dans lé Pêéitrë graveur f et doiit Tnne appartient h la bibliothèque Sainte- Geneviève. Selcin tonte probabilité, c'est à ce desstnatenr habile qu'^i faut appliquer le Jugement favorable que Piorent le Comte porte de du Monstier qn'il ne désigne pomt par ses prénoms. « Ce fut, dit-il, un des excellents hommes de son temps pour la connaissance des ta* bteaux et pour en développer les auteurs ; il avait l'esprit des plus enjoués et jouait de divers instruments. Son mérite partiealier nii attjra l*estime du prince, qui lui avait donné une bonne pension dont il a joui jusqu'à sa mort (3). » Dans les précieuses notes manuscrites dont il a enrichi le texte d'Orlandi, Manette nous apprend que Geoffiroy eut un fils nommé Cosme, et nous savons d'une autre source que ce fils fut attaché à la personne du roi en qualité de valet de chambre. H fut envoyé, dit-on, en diverses cours.

(1) « Dumonstier ou du Monstier, Ùumoniier ou du JUontier, ùumouttier ou du Momtier, Dumoitfitf on du Moutifr, soot anUat de façons dUTéreotes d'écrire le même nom ; mais^ vo le temps où vivali notre artiste, il tint s'appeler et signer Dumonstier iM du Bfonetier, » (Robert Damesnil.) --| On écrivait du Monstier et Ton prononçait du Moustier. (Voy. une note de M. de Monmcrqué.)

(a) Robert Duinesnil.

(S) Voy. Cabinet des singularités d'arehite^urei peinture, seulpture; VM%, ITOa, «• édit Florent Le GortiiC ne ednnidt qu*ttn da Monstier, mais il îé place après Clouet, dit Janei, le peintre de François !•'. C'est en<iore du vieux du Monstier dont il est question dans Touvrage de Papillon de la Ferté. Après avoir parlé de Cousin ^ Técrivain que nous citons s*expiiBM ainsi t « lusqu^au tenpa: oà vivait oei artiste» aucun antre en Fiance ne

« OMce à Mlnrietfe,oii »Ka <Mftiliidb 9M tes itiibslim^ ctà^^ GoBinè éa Mkmsti^r ne VmùptdtÈèaetLt point de e'ebàntleiiMf tftt génie instiDettf de ta famille. U se iîit nae le seul pfobisble0ieiil ont ^'eo^apa ëet arts pami les nombreux enfant» one laissa Geof^. Un eorieitt desain do xvi« siède (1), eonserté a la bibiiolhè^e Sainte-Gêne* Tîèv», maie Jiien éifiémA par sen earaetère de TceuTre iignalée phie haàt^ neas fait eennàttre tfèfrprobal^lefnent deox frères de Ceame : ¥mk porte le nom d'Etienne du Mcmatkir l*ainë, ^'antre est désigné aoitt eelui de Pierre.

« Non* ignorons eomptétement la date qa*ï\ lant assener à la mort de eea divers personnages, et la biographie du odniempm^ain dé Pri^ matiee et du Aosso nous laisse dans la mime ineertltade; il n'en eét pas de même du petit-^ls.

« De tous les artistesportantle nom dodu MonsHet, le pluseoânu, sans oontredit, est œloi dont les célèbres kigieriéttes mit raconté le^ beurres exeentridtés^ et cependant les rares doeuments oui nous en« tntiennest de ce personnage se contredisent quant aux dfates : on le fait naître tour à tour en 1660 (8), en 1670 et eft I675r nous adopterons cette dernière indioati<m, parée que c'e^ celle gui nou« est âmrnie par Mariette dans ses pri^cieuses notes mannscrites qui nous ont été signalées avec tant d'à>ligeanee par le savalit M. Duéhéne. Daniel du Monstier, fils de Cosme, étaitconnn au temps de Louis Xtît sous le nom de du Monêtier-Crayon; il prenait hn-inéme le titre de peintre du roy et de la reynè; il avait reçu une éducation libérale, et ne s'oecupait pas seulement de peinture. On a dé lui quelques stanôes sur la mort de Henri IV, et il a laissé d'autres poésies. L'outragé de Tallemant des Réaux est dans toutes les bibliothèques, et nous ne croyons pas nécessaire de grossir cetf» note de tous les faitâ qu'on peut y lire. Si ee que Ton rsKsonte dans cè recueil se trouve fondé (mais Von sait avec quelle droonspeclion Tallemant doit être consulté au point de vue historique}^ l'amour de Daniel du Monstier ponr les

