‹ Histoire de la bienheureuse Marguerite-MarieChapitre 55 sur 58 · POUR PERPÉTUELLE MÉMOIRE · texte numérisé non relu

POUR PERPÉTUELLE MÉMOIRE

Jésus-Christ, l'auteur et le consommateur de notre foi, qui, mû par une excessive charité, après avoir pris l'infirmité de notre nature mortelle, s'est offert à Dieu sur l'autel delà croix comme une victime sans tache, pour nous délivrer de l'affreuse servitude du péché; n'a pas eu de plus pressant désir que d'exciter en toutes manières dans les âmes des hommes les flammes dont son Cœur était consumé, ainsi que nous le voyons dans l'Évangile en donner l'assurance à ses disciples : Je suis venu apporter le feu à la terre, et qu'est-ce que je veux, sinon qu'il s'allume?

Or, afin d'enflammer davantage ce feu de la charité, il a voulu que la vénération et le culte de son sacré Cœur fût établi et propagé dans l'Église.

Et qui donc, eût-il un cœur de bronze, ne se sentirait pressé

ac [iromoveri. Ecquis euim tam durus ac ferreus Bit, quin raoveatur ad redamanduni Cor illud suavissimum idcirco transtixum ac vulneratum lancea, ut animus ibi nostcr quoddam quasi lalibulum ac perfugium habeat, quo se ab hostium incursione insidiisque recipiat, ac tueatur? Ecquis non provocetur ad prosequendum omni observantiae studio Cor illud sacratissimum, cujus ex vulnere aqua et sanguis, fons scilicet noslrae vitse ac salutis eftluxit? Jam vero ad tara salutarem ac debitum pietatis cultum instituendum, lateque inter homines propagandum eligere Servator Noster dignatus est Venerabilem Famulam suam Margaritam Mariam de Alacoque , religiosam sororem ex Ordine Visitationis Beatae Marise Virginis, quas quidem et innocentia vilae et assidua virtutum omnium exercitatione, tantoofticio ac munere, divina adjuvante gratia, se dignam probavit. Hœc enimvero in oppido, cui nomen Lbautecourt, intra fines dioecesis Augustodunensis in Gallia, honesto génère orta, jam inde a puerilia ingenium docile prœ se tulit, moresque probos , et supra aetatem composites, sic ut

de rendre amour pour amour à ce Cœur plein de suavité, qui a été transpercé et blessé par la lance afin d'offrir à noire âme un abri et un refuge où elle pût être à couvert et en sûreté contre les assauts et les pièges de l'ennemi?

Qui ne serait excité à rendre les hommages les plus empressés à ce Cœur sacré, dont la blessure a répandu l'eau et le sang, source de notre vie et de notre salut?

C'est pour établir cet'e pieuse pratique, à la fois si salutaire et si légitime, et pour la répandre au loin parmi les hommes, que Noire-Seigneur a daigné choisir sa vénérable servante Marguerite-Marie Alacoque, religieuse de l'ordre de la Visitation Sainte-Marie, qui, par l'innocence de sa vie et l'exercice continuel de toutes les vertus, s'est montrée, avec l'aide de la grâce de Dieu, digne d'un emploi et d'un ministère si élevé. Née d'une famille honorable, dans le village de Lhautecourl, au diocèse d'Autun, en France, elle montra dès l'enfance tant de docilité, une vertu, une régularité si au-dessus de son âge, que ses parents purent dès lors présager d'une manière certaine ce qu'elle devait être un jour.

