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douillet de matière se dépose, puis un second, un troisième, uni quatrième, indéfiniment; de sorte que le. grain parvenu «i maturité se compose d’une suile de sacs emboîtés l’ 1 1 1 1 ■ dans l’autre. D’après l’image, la matière du grain parail disposée en zones concentriques. Celte apparence est occasionnée par l'emboîtement des sacs successifs. Avec quelques délicates manœuvres, on peut faire éclater un grain de fécule sous le microscope de manière à étaler les feuillets dont il se compose. On voit alors ce que représente la figure. Comptez Iles leuillets désemboités, si vous en avez la patience; puis songez que, dans une seule Comme de terre, il 'y a des millions et des millions de Craill de fécule avec ses leuiiicb
.... , . désemboités.
cellules bourrées de grains, tous aussi compliqués. Quel incompréhensible travail pour organiser,* feuillet par leuillet, ces légions de granules! b imagination s’y perd, la raison s’y abîme! Le tout pour la pâtée d’un bourgeon !
In neige l’oilge. — Les défricheurs de la mort. — Les petits préparent l'existence des grands. — Les destins du pot. de confitures. — lu vengeance d’une Betterave. — L’universelle hygiène. — Structure des moisissures. — Le cadavre de Guêpe et la plume de Corbeau. — Les bandits cellulaires. — Quelques ravageurs des céréales. — Un curieux terrain ù champignons. — Quelques mangeurs de l'homme. — La teigne.
Vous vous rappelez le Châtaignier de l’Klna, le colosse (|ue trente personnes se donnant la main ne pourraient cm-
tir,
brasser; vous vous rappelé/ aussi les monstrueux Sapins de la Californie, dont le tronc fournil un tuyau d’écorce où cent quarante enfants trouvent place. Combien faut-il de libres, plus déliées qu’un cheveu, et combien de cellules, tenant à l’aise sur la pointe d’une aiguille, pour constituer leurs prodigieuses charpentes? Dans un ordre inverse, d’autres merveilles nous attendent. I ne cellule, une seule, un point vésiculaire peut former un végétal complet. El ne croyez pas que ces atomes vivants soient d’une faiblesse eu rapport avec leur exiguïté. Ils oui la vie dure, au contraire; ils prospèrent dans des conditions mortelles pour des plantes mieux organisées. L’un d’eux, le Protococcus des neiges, brave l’âpreté du climat polaire; s'il s’aventure dans nos régions, il prend domicile sur les plus hautes montagnes, au sein des trimas éternels. Il recherche le froid; pour sol, il lui faut des champs de
Le l'rolococcus des neiges.
neige. C’est sur cette couche glacée qu'il nait, se développe et fructifie. Il se compose d’un tout petit grain, d’une seule cellule rouge. En se multipliant en abondance, il donne aux neiges qu'il habile une belle teinte rosée; et telle est la cause des neiges* rouges qu’on observe parfois dans les contrées polaires et dans les Alpes.
I ne fois nuire, la cellule du Protococcus produit dans sa cavité* une famille de petites cellules; puis elle éclate et lance au vent sa postérité, qui va peupler d’autres neiges.
La vie ne laisse aucun point inoccupé: four peupler les
neiges et les rougir comme elle rougit les moissons avec les
Heurs du Coquelicot, elle crée un être spécial, le dernier «les derniers, une plante réduite à une simple cellule. Pour peupler les mares croupissantes, les vieilles écorces, le bois pourri, les fruits en décomposition, les liquides fermentés et toutes les matières animales et végétales corrompues, elle crée, avec des cellules empilées d’une inimité de manières, des myriades de végétaux intimes, première ébauche de la matière organisée. La libre et le vaisseau leur sont interdits; la cellule seule entre dans leur structure, aussi les nomme-t-on végétaux cellulaires. C’est un monde à part, un monde pionnier de l’infection, qui défriche la mort pour en rendre les éléments à la vie. Ce sont, dans les eaux stagnantes, des mucosités vertes et des crinières de longs filaments; sur les vieilles écorces, sur les rochers, des croûtes lépreuses; sur le bois pourri, des Champignons à formes bizarres; sur les fruits gâtés, des houppes de Moisissures; dans' les liquides fermentés tournant à l’aigre, des feutres glaireux nommés la mère du vinaiijre; à la surface du vin ([ii i s’altère, des poussières blanches appelées fleurs du vin; enfin sur toutes les matières en décomposition, des pellicules végétales, des duvets, inséparables compagnons de l’ordure. •
Ne jugeons ni des choses ni des gens sur l’apparence. Les moindres des végétaux cellulaires ont un rôle capital. Ils défrichent la mort, vous ai-je dit; ils assainissent la corruption. Multipliés avec une profusion effrayante, ils rongent les matières mortes et les mettent dans l’étal voulu pour l’entrer dans le cercle des matières vivantes, l u arbre git à