s*éuit distlDgiié dans Vhisloire. La réputation de ceux qui florissaieui avant loi n^étalt due qa*à la maaière assez adroite dont ils traitaient le portrait. Ces hommes, habiles pour leur temps, étaient Charles et thomas Derlgny, Charmoy, Louis-François Dubreuil, Jannct, Brunel , Corneille de Lyon, de Mou&Uer. t> Voy. Extrait du différente auwraga publiéi $w M viês de» peintres. On sait que Cousin a vécu jusqu*en 1589.

(1) Dans ce dessin, les noms écrits au bas des personnages ne laissent point de doute sur leur idtniHé. Etienne « préeenU à lu royne^ fkére du roy, » une pluma a&n qn*elle signe un papier posé devant elle; le jenae Pierre du Monstier éearie le rideau d'une portière , et M** de Saave caresse un chien. Elle est assise à côté de Catherine de Médicis. Deux en-^ fuiU de la reine, de proportions fort étranges^ ooeapoit le premier plah.

W Voy. Bulletin du hihliophm, art signé 6. P*

liTres allait fort au-delà d'une boonéte manie. Lee détails biographiques manquent d'ailleurs, ou à peu près, dans les oélèbres butonettes. Quelques notes excellentes du savant M. de Monmerqué met* tcont peut-être sur la voie de renseignements plus explicites touchant le peintre-poete du temps de Louis XI H; en attendant, nous puiserons dans les documenta inédits de Mariette certains détails qui semblent combattre les allégations avancées par Taliemant, ou du moins qui les modifient. Selon ce biographe éclairé, Daniel avait un cabinet oe livres fameux, et il en avait su faire un louable usage, puisque sa mémoire piodigieuse lui permettait de se rappeler ce qu'il lui avait confié une fois; mais aucun des détails étrani^es qui sont présents à la mémoire de tous n'est reproduit par Thabile critique dont noua citons le témoignage. Il se contente d'affirmer que Daniel du Moustier jouissait d'une réelle considération à la cour et que sa maison était le rendez-vous de la meilleure compagnie. Nous avouerons néanmoins que les brusques saillies attribuées à du Monstier-Crayon ont eu un retentissement trop général, pour admettre que le conteur du xvii' siècle n'ait pas mêlé beaucoup de vérité à de cyniques exa*

aérations. Daniel du Monstier occupait un logement dans les galeries u Louvre, nous ne savons pas s'il y finit ses jours; il mourut à Paris en 1646 d'une colique de misererel Ce dernier renseignement nous est fourni encore par les notes syoutées à l'Orlandi, du cabinet des estampes de la Bibliothèque royale* et il contredit la Biographie universelle, qui fait mourir notre artiste en 1681 (1).