Elle était encore enfant que déjà elle n'avait que de l'éloigne-

([ualis esset futura, certis indiciis parentes ominarentur. Etenim adhuc puelia ab oblectamentis, quibus illa aetatula capi solet, abhorrens, secretiora petebat domus cubicula, ubi intenta mente Deura coleret ac veneraretur; adolescentior autem, fiequenliam hominum flevitans, nihil rnagis habebat in deliciis, quam versari in templis assidue, precesquead plures horas producere. Virginitatera eraisso voto primis ab annis Deo consecravit, atque acleo jejuniis, flagellis, aliisque asperilatibus adfligere corpus instituit, ut iisdem quibusdam quasi spinis virginitatis florem septum custodiret. Mansuetudinis porro, atque humilitatis illustre documentum exbibuit. Elenim demortuo pâtre, matre vero tum aetate, tum gravi moibo confecfa, ab iis qui rei domesticae curationem gerebant, sic dure atque aspere habita est, ut rébus etiam ad victum cultumque necessariis plerumque careret. Atqui tantam incleraenliam atque injuriam, proposilosibi Christi patientis exemple-, complures annos aequo animo tulit. Novem annos nata ad sanctissimum Eucharistie Sacraraentum suscipiendum primum accessit, atque

ment pour les divertissements qui séduisent d'ordinaire cet âge si tendre, et cherchait dans la maison quelque endroit bien retiré où elle pût, dans un recueillement profond, offrir à Dieu ses adorations et ses hommages. Parvenue à l'adolescence, elle évitait les nombreuses compagnies, et mettait ses délices à fréquenter l'église et à y passer de longues heures en prière. Dès ses premières années, s'étant consacrée à Dieu par le vœu de virginité, elle affligea son corps par le jeûne, les disciplines et toutes sortes d'austérités, pour mettre, en quelque sorte, à l'abri d'une haie d'épines la fleur de sa virginité. Elle fut aussi un illustre modèle de douceur et d'humilité; car son père étant venu à mourir, et sa mère succombant sous le poids de l'âge et de la maladie, elle fut traitée avec tant de rigueur et de dureté par les personnes chargées de gouverner la maison, qu'elle manquait presque toujours du nécessaire dans la nourriture et le vêtement. Quelle que fut la tyrannie et l'injustice d'une pareille conduite, elle la supporta pendant longues années avec égalité d'âme, ne perdant jamais de vue l'exemple de Jésus-Christ souffrant. A l'âge de neuf ans, elle fut admise pour la première fois au banquet eucharistique, et puisa dans ce céleste aliment

ex cœlesti dape tantum concepit charitatis ardorem, ut ignis ille divinus ex ejus ore atque oculis emicaret. Pari erga proximum charitate incensa, graviter dolebat miseram puerorurn turbam fere a parenlibus derelicfam vitiis succrescere, rerum ad salutem œternam pertinentium ignaram, idcirco eos patienter erudiebat mysteriis fidei, ad virtutem informabat, et vero etiam non modicam quotidiani cibatus partem eisdem alendis detrahere sibi consueverat. Quum cœlestem sibi Sponsum delegisset, exbibilas a maire nuptias, licet opulentas atque illustres, constanter recusavit,et quo datam cœlesti eidem Sponso fîdem prœstaret securius , de ingrediendo sacrarum virginum claustro cogitavit. Qua de re posteaquam diu multumque secum délibérasse!, fusisque precibus divinam consuluisset voluntalem , annum agens aetatis suae vicesimum tertium, in civitate, cui nomen Paray le Monial, intra fines Augustodunensis Diœcesis, religiosis sororibus ex Ordine Visitationis Beatae Mariae Virginis adscita est. In tyrocinio quum se talem probasset, qualem et egregia ad virtutem

