COMON ET C« — 45, QUAI MALAQUAIS
Qn orfèvre nommé Bonnard : il employa 193 marcs d'argent et 8 marcs et demi d'or; ce travail coûta 6 l'abbaye 811 livres.
Il faut placer dans cette période un fait caractéristique qui peint l'esprit d'indépendance de certaines communautés : un légat du pape , qui allait prendre part à un repas chez les religieux de Sainte-Geneviève, fut suivi de l'éVèque de Paris ; ceux-ci reçurent le légat, mais n'ouvrirent point leur porte à révèque, dont la présence eût porté atteinte aux franchises du couvent. Un autre évèque se vit traiter de même par les bons moines de Saint-Germain-des-Prés. Il paraît qu'une simple invitation à dtner devenait une sorte de droit acquis annuel pour l'invité; —de là les précautions peu bienséantes, mais fort prudentes, des habitants de Sainte-Geneviève et de Saint-Germain,
A peu près vers le mémo temps, une bulle d'Alexandre IV vint arrêter les prétentions du chancelier de la Cité, déjà signalées et précédemment réprimées ; divers jugements et statuts touchant l'Université furent lus et publiés dans l'église même de Sainte- Geneviève, où la Faculté des Arts tint plusieurs séances, et où s'assembla, en 1201, un concile à propos de la croisade. Je n'entre dans aucun détail sur ce qui est du domaine bien connu de l'histoire générale.
J'aborde le xit** siècle, qui vit s'accroître l'importance des quartiers de la montagne, sur laquelle s'établirent une foule de collèges, fondés par de bienfaisans seigneurs et de charitables prélats ; quelques-unes de ces maisons trouveront naturellement place dans mon récit.
En 1300, l'abbaye avait deux sceaux : celui dont j'ai déjà donné la description, et un autre où l'on voyait la figure de
sainte Geneviève ; le contre-sceau était une fleur de Us, surmontée de la couronne royale de France» avec cette légende : Contra-sigiltum eamerœ sanetœ Genovefœ,
Le pape Boniface YIII adressa une bulle à Jean de Ty, abbé de Sainte-Geneviève 9 pour rengager à être favorable à la fondation d'un collège que méditait le cardinal Jean Ghollet, év6que de Beauvais, sur les terres mêmes de Tabbaye. Jean de Ty s'empressa d'accorder au cardinal la permission d'acheter les maisons dont il .avait besoin et de les posséder en main morte, moyennant une indemnité de 600 livres.
Telle fut l'origine du collège desCholets, qui contenait seize boursiers, pris toujours dans les collèges d'Amiens et de Beau-^ vais ; la chapelle de Saint-Symphorien fut affectée à cet établissement jusqu'à ce que l'abbaye de Sainte-Geneviève lui eût permis de se bfttir une chapelle particulière. Ce collège, qui fût réuni parla suite à celui de Louis-le-Grand, était près de la rue des Grès-Saint-Étienne et de celle des Chiens, —emplacement actuel de Louisrle-Grand et de Sainte-Barbe. *- On vient de supprimer, pour l'agrandissement de cette dernière maison et la construction de la nouvelle bibliothèque Sainte-Geneviève, la ruelle peu fréquentée qui en conservait le nom.
En parlant de Jean de Roissy , quinzième abbé et successeur de Jean de Ty, le chroniqueur de Sainte-Geneviève dit ceci : a J'estime que ce fut cet abbé qui fit bastir la closture de l'enceinte de cette abbaye , du costé du septentrion et de l'orient, d'une haute et forte muraille de pierre de taille à créneaux , avec une tour dans l'encoigneure, qui porte encore aujourd'hui son nom, et s'appelle la Tour de Roissy. »
£0 1814 inaunit GUei Ayoeliii* arfbdvéqae da RiHi«i i ji d'une famille noble de TAuvergoe; par aon testanuint U wtr donna que quelques nuiisons d'assez mince valeur et de fort diétive apparence qu*U possédait, rue des S^^t-Voies, seraient CflMQYerties en collège pour les écoliers indigents, etqued'autrei seraient vendues ou louées, afin que le produit de ces ventM QU locations fût affecté à l'entretien des écdiers. — * Ainsi pri^ naissance le collège des Aycelins, qui changea par la mite do Qom, et doftt j'aurai fréquemment à m'occoper. Son fondatear fixa à 27 livres la rente qui devait être payée annueUameot à Sainte -Gen^iève (Jean de Saint- Lea gouvernait alors le couvent). L'évéque de Glermont, Tun des exéoiiteurs testa-* mentaires de l'archevêque son onde, s'occupa avec zèle du collège; mais sa mort, arrivée en 1328, en arrêta le dèvelqi^pe*^» Vient; dès lors les revenus furent dissipés, les bâtimens tom« bèrent presque en ruine faute de réparations, et pendant nombre d'années le collège fut, pour ainsi dire, abandonné, et tf atna une obscnre et misérable existence.
En 1339, Jean d'Huband ou de Huband, derc et conseiller du roi, président de la chambre des «impiétés , fit de son logis, situé près de Sainte-Geneviève et de Saint-Étienne (rue de la yontagne) , un petit collège pour un principal , un chapelain et six enfants pauvres de huit à neuf ans« Ces écoliers, placés soua la protection spéciale de la Vierge, ne devaient posséder leur bourse que jusqu'à dix-huit ans, « parce que c'est alors, dit le fondateur, que les enfants commencent à se tourner à mal. a U fallaijt qu'ils fussent natifs du village de Huband, en Nivernais, ou de ses environs , et nommée par Tabbé de Sainte«<}enevièi»
çt le grand-mattre dii collée de .Nay^rpe (aqjourd'but TÉcple Polytechnique), I
Le portail de ce nouvel asile ouvert à la pauvreté était sur*nonté d'un bas-reUef représentant la mère du Sauveur entourée d'écoliers; on y voyait aussi saint Jean-Baptiste et saint Jean-rÉvangéliste* Au-dessous, on lisait ces mots :