SI
gieuse tige avait cm i effet neuf mètres d’épaisseur. L’écorce eu fut enlevée d'une seule pièce sur une longueur de sept mètres et disposée en appartement avec tapis, piano et des sièges pour quarante personnes. I n jour, pour jouer à la m'ain chaude, cent quarante e niants trouvèrent place sans se gêner dans le monstrueux étui d’écorce. Quel était l’àge du géant? — La réponse ici ne laisse aucune place au doute. L’arbre, admirablement conservé jusque dans ses parties les plus centrales, montrait plus de trois mille couches de bois concentriques. 11 avait donc trois mille ans pour le moins.
Trois mille ans, c’est un bel âge. Cela nous reporte juste à l’époque où Sam son lâchait dans les moissons des Philistins des bandes de renards traînant à la queue des torches incendiaires. Au Mexique, nous remontons plus haut; nous y trouvons un contemporain de Aoé. C’est un Cyprès en grande vénération chez les indigènes. Il est situé dans le cimetière de Santa Maria de Tesla, à deux ou trois lieues d’Oaxaca. Fernand Cortez, le conquérant du Mexique, abrita, dit-on, sa petite armée sous son ombrage. Les calculs des botanistes lui attribuent quatre mille ans d’existence.
Dans la Sénégambie, au voisinage du cap Vert, se trouve un arbre étrange, sorte de Mauve gigantesque, qui, pour l’àge, l’emporte encore sur le Cyprès de Cortez; c’est le Baobab ou Adansonie. La tige atteint à peine quatre ou cinq mètres d’élévation, mais elle a de vingt-cinq à trente mètres de tour. Cette robuste base n’est pas de trop pour sou-
LE ÜAOBAlt.
Certains de ces vétérans sénégambiens sont âgés de soixante siècles.
I'ao t: 81
LAC K |> K S AKHKKS. 81
tenir le couronnement <ln feuillage disposé en ({('mik* do doux cents mètres do circuit. Los feuilles son I grandes, laineuses, découpées à la manière de celles du Mammnier; les Heurs ressemblent à celles de la Mauve, avec des dimensions plus grandes; les fruits ont l’aspect de potirons brunâtres, divisés en une quinzaine de tranches. Les nègres donnent à P.Ydansonie un nom qui signifie l’arbre-millénaire. Jamais dénomination n’a été plus justement appliquée. Il résulte, en effet, des recherches d’Adanson, que certains de ces vétérans sénégambiens sont âgés de six mille ans. On se refuserait (j croire à une telle antiquité, si les déductions qui la proclament n’avaient l’évidence brutale d’une règle do trois. En I 7 i i ) , Adanson observa aux îles de la Magdeleine', près du cap Vert, des Baobabs visités trois siècles auparavant par des voyageurs anglais. Ces voyageurs avaient grave des inscriptions sur le tronc, et ces inscriptions lurent retrouvées par le botaniste français recouvertes par trois cents couches ligneuses. Le Baobab produit donc, comme nos arbres, une couche de bois par an. De plus, de l’épaisseur totale des t rois cents couches observées pouvait se déduire l’épaisseur moyenne d’une seule; et celle-ci, une fois connue, il était facile, eu la comparant à l’épaisseur entière du tronc, de remonter à l’âge de l’arbre. C’esl ce que lit Adanson. La conséquence de ce calcul élémentaire lut que certains Baobabs ont six mille ans d’existence. La vie d un seul arbre embrasse en durée l’histoire entière de l'humanité! Les patriarches, qui remontent à l’aurore du monde, s’affaissent-ils au moins rongés par la rouille des
siècles? — Mais iiiillrmciil. Leur écorce est à la moindre blessure, il s'eu échappe une Ils oui la vigueur du jeune âge; ils ont siècles et des siècles encore d’avenir.
verte et lustrée; sève abondante, devant eux des
LES ORGANES ÉLÉMENTAIRES
A propos d'unu délinilion. — Les amertumes du substantif. — Lu brin de laine. — Les moellons du végétal. — lin Champignon qui ne perd pas son temps. — Où l'on ne voit plus clair. — Combien il est difficile de s’arrondir. — Toilette des cellules. — Les libres et le ligneux. — Les vaisseaux.