une si ardente charité, que ce feu divin semblait jaillir de ses lèvres et de ses yeux. Enflammée pareillement de charité pour le prochain, elle déplorait amèrement la misère d'une multitude d'enfants presque abandonnés de leurs parents, grandissant dans le vice et dans l'ignorance des choses les plus nécessaires au salut; elle leur enseignait avec patience les mystères de la foi, les formait à la verlu, et s'était fait une habitude de se priver, pour les nourrir, d'une partie considérable de sa nourriture de chaque jour. Ayant fixé son choix sur le céleste Epoux, lorsque sa mère lui proposa de riches et brillantes alliances, elle les refusa constamment, et pour garder plus sûrement la foi qu'elle avait engagée à ce céleste Époux, elle songea à embrasser dans le cloître la vie des vierges consacrées à Dieu. Après en avoir longuement et sérieusement délibéré avec elle-même, après avoir, dans la prière, consulté la divine volonté, à l'âge d'environ vingt-trois ans, elle fut reçue parmi les religieuses de la Visitation Sainte-Marie, dans le monastère de Paray-le-Monial, au diocèse d'Aulun. S'étant montrée, durant son noviciat, telle que l'avaient fait espérer ses belles dispositions pour la vertu et l'innocence de sa vie, elle

indoles, et innocenter acta vita portenderat, ad solemnia nuncupanda vota admitti promeruit. Quibus quidem nuncupatis, videri cœpit ad religiosae disciplinae perfectionem concitato cursu contendere; adeo sodalibus suis Deo dicatis virtutum omnium exemplar enituit. Mira quippe in ipsa elucebat humilitas, singularis et in obtemperando alacritas , et in quibusvis molestiis perferendis patientia , accurratissima legum vel minimarum observantia, in afflictando corpore assidua austeritas, numquam intermissum precationis studium, cui dies noctesque quum instaret, alienato saepe a sensibus animo, divinae gratiae donis uberrime perfundebatur. In recolendis autem Christi Domini cruciatibus tanto afficiebatur doloris sensu, tantaque inardescebat amoris flamma, ut prope exanimis plerumque languesceret. Porro quum ob virtutis praestantiam omnium sibi sodalium admirationem conciliasset , puellis, quae in tyrocinio versarentur, ad religiosam vitam exercendis informandisque prseposita fuit : eique muneri nulla potuisset aptior inveniri quam Venerabilis Margarita Maria, utpote

fut admise à prononcer les vœux solennels. Après sa profession on la vit marcher à grands pas dans la perfection religieuse, offrant à ses compagnes consacrées à Dieu un éclatant modèle de toutes les vertus. On voyait briller en elle une merveilleuse humilité, une promptitude extraordinaire à obéir et une patience admirable à supporter toutes sortes de contrariétés; un soin extrême à observer jusqu'aux moindres règles; une austérité qui la portait à macérer constamment sa chair; une ardeur infatigable pour la prière, à laquelle elle s'appliquait nuit et jour, et où son âme, dégagée des sens, était souvent inondée de l'abondance des dons célestes. En méditant sur les souffrances de Notre -Seigneur Jésus -Christ, elle était touchée d'une si vive douleur et tellement enflammée des feux de l'amour divin, que très -souvent elle tombait en faiblesse et demeurait presque sans vie.

L'éminence de ses vertus ayant fixé sur elle l'admiration de toutes ses compagnes , on lui confia la charge d'exercer et de former à la vie religieuse les jeunes novices, charge dont personne n'était plus capable que la vénérable Marguerite-Marie, qui, par son exemple, encourageait les jeunes filles dont elle

quœ commissas suse fidei ac magisterio puellas ad ingrediendum atque excurrendum perfeclionis iter erigeret, ac confirmaret exemplo suo. Jam vero ante augustissimum Eucharistœ sacramentum eidem fervidius oranti significatum est a Christo Domino, gratissimum sibi fore si culîus institueretur sacratissimi sui Cordis humanurn erga genus charilatis igné flagrantis, ac velle se hujus rei curam ipsi demandatam. Qua erat humilitate cohorruit Venerabilis Dei Famula, tanto seofficio indignamexistiraans; sed lamen ut supernœ obsequeretur voluntati, utque desiderio suo faceret satis, divinum atnorem in hominuni animis excitandi, studiose egit tum apud religiosas sui Cœnobii sorores, tum vero etiam apud omnes, quoad potuit, homines, ut Cor illud sanctissimum divina3 cbaritatis sedem omni honoris significatione colerent ac venerarentur. Multa: idcirco et graves Veoerabili Dei Famulae tolerandse fuerunt molesliœ, plurimaî superandae difficultates ; numquam tamen ipsa dejecit animum, et spe subnixa cœlestis auxilii

était la gardienne et la maîtresse à entrer dans la voie de la perfection, et affermissait leurs pas dans la carrière.

