‹ Histoire de la bourgeoisie de ParisChapitre 17 sur 25 · PRÉFACE. XXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXI

des plus effroyables catastrophes. La prédiction sacrée cle Gog et de Magog, accueillie par l'apôtre aimé du Sauveur des hommes, et représentant ces deux personnages symboliques sous la forme de deux nations ennemies des chrétiens, qui doivent être exterminées selon la volonté formelle de Dieu ; cetle prédiction formidable devra s'accomplir. Alors seulement le monde providentiel du Bien et du Vrai aura raison du monde que le Faux et le Mal ont perverti.

En attendant cette heure solennelle, que la science la plus pure devienne enfin notre bouclier, puisque le glaive le mieux trempé ne peut l'être ! Je ne crains pas que la science remplisse parmi nous le triste rôle de Cassandre, si elle va puiser sa force régénératrice dans la connaissance même de Dieu. Aussi ai-je le courage d'adresser cet appel aux deux grands partis sociaux, quelque divisés qu'ils soient, afin qu'ils concourent ensemble, dans leur sphère respective, au rétablissement de l'unité morale qui deviendra leur propre salut en même temps que celui des sociétés.

Toutes ces réflexions devaient trouver place en

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tête du dernier volume de Y Histoire de la Bourgeoisie de Paris, car elles nous donnent le droit de protester contre les attaques incessantes, dont les classes moyennes sont aujourd'hui l'objet. N'at-on pas essayé de créer un mot nouveau, celui de Bourgeoisisme, pour donner pleine satisfaction à de vieilles et sottes rancunes ; et pour demander littéralement la mort de la Bourgeoisie , parce que Ton craint, sans doute, qu'elle ne soit appelée, tôt ou tard, à régler les conditions pratiques de notre existence future?.. Mais fermons l'oreille à ces discours insensés : on ne parle pas raison avec les fous. D'ailleurs, ils auront beau crier, ils auront beau faire, la Bourgeoisie, expression absolue des forces actives du pays, sera toujours l'arbitre de ses destinées.

Un ancien et glorieux ministre disait hier : « L'esprit court aujourd'hui, parmi nous, bien des «risques d'abaissement, et, comme la société, il a «besoin d'être relevé. »

Déjà ces paroles sévères n'ont été que trop justifiées! Quelles que soient pourtant les calamités qui accablent l'intelligence, tâchons de la maintetenir dans ses droits augustes et respectables, sinon respectés. Soyons hommes de cœur, de rai-

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son et de bonne volonté! Si nous nous laissions aller au découragement, c'est alors surtout que la chute serait profonde , terrible , irréparable ! Vouons-nous donc, résolument, à la recherche du bien et du vrai ; et l'esprit se relèvera librement, spontanément, dans toute sa virtualité créatrice, ayant le monde pour témoin de ses luttes pacifiques, et Dieu lui même pour rémunérateur! Placés désormais, par le fait et par la pensée, non pas dans les basses régions du servilisme et de la personnalité, mais en un lieu supérieur d'où nous pouvons dominer les deux partis fatidiques toujours prêts à se combattre, nous suivrons d'un œil attentif le mouvement qui passe de l'un à l'autre, afin de le rendre, s'il se peut, salutaire aux peuples et de prévenir les catastrophes. C'est ainsi que nous deviendrons hommes d'autorité, tout en restant hommes de liberté.

Francis LACOMBE.

Paris, 10 mai 1852.

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