L'AGE DES AD DUES
Mentionnons ici quelques-uns de ces vieillards du monde végétal.
Les auteurs parlent d'un Châtaignier de Sancerre, dont le tronc présentait 4", 22 de tour. D’après les évaluations les plus modérées, son âge devait être de trois à quatre siècles. — On connaît des Châtaigniers beaucoup plus gros, par exemple celui de Neuve-Celle, sur les bords du lac de r.enève, et celui d’Esaü dans le voisinage de Montélirnurt. Le premier a treize mètres de circonférence à la base. Dès l’an 1408, il abritait un ermitage, l’histoire en fait foi. [Depuis, quatre siècles sont venus s’ajouter à son âge, la foudre l’a frappé à diverses reprises; n’importe, il est toujours vigoureux et richement fouillé. Le second est une majestueuse ruine; ses hautes branches sont ravagées, «on tronc, de onze mètres de tour, est labouré de profondes crevasses, rides de la vieillesse. Dire l’âge des deux colosses n’est guère possible. Peut-être faut-il compter ici oar mille ans, et pourtant les deux vieillards fructifient meore, ils ne veulent pas mourir. Le Châtaignier qui nous i raconté son histoire disait donc vrai. Sans exagération,
1 pouvait se promettre de vivre cinq ou six cents ans, car «es confrères de Neuve-Celle et d’Esaü ont la vie remarquablement dure.
Le plus gros arbre du monde est un Châtaignier qui se trouve sur les flancs de l’Etna, en Sicile. On l’appelle le ibataignier aux cent chevaux, parce que Jeanne, reine l’Aragon, visitant un jour le volcan et surprise par un orage, vint s’y réfugier avec son escorte de cent cavaliers.
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Sous sa forêt de feuillage, gens el moulure trouvèrent largement un abri. Pour entourer le géant, trente personnes tendant les liras el se donnant la main ne suffiraient pas; la circonférence du tronc mesure cinquante mètres et plus. Sous le rapport du volume, c’est moins une tige d’arbre qu’une forteresse, une tour. Une ouverture assez large pour permettre à deux voitures d’v passer de front, traverse de part en part la base du Châtaignier et donne accès dans la cavité du tronc disposée en habitation à l’usage de ceux qui viennent faire la cueillette des châtaignes, car le vieux colosse a toujours la sève jeune et rarement il manque de fructifier. Il est impossible d’évaluer l’âge du géant, car on soupçonne qu’un tronc aussi monstrueux provient delà soudure de plusieurs Châtaigniers rapprochés, primitivement distincts.
Neustadt, dans le Wurtemberg, possède un Tilleul dont les branches, surchargées par les ans, sont soutenues au moyen d’une centaine de piliers en maçonnerie. L’une de ces branches atteint une longueur d’une quarantaine de mètres. La ramée entière couvre une étendue de cent trente mètres de circuit. En 1229, cet arbre était déjà vieux, car les documents de l’époque l’appellent le Gros Tilleul. Son âge probable est aujourd’hui de sept cents à huit cents ans.
Le vétéran de Neustadt avait un aîné en France au commencement de ce siècle. En 1804 se voyait au château de Chaillé, près Melle, dans les Deux-Sèvres, un Tilleul de quinze mètres de tour. Il portail six branches principales
L’AGI-; DLS Ail II DLS.
Mïlayt'M's de nombreux piliers. S’il existe encore, il ira pas moins de onze siècles.
On montrait dans le temps, à Saint-Nicolas de Lorraine, ume table d’un seul morceau de Noyer qui avait plus de I huit mètres de largeur sur une longueur proportionnée. 'Suivant la tradition, l’empereur Frédéric III aurait donné, en 1 47*2 , un somptueux repas sur cette table. D’après la croissance ordinaire des Noyers, on estime que l’arbre dont Ile tronc a Idrmé ce meuble devait avoir neuf siècles.
Dans le voisinage de Balaklava, en Crimée, on cite un 'Noyer énorme, qui produit par année cent mille noix. Cinq i lamilles le possèdent en commun. Son âge est estimé à deux milliers d’années.
Le cimetière d’AUou ville, en Normandie, est ombragé par uiri des doyens des Chênes de la France. La poussière des morts où plongent ses racines, semble lui avoir communiqué une exceptionnelle vigueur. Son tronc mesure dix mètres de circuit au niveau du sol. Une chambre d’anachorète, que surmonte un petit clocher, s’élève au milieu de l'énorme branchage. Le bas du tronc, en partie creux, est, depuis 1 006, disposé* en chapelle dédiée à Notre-Damede-la-Paix. Les plus grands personnages ont tenu à honneur d’aller prier dans le rustique sanctuaire et de méditer un instant sous l’ombrage de l’arbre millénaire, qui a vu tant do sépultures s’ouvrir et se fermer. D’après ses dimensions, on donne à ce Chêne neuf cents ans d’âge environ. Le gland qui l’a produit a donc germé avant l’an mille. Anjou rd hui, le vieux Chêne porte sans effort ses monstrueuses branches;
HISTOIRE I)E LA DUCHE.
chaque printemps, il se couvre d’un feuillage vigoureux. Glorifié par les hommes et ravagé par la foudre, il poursuit impassible le cours des âges, ayant devant lui peut-être un avenir égal à son passé.
On commit, en effet, des Chênes bien plus vieux. En 1824, un bûcheron des Ardennes abattit un Chêne gigantesque, dans le tronc duquel furent trouvés des débris de vases a sacrifice et des médailles antiques. D’après les calculs des botanistes les plus experts, ce géant remontait à l’époque de l’invasion des barbares, il avait pour le moins de quinze à seize siècles d’existence.
Après le Chêne du cimetière d’Allouville, mentionnons encore quelques compagnons des morts, car c’est surtout dans les champs de repos, où la sainteté du lieu les protège contre les injures de l’homme, (pie les arbres parviennent à un âge avancé. Deux Ils, situés dans le cimetière de la Haie-de-Routot, département de l’Eure, méritent entre tous l’attention. En 1852, ils ombrageaient de leur sombre Verdun1 tout le champ des morts et une partie de l’église sans avoir encore éprouvé de dommages sérieux, lorsqu’un coup de vent d’une violence extrême jeta à terre une partie de leurs branches. Malgré cette mutilation, les deux Ils sont toujours de majestueux vieillards. Leurs troncs, entièrement creux, mesurent, l’un et l’autre, neuf mètres de circonférence. Leur âge est estimé à quatorze cents ans. Ce n’est encore pourtant que la moitié de l’âge où d’autres arbres de la même espèce sont parvenus. Un If du cimetière de Forheingal, en Écosse, mesurait vingt mètres de tour.