Organes élémentaires. — Voilà un titre de chapit.rr «|ii i ne vous dit rien. Vite alors une délinil ion. — On appelle organes
élémentaires Non, ce n’est pas cela ; vous comprendriez
moins encore. La définition, Taut-il l’avouer sans vouloir en médire, la définition rarement lions apprend <juel<|iie chose. L’intelligence novice s’accommode mal d’une idée générale
Si
111 ST 01 II K ni; LA H UCII K.
condensée en quelques mots. Quand ou sait, je ne dis pas, la définition peut avoir ses mérites; mais quand on ignore, je la déclare d’une valeur très-contestable. Y ce sujet, il me vient en mémoire le temps où j’allais à l’école avec quelques méchants livres noués d’une licelle. Il yen avait un entre autres, et je vous le recommande celui-là, il y en avait un qui commençait ainsi par une définition ; la grammaire est l’art de parler et d’écrire correctement. Il nous apprenait queii est long dans flûte et bref dans culbute. Il y en avait un autre commençant toujours par une définition : l’aritlimélique est la science des nombres. Il nous apprenait : (i et 9 font 15, pose 5 et retiens I . Je vous le dis, la main sur la conscience, aujourd’hui, [tas plus qu’au t reluis, je ne vois clair dans les deux définitions. — Eh ! bonnes gens, qui voulez nous apprendre à parler et à écrire correctement, faites-nous parler, faites-nous écrire, et de grâce laissez pour un âge plus mur la définition de votre art. Vous voulez nous apprendre à compter; faites-nous compte^ au besoin sur nos doigts, mais réservez pour plus tard l’abstruse définition de votre science. — Pauvres enfants, qui, tout en récitant d’une voix dolente : « Le substantif est un mot qui porte à l’esprit l’idée d’une chose réelle ou réalisée par l’idée que nous nous en formons, » ce à quoi vous ne comprenez rien, ni celui qui l’a écrit, ni moi non plus; pauvres enfants, qui, tout eu récitant l’affreuse leçon, songez à la grande consolatrice, votre mère, qui vous attend avec une tartine pour vous faire oublier l’amertume du substantif, ne s’apercevra-t-on pas à la lin des tins que,
LES ORGANES ÉLÉMENTAIRES
8ft
pour vous enseigner quoique chose, il Inut, nvnul tout, se faire comprendre et vous intéresser!
Je recule doue devant la définition. Vous eu vovez le motif. Prenons alors un détour qui nous montre ce qu’on doit entendre par organes élémentaires des plantes. — Examinez avec soin un morceau de drap. Vous apprendrez, si vous ne le savez pas déjà, que le drap est un tissu de (ils entrecroisés, les uns dirigés en long, les autres dirigés en travers. Avec une épingle, défaites le (issu, séparez-en un à un les (ils constitutifs. L’étoffe maintenant n’est plus étoffe; c’est une pincée de (ils grossiers. La décomposition peut être amenée plus loin. Prenons un fil en particulier. Il résulte de menus filaments tordus ensemble. Chacun est un brin de laine, un poil de mouton. Nous les isolons l’un de l’autre; et, cela fait, la décomposition s’arrête : le poil ne se subdivise pas. Eh bien, le brin de laine est l’organe élémentaire du drap. C’est lui qui, toujours le même quant à la substance, le même ou à peu près quant à la finesse, constitue, suffisamment répété de fois, d’abord le lil et puis l’étoffe.
La plante, elle aussi, décomposée pièce à pièce, se réduit à son brin de laine, c’est-à-dire à quelque chose de simple, de non susceptible de dédoublement ultérieur; enfin à son organe élémentaire, qui, accumulé en nombre suffisant, forme tout : feuilles et fleurs, graines et fruits, écorce et bois indistinctement. Cette parcelle finale est de même substance dans toutes les plantes et dans toutes leurs parties; elle est encore de même forme et de mêmes di-
infusions on à pou près. Querelle uniformité do l’élémonl végétal, comparée à la prodigieuso diversité des plantes, no vous étonne pas plus qu'il no convient. Le poil du mouton est tout aussi uniforme. Il compose répondant dos étoffes Irèsva rires : llanellos et mérinos, bures et molletons, draps lins et draps grossiers; que sais-jo enfin. Et puis, quand le tailleur a découpé et cousu l’étoffe, que do vêtements do formes et d’usages divers avec le primitif brin de laine. Encore plus que le tisserand, encore plus que le tailleur, la plante est industrieuse. Avec son invariable brin do laine, elle fait tout ce que bon lui semble.