« Le jugement que porte Mariette sur Daniel du Monstier (urouve jusqu'à révidence qu'on ne saurait attribuer à cet artiste les beaux dessins du xvi« siècle, si généralement admirés à la bibliothèque Sainte-Geneviève. En parlant des oeuvres du petit-fils de Geoffroy, « Il n*y faut chercher, ditpil, ni touche savante, ni art, ni couleur, « mais de l'exactitude et de la vérité. » Un peu phis loin le même auteur parie de la merveilleuse facilité de Daniel à produire cette multitude de portraits aux trois crayons, « qui ne sortaient jamais de ses « mains sans être ressemblants, » et il insiste sur leur nombre, en faisant entendre que cette fécondité fit bientêt acquérir au petit-fils un renom beaucoup plus général que celui dont jouissait jadis l'élève de maître Rosso. iNous le répétons donc, si les du Monstier ont eu réellement çart h la belle collection de la bibliothèque Sainte-Geneviève, ce serait surtout h Geoffroy et à Cosme que reviendrait cet honneur. « La Bibliothèque du roi possède une précieuse réunion de portraits du XYi'* siècle (3) qui ont une analogie trappante ave^ ceux que nous

(1) Celle succession d^artlstes habiles dans une même famille ne finit pas à Daniel da Monstier. Le livret du musée du Louvre cite un Nicolas du Monstier, flts du peintre indiqué plus haut. — Né il Paris en iei7, on le volt en Iialie en ISiS, et il vit jusqu^en leee. Mariette u*en ftilt pas mention dans ses additions à VÀbee^dario pittariec,

(a) Un de ces portraits est signé du nom de Foulon, mais II est Juste de dire qu*{l diffère des auireapar rexécution.

tigsalonB id. La tradition donne égaiement pour auteur à plusieurs d'entre eux un du Monstier. Selon nous, on peut appliquer à la oollection entière ce que nous venons de dire, et ce que Tes bornes de cet article ne nous permettent point de développer; ce quii v a de oertain,c*estque divers artistes ont contribué à former ces deux'beaux recueils. Il n'y aurait rien d'impossible, et nous reproduisons ici l'opinion d'hommes compétents, à ce que les plus remarquables d'entre ces portraits eussent été exécutés par un peintre célèbre contempo«^ rain, comme Geoffroy du Monstier, du Primatice. Glouet, dit Janeti serait cet artiste habile. En effet, Florent le Comte Insiste sur la faveur dont Janet Jouissait auprès de Charles IX; et de toutes les efDgies qu'on remarque dans les deux collections, ce sont celles de ce prince qui sont reproduites le plus fréquemment ( l ) . t

^ On le comprendra aisément, cette simple note, fruit de quelques Moherofaes qui n'avaient pas été tentées dans les biographies, aurait pu recevoir un grand développement, mais nous remettons ce soin à rhomme habile qui doit incessamment faire jouir le publie de c^tte belle iconographie. »

Notice historique sur les bibliothèques anciennes et aïo-

deroes» par J.*L.-A. Bailly. Paris, Rousselon, 18S8;

in-8.

Terminée par un recueil de lois et ordonnances concernant lea bU)liothèques. Les pages 190 et suivantes sont consacrées à Sainte- Geneviève.

Les Bibliothèques publiques, par P.-L. Jacob, bibliophile

(Paul Lacroix).

Dans le tome I*' de l'ouvrage intitulé : Paris ou le Uvre des Centet-m. Paris, Ladvocat, 1881— etc., in-8.

Lettre d'un bibliothécaire de province à son ami G...., sur

(1) Pioreot Le Ckmite dit, en parlant de ce peintre et des portraiu quil a laissés : « Dans la bibliothèque de M. le président de Thou» il y en avait plusieurs représentant les principaux seigneurs de ce temp^'là. Il travaillait pareillement en miniature. » Gouet, dit Jauet, vivait, comme on sait, ters 154T.

lés ÉvppreiiioiM à ftire dans les établÎMMieûtf à% Paris.

Paris» Tiliard» 1833, brocburo io-8 do 64 pages.

Par M. Joly, avocat.

Première et dermère lettre.

Lettre i M. le ministre de rinstruction publique sur les bibliothèques publiques de Paris, par H. Ternaux-Compaas. Paris, Delaanay, Palais-Royal, 1837, in-S.