Un jour qu'elle priait avec une ferveur plus grande encore que de coutume en présence du très-auguste Sacrement de Tautel, Notre-Seigneur Jésus-Christ lui fit connaître qu'il lui serait très- agréable de voir établir le culte de son sacre Cœur, si enflammé pour les hommes du feu de la charité, et qu'il voulait lui confier à elle-même cette mission. Humble comme elle l'était, la vénérable Servante de Dieu fut atterrée, s'estimant indigne d'un si haut ministère; cependant, pour obéir à la volonté suprême, et satisfaire au désir qu'elle avait d'allumer dans le cœur des hommes le feu de l'amour divin, elle mit tout en œuvre, soit auprès des religieuses de son monastère, soit auprès de tous ceux sur lesquels elle pouvait exercer quelque action, pour que ce sacré Cœur, siège de la divine charité, reçût d'eux toute sorte d'honneurs et d'adorations. La vénérable Servante de Dieu eut à souffrir à ce sujet de grandes peines, à surmonter de nombreuses difficultés; cependant elle ne perdit jamais courage; mais, comptant sur le secours d'en haut, elle g'appliqua avec tant d'activité et de constance à établir cette

tam operose ac constanler promovere institit id geuus pietatis, ut, divina favente gratia, non sine magno animarum fructu in Ecclesia auctuni longe sit, ac propagatum. Denique dissolvi cupiens, ut ad ccelestes Agni nuptias, quas tantopere deperibat, advolaret, non tam morbo, quam flamma charitatis absumpta, diem obiit supremum decimo sexto Kalendas Novembris Anno MDCLXXXX. Quée de Venerabilis Margaritse Mariae sanctitate invaluerat opinio percrebuit magis postquam ipsa e vivis excessit, accedente praesertim prodigiorum celebritate , quœ Venerabili Dei Famula deprecante ferebantur contigisse. Quapropter anno MDCCXV, Augustodunensis Antistes de illius vita et moribus opporlunas de more tabulas condendas curavit. Verumtamen, ne ad Sanctse Sedis judicium deferri causa posset gravissimi rerum publicarum motus effecerunt, qui exeunte saeculo decimo octavo uiriversam fere Europam peiturbarunt. Sedata tamen turbulentissima procella temporum, postulatum est Apostolicse Sedis judicium, et apud

dévotion, qu'on la vit bientôt, avec le secours de la grâce divine, s'étendre au grand profit des âmes et se propager au loin dans TEgiise.

Enfin , désirant voir briser ses liens pour voler aux noces célestes de l'Agneau, après lesquelles elle soupirait si ardemment, consumée moins par la maladie que par les flammes de la charité, elle arriva au terme de sa vie mortelle le dix-septième jour d'octobre 1690.

L'opinion qui avait commencé à se répandre de la sainteté de la vénérable Marguerite-Marie s'accrut encore après sa mort par l'éclat des prodiges attribués à l'intercession de la vénérable Servante de Dieu. C'est pourquoi, l'an 17115, l'évèque d'Autun fit dresser, en temps opportun, des informations en règle sur sa vie et ses mœurs. Mais les révolutions qui, à la tin du xvme siècle, bouleversèrent presque toute l'Europe, ne permirent pas de déférer la cause au jugement du Saint-Siège. L'horrible tempête une fois apaisée, on sollicita le jugement du Siège apostolique, et l'on introduisit à la sacrée Congrégation des Rites le procès des vertus par lesquelles s'était illustrée la vénérable Marguerite-Marie. Enfin, après un long et sérieux exa-