(ont1. Pour nourrir de ses dépouilles les piaules (|iii lui succèdent el revivre en elles, il doit être réduit eu poudre. Les ouvriers cellulaires se mettent au travail. Mousses, Moisissures, Champignons, Lichens, s’emparent du cadavre. Vidés par les insectes et par l’air, leurs puissants auxiliaires, ils dissèquent le mort cellule par cellule, libre par fibre; et de division en division, ils le réduisent en terre végétale. Le grand œuvre est accompli; maintenant, avec ce terreau, poussière de la mort, la vie peut reparaître, une nouvelle
végétation peut se former. Crovez-le bien : on n’avance pas
un paradoxe en disant que les Moisissures de quelques jours de durée ont plus d’importance dans l’harmonie des êtres vivants que les Chênes dont la durée se mesure par siècles; car, sans toutes ces plantes, débiles édifices de cellules, sans tous ces végétaux rudimentaires pullulant dans l’ordure, la vie serait impossible, parce que l’œuvre de la mort serait incomplète. Les petits, sur la terre, ont préparé et préparent toujours l’existence des grands. Une science bien imposante, la Géologie, sait, avec les débris exhumés des entrailles du sol, remonter en esprit aux premiers âges du monde. Or, savez-vous ce qu’elle nous dit au sujet des végétaux? Elle nous dit que ni le Chêne, ni le Hêtre et autres puissants seigneurs, ne sont venus Jes premiers. Sur des rocs calcinés, vomis par la fournaise souterraine, qu’auraient-ils fait, les grands mangeurs, à un moment où il n y avait rien à manger? Pour leur préparer le sol, les petits sont venus, en chapelets, en filaments de cellules, qui dans les eaux, qui sur la roche nue. Patiemment, ils ont émiette
ne.
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le granit; ils en ont fécondé la poussière de leurs propres débris. De leurs effets continués des siècles et des siècles est résulté un peu de terre végétale, où de nouveaux défricheurs, toujours cellulaires, des Mousses, des Lichens, ont trouvé à s’établir. A ceux-ci, d’autres ont succédé; le sol, de jour en jour, est devenu plus fécond; et linalenient, la .Moisissure ayant accompli son œuvre, le Chêne a pu venir. Trois grandes étapes sont à distinguer dans l’évolution de la plante à travers les âges. D’une manière générale, dans
la première étape, la cellule se montre seule; dans la
seconde, la libre s’associe à la cellule; dans la troisième, le vaisseau complète la série des organes élémentaires, et le végétal acquiert toute sa perfection.
Des hauteurs de la Géologie descendons à un pot de confitures, où nous serons mieux en pays de connaissance. A
quoi est-il destiné, si ce n’est à faire des tartines? C’est là
du moins votre avis; ce n’est pas tout à fait le mien. La matière des confitures avait eu principe une autre destination, dont nous l’avons détournée à notre profit, .le ne veux pas chicaner sur ce détournement; je sais trop bien qu'il entre dans nos droits, mais enfin je veux dire que, si la plante cherche à reprendre ce que nous lui avons pris, raisonnablement on ne peut lui trouver tort. L'intérêt de riiomme est immense sans doute, il y a toutefois un intérêt supérieur: l'intérêt du tout. Or, dans le pot déconfitures, celui-ci est lésé. Itaisonuons un peu et vous allez voir. - Ou‘\ a-t-il dans le pot? D’abord du sucre. Ce sucre était, eu principe, destiné à nourrir les bourgeons de la betterave,
YKGKTAUX CtiCLULAlIlES.
d’où on l'a tiré. Cos bourgeons ont donc payé de leur mort la tartine que vous mange/. Qu’y a-t-il encore? Des quartiers de poires avec leurs pépins. Ces pépins ne demandaient qu'à vivre; ils devaient devenir des Poiriers et la chair qui les entoure devait leur faire du terreau en pourrissant. Ils oui misérablement péri; la tartine les a tués. Ali! ah! petits gourmands, qui, en une bouchée, avalez sans y prendre garde l'existence (b' je ne sais combien de Betteraves, de je ne sais combien de Poiriers, non venus à la vie à cause de la contiture, vous voulez que la Betterave et le Poirier n’envoient pas protester, ne pouvant le faire eux-mêmes! Prenez garde. Ce réparateur des torts faits à la plante va venir. Il est dans le pot!... Ca maman soulève délicatement le rond de papier qui recouvre un pot non encore entamé. Klle a mis tant de soins à cette confiture, elle l’a surveillée d’un œil si attentif! Ce doit être exquis. Pouah! c’est une infection! Ca Moisissure est là quia tout gâté. Au fumier, celle infection! — Ca maman est désolée. Perdre une délicieuse compote, régal des enfants, c’est bien pour elle une telle affaire De tout mon cœur, je compatis à son chagrin ; mais, entre nous, n’est-ce pas matière à graves réflexions que celle vengeance que la Betterave et le Poirier tirent de nos détournements par la voie de la Moisissure? De ses poires, l’arbre voulait faire un engrais pour nourrir ses pépins. Ca eontilure a trompé ses desseins. Alors la Moisissure arrive • pii rend les poires à leur première destination et les convertit eu fumier pour les premiers pépins venus. \vec sou sucre, la Betterave se promettait merveilles. Klle devait en