‹ Histoire de la bûcheChapitre 16 sur 77 · I/ACE DES AK DDK S · texte numérisé non relu

I/ACE DES AK DDK S

nombre plus ou moins grand, suivant leur âge; la lige les comprend tous. Chacun est le produit d’une génération de bourgeons, dont il représente l’ensemble des racines fondues en un tout commun. L’étui ligneux de la génération présente occupe l’extérieur de la tige, immédiatement sous l’écorce; ceux des générations passées en occupent l'intérieur, et sont d’autant plus reculés vers le centre qu’ils sont de plus vieille date. Les bourgeons fiuturs produiront d’année en année leurs couches de bois respectives, qui viendront se superposer une à une à leurs aînées; et la couche superficielle actuelle se trouvera à son tour enclavée dans l’épaisseur du tronc. De tous ces étuis ligneux, d’âge inégal, le plus nécessaire aujourd’hui est évidemment celui de la superficie, puisqu’il met en communication avec la terre les habitants actuels, les bourgeons de l’arbre. La destruction de cette couche amènerait la mort de la communauté entière. En leur temps, les couches de l’intérieur ont tour à tour, quand elles occupaient la surface, rempli le même rôle à l’égard des rameaux contemporains; mais aujourd’hui que ces rameaux, devenus branches, sont mis à la retraite et remplacés par d’autres, les couches profondes n’ont que des fonctions secondaires ou même ne font absolument plus rien. Les plus voisines de la superficie conservent encore quelque aptitude au travail; elles viennent en aide à la couche de l’année pour amener aux rameaux les sucs de la terre, enfin elles se rendent utiles du mieux qu’elles peuvent. Quant aux plus centrales, ce sont de vieilles encroûtées d’où l’activité s’est pour jamais

n HISTOIRE DE EA RUCHE,

retirée. Dans leur jeune âge, leur beau jeune âge, alors (ju’elles étaient blanches, tendres, juteuses, elles ne s’épargnaient guère pour mener à bien leurs nourrissons; maintenant elles ont bruni, leurs sucs se sont desséchés, leur bois s’est durci, encroûté, minéralisé pour ainsi dire. Dans leur décrépitude, elles ne se mêlent de rien. Tout au plus, par l’appui de leur bois tenace, donnent-elles de la solidité à l’édifice général. L’activité de l’arbre décroît donc de la superficie au centre. A la surface, c’est la jeunesse, la vigueur, le travail; au centre, la vieillesse, la décrépitude, l’inertie.

L’ensemble des zones ligneuses se divise en deux parts : l’une centrale, d’où la vie est entièrement retirée; l’autre extérieure, où la vie réside à des degrés divers. Ces deux parts se distinguent par une coloration différente sur la section d’une tige un peu âgée; la première est de couleur foncée, la seconde est blanchâtre. On donne à la première le nom de cœur ou de bois parfait ; à la seconde, le nom à’ aubier. Dans l’aubier, le bois est pâle, tendre, imprégné de sucs; c’est du bois vivant. Dans le cœur, il est fortement coloré, dur, desséché; c’est du bois mort. — La décrépitude est loin d’être une perfection. Pourquoi alors ce nom de bois parfait donné au cœur du tronc? C’est imparfait qu’il faudrait dire. — Oui, sans doute, le cœur du bois est imparfait relativement à l’arbre qu'il n’alimente plus; mais il est parfait eu égard aux services qu'il nous rend. La jeunesse ne cumule pas toutes les qualités, la vieillesse en a aussi et de bien précieuses. Pour nos mou-

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