Concilium S. R. Ecclesifc Cardinalium sacrisritibus tuendis prœpositorum instituta de virlutibus quaestione, quibus Venerabilis Margarita inclaruisset, rébus omnibus diu mullumque ponderalis , Nos tandem heroicum il tas attigisse gradum ediximns decreto evulgato Decimo Kalendas Septcmbris anno MDCCCXLVI. Exinde in eodem Cardinalium consilio proposita disceptatio est de miraculis, quibus Venerabilis Margaritae sanctitas comprobata divinitus diceretur, ac postquam severo habito examine tum a Consulloribus, tum a Cardinalibus illa fuissent probata, Nos, implorato antea superni luminis auxilio, de eorumdem miraculorum veritate affirmativam evulgavimus sententiam, die octavo Kalendas Maias anni vertentis MDCCCLXIV. Illud unum supcrerat, ut iidem interrogarentur Cardinales num procedi tuto posset ad Beatorum Coelitum honores Venerabili Margaritae tribuendos, iidemque coram Nobis coacti Decimo Octavo Kalendas julii vertentis anni procedi tuto posse unanimi suffragio responderunt. Nos porro, ut in tanta

men, nous avons prononcé qu'elle avait pratiqué ces vertus dans un degré héroïque, par décret promulgué le vingt-troisième jour d'août 1846.

Ensuite, au sein de la même Congrégation, fut proposée la discussion des miracles par lesquels on affirmait que le Ciel avait rendu témoignage à la sainlelé de la vénérable Marguerite-Marie, et après qu'à la suite d'un sévère examen les Consulteurs et les Cardinaux eurent donné un avis favorable, nous-même, les lumières d'en haut invoquées, avons rendu, touchant la vérité des mêmes miracles, notre sentence affirmative, le quatorzième jour de mai de la présente année 1864.

Restait à poser aux mêmes Cardinaux une dernière question, savoir: si l'on pouvait procéder avec sécurité à la béatification de la vénérable Marguerite-Marie. Réunis en notre présence, le vingt-quatrième jour de juin de l'année courante, ils répondirent qu'on pouvait y procéder.

Nous donc, après avoir imploré pour un acte aussi important le secours du Ciel, le vingt- quatrième jour de juin de la même année, nous avons décrété que l'on pourrait avec sécurité, lorsque nous le jugerions à propos, déférer à la vénérable

re, cœlestem opem adprecati, die octavo Kalendas Julii anni ejusdem decrevimus deferri tuto posse, quum Nobis visum esset, Veneiabili Servae Dei Beatorum honores cum omnibus induitis, donec solemnis ejusdem canonizatio celebretur. Nos igitur, permoti precibus omnium ferme sacrorum Galliœ Antistilum, necnon religiosarum sororum Ordinis Visitationis B. Mariae Virginis, de consilio et assensu Venerabilium Fratrum Nostrorum S. R. Ecclesiae Cardinalium sacris Ritibus cognoscendis praepositorum , auctoritate Nostra Apostolica facultatem impertimur ut eadem Venerabilis Dei Famula Margarita Maria de Alacoque Beatas nomine in posterum nuncupetur, ejusque corpus et reliquiœ, non tamen in solemnibus supplicationibus deferendse, publica3 fidelium venerationi proponantur. Praeterea eadem auctoritate concedimus, ut de illa recitetur officium et missa de Communi Virginum cum orationibus propriis a Nobis approbatis juxta rubricas Missalis et Breviarii Romani. Ejusmodi vero missae celebrationem , et officii

Servante de Dieu tous les honneurs et privilèges réservés aux Bienheureux jusqu'à la célébration de sa canonisation solennelle.