Discours prononcé par M* A. Denis, député du Var, dans

la discussion de projet de toi relatif à la ecmstmctton et à

racbèveroeot de plusieurs édifices publics» Paris, imp. de

Panckoucke, 1843, in-8 de 8 pages.

Extrait du Moniteur des 7 et a taîa ia43. Ce discours est relatif à la bibliothèque Sainte Geneviève, a son chaDgement de l'ancien local dans celui du collège Montaigu.

Mteotre rriatif k la translation de ta bibliottièque Sainte- GeàevièfO 4 TOdéoii, par félit Pigeory. Paris, tmp. lith. de Janson, 1843, in-fol. de 3 feuilles.

De rOrgaai^lioQ des bibliothèques publiques dSAS Paris» par le comte de Laborde. Paris, Franck, 1843, in-8, Avac gravives*

Réforme de la Bibliothèque du roi, par P.-L. Jacob, bibliophile. Paris, Techener, i$i% vi-12-

Ouvrage publié d'abord dans le journal la Patrie,

On trouvera encore des détails historiques sur la bibliothèque Sainte-Geneviève dans les biographies des PP. Fronteau, Lallemant et Du Molinet, dans celles de Le Tellier, du duc d'Orléaus, de Paul ItariMr, 4tt i^oulrs tao ftestout, ste., «i^. Ja s'ai 4»s àsseia 4e tM^kr qii'ouea rencontrera aussi dans toutes les histoiires 4a Paris puoliées Qiepuis 1680, notamment dans celles de Pi^aniol de M Force» t. Tl, p. 82 et suiv., et dans le Magasin pittoresatie : ce dernier reeueM surtout eontieirt, t. K, p. 143 et suiv., sur forigine de la biblio^ thèque Sainte- Geneviève, sur le nombre de ses imprimés ekûtWB

manascrits, sur ses principales collections et sur ses séances du soir, un article plein d'intérêt.

Nota. Mon collaborateur ayant ea connaissance trop tard, pour pouvoir rinsérer dans son travail , d^iine ordonnance du !«' novembre 1846 , concernant les bibliothèques publiques, m*a prié d'en donner ici une copie.

EmULlT DU BULLETIN DES LOIS. — Ko 1860.

lî* 13, ?JIÇ. — Ordonnance iu rqi avi modifié celle du ^ févriar 13^| concernant les bibUolkèques publiques.

Au palais de Saint-Çloud , le 1» novembre 18f6.

Louis-Philippb, roi des Français, etc.

Sur le rapport ûb notre miaistni sâQrétaire d*EUt an départenent de Tinstruction publique;

Vu notre ordonnance du 2t février 1839;

Nous avons ordonné et ordoui^on^ cp api ^uit :

Abt. I•^ — Notre ordonnance du 22 lévrier 1839, en ce qui concerne les attributions de rinspecteuE;g!énér9il.des bibliptbè^pies, est modifiée ainsi qu'il suit :

^inspecteur général préside, au nom de notre ministre secrétaire d'État au département de Tinstruction publique, le comité d'achats institué par l'article 27 de ladite ordonnance.

AaT. 2. — Ladite ordonnance est modifiée, en ce qui concerne le haut personnel des bibliothèques Mazarine, Sainte-Geneviève et de l'Arsenal, ainsi qu'il suit :

Au fur et à mesure des extinctions, il pourra être nommé, indépendamment des conservateurs-adjoints, des conservateurs au traitement de trois mille francs, et au nombre de quatre pour la bibliothèqne Sainte-Geneviève, et de deux pour les bibliothèques Mazarine «t de l'Arsenal.

AaT. 3. — Notre ministre secrétaire d'État au département de rinstmction publique est chargé de i'«xéeution de la présente ordon- Bance.

Fait au palais deSaint-Cloud, le l^*^ novembre 1846.

Signé : LOUIS-PHIUPPE.

Pour le roi, Le ministre secrétaire d'État au département 4e l'instiw^ioia publique,

Sêgné : Salvandy.

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