C'est pourquoi, touché des prières de presque tous les évêques de France, et aussi de celles des religieuses de la Visitation Sainte-Marie, de l'avis et avec l'assentiment de nos vénérables frères les Cardinaux de la sainte Eglise romaine, membres de la sacrée Congrégation des Rites, en vertu de notre autorité apostolique, nous permettons que la vénérable Servante de Dieu, Marguerite-Marie Alacoque, reçoive désormais le nom de Bienheureuse, et que son corps et ses reliques (lesquels ne pourront toutefois être portés dans les processions publiques) soient publiquement exposés à la vénération des fidèles.

Déplus, en vertu de la même autorité, nous permettons qu'on récite en son honneur l'office et la messe du Commun des Vierges, avec les oraisons propres approuvées par nous, conformément aux rubriques du Missel et du Bréviaire romains.

Cependant nous n'accordons cette permission de célébrer la messe et de réciter l'office en question, que dans le diocèse d'Aulun, et dans toutes les églises des maisons, quelles qu'elles

recifationem fieri dumtaxat concedimus in diœcesi Augustodunensi, ac in templis omnibus domorum ubicumque existeniium, in quibus institulus reperitur religiosus Ordo monialium Visilationis B. Marias Virginis, die XVII Octobiis, ab omnibus christifidelibus tam sascularibus, quam regularibus, qui horas canonicas recitare teneantur, et quantum ad missas atlinet, ab omnibus Sacerdotibus ad lempla, in quibus t'estum celebratur, confluenlibus. Denique concedimus, ut anno a datis hisce Lilteris primo, Solemnia beatiiîcationis Venerabilis Servae Dei Margaritas Marias de Alacoque in diœcesi, atque in templis, de quibus habita mentio est, celebrentur cum officio et missis duplicis majoris ritus , idque fieri praecipimus die per Ordinarios indicenda, ac posteaquam eadem Solemnia in Basilica Vaticana celebrata sint. Non obstantibus Constitution ibus et Ordinationibus apostolicis , ceterisque contrariis quibuscumque. Volumus autem ut harum Litterarum exemplis eliam impressis , dummodo manu Secretarii prasdiclae Congregationis sacrorum Rituum subscripta sint, et sigillo Prasfecti munita, eadem prorsus fides habeatur, quas

soient, où est établi l'ordre de la Visitation Sainte-Marie, et cela le dix-septième jour d'octobre, à tous les fidèles, tant séculiers que réguliers, qui sont tenus à la récitation des heures canoniques , et, pour ce qui est de la messe, à tous les prêtres qui se rendront aux mêmes églises le jour de la fête.

Enfin, nous permettons que dans le courant de l'année, à dater de la présente lettre, la solennité de la béatification de la vénérable Servante de Dieu Marguerite-Marie Alacoque soit célébrée dans le diocèse et dans les églises sus-menlionnés, avec office et messe du rite double-majeur; ce qui devra se Caire le jour indiqué par l'ordinaire du lieu, et après seulement que cette solennité aura été célébrée dans la basilique Vaticane. Le tout, nonobstant les Constitutions et Ordonnances apostoliques et autres qui y seraient contraires.

Nous voulons que tous exemplaires de la présente lettre, même imprimés, pourvu qu'ils soient revêtus de la signature du secrétaire et munis du sceau du Préfet de la Congrégation

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nostrae voluntatis significationi hisce ostensis Lilteris haberetur. Datum ex Arce Gandulphi, sub annulo Piscatoris, die XIX mensis Augusti anno MDCCCLXIV, Pontificatus Nostri anno decimo nono.

N. Card. Paracciani Clarelli.

des Rites, obtiennent la même confiance, comme expression de notre volonté, que l'on aurait sur la présentation de l'original. Donné à Castelgandolfo, sous l'anneau du Pêcheur, le dixneuvième jour du mois d'août de l'an 1864, de notre Pontificat le dix-neuvième.

N. Card. Paracciani Clarelli.

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