Or l’organe élémentaire des plantes est un tout petit globule, si menu qu’il en faudrait pas mal de douzaines pour arriver à la grosseur d’une tête d’épingle. C’est vous dire que, sans microscope, il ne faut pas se promettre do le voir. Ce globule est creux, f ormé d’une délicate membrane close de partout, il ressemble à une outre, à un sac sans ouverture. Pour ce motif, on lui donne le nom de cellule. — Cellule, joli nom, comme j’aimerais à en trouver souvent. Il est français, il parle à l’esprit, il est doux à l’oreille. Rien n’empêcbait messieurs les savants de lui préférer du grec : pyxide, Ihèque, ascidie, kyste, ou autre chose de ce genre. Ils ne l’ont pas fait. Nous ne saurions trop leur en savoir gré. Employer un mot compris de tous pour eux en général est si lourd sacrifice.
La cellule est en quelque sorte le moellon de l’édifice végétal, puisque, empilée par myriades et myriades suivant ici ou tel ordre, elle forme toutes les parties de la plante.
MvS onr.ANKS KLÉMENTAIHES.
Le maçon extrait ses moellons de la carrière; la piaule fait les siens <ie tonie pièce avec la sève. Le premier esl conlenl de sa journée, s'il esl parvenu à tailler une demi-douzaine de moellons el à leur donner la forme nécessaire; la seconde a perdu son temps si, dans les vingt-quatre heures, elle n’a pas façonné quelques millions des siens. On n’ose ajouter loi à l’étourdissante prestesse des plantes pour créer des cellules et bâtir. Une feuille de Haricot, une seule, serait bien paresseuse, si dans une heure, à l’époque de sa croissance, elle ne faisait pas au moins deux mille cellules, aussitôt mises en place, groupées comme il convient. Et la Citrouille donc, combien en fait-elle de cellules, lorsque par jour elle augmente eu poids d’un kilogramme el plus? Un kilogramme de cellules, vous faites-vous une idée de la chose? Un kilogramme de points invisibles! Voulez-vous (1rs nombres? Soit. — Un botaniste, .lungius, parle d’un Champignon qui, en une seule nuit, parvint de la grosseur d’une noisette à celle d’une gourde. Apprenez en passant que les Champignons sont passés maîtres dans l’art de bâtir avec rapidité. De la dimension d’une cellule comparée à la grosseur acquise, .lungius conclut que le Champignon s’était accru de soixante-six millions de cellules par minute, ou d’un total de quarante-sept mille millions dans l’intervalle d’une nuit. Ah! mon pauvre maçon, qui remues cinq ou six pierres de taille par jour, (pie dis-tu de la prestesse de ce bâtisseur?
Huant à la manière dont se forment les cellules, on sait quelque chose, mais bien peu, je vous en avertis. Voyons
toujours ce quelque chose. Au sein de la sève, ce précieux liquide, sang des bourgeons, que nous avons vu suinter au printemps entre le bois et l’écorce; au sein de la sève fluide
sans trace aucune encore d organisation, d’abord une line poussière apparaît en traînées nuageuses. C’esl le premier pas vers la cellule. — H’où provient cette poussière? Comment s’est-elle formée dans un liquide aussi clair que de I eau ? — Mystère. — Maintenant la poussière s’amasse autour de centres d’attraction; elle se condense en noyaux isolés I un de 1 autre. Second pas vers la cellule. — Quelle impulsion a mis en branle les lins granules et les a fait accoler
en noyaux? — Mystère encore. — Sur chacun de ces noyaux, une ampoule s’élève. Graduellement elle se gonfle, elle déhorde son support et finit par l’englober. Le noyau n’est bientôt plus qu’un point enchâssé dans la paroi membraneuse. Troisième pas; la cellule est formée. — Savons-nous la raison qui fait ballonner ces ampoules? — Non; mystère toujours. — En ces ardues (pieslions des actes delà vie, inclinons-nous respectueusement sans espoir de comprendre.
Au moment où elles apparaissent dans la sève en travail.
Jeunes cellules avec leur noyau.
rÇfe>.
Il h c il
a, h, r, cellules avec leur forme normale; il, cellules déformées par leur pression mutuelle.
les cellules sont de petits sacs clos, formés d’une pellicule
LES ORGANES ÉLÉMENTAIRES
transparente. Kit principe, leur forme est ronde ou ovalaire. Mais elles n’ont pas toujours leurs coudées franches. Quand on liait par millions en une matinée, il faut se serrer un peu pour faire place aux autres. Pressées par leurs voisines, elles se déforment donc et se taillent à facettes pour occuper du mieux l’espace disputé. S’arrondir est diflieile avec la concurrence. L’angle doit s’ajuster avec l’angle; l’arête saillante, s’emhoiter dans le creux; les inégalités de l’une, •se faire un lit parmi les inégalités des autres. Dans les •sociétés humaines, chacun doit pareillement se plier aux droits des voisins. Ceux qui veulent s’arrondir coûte que •coûte, ont, quand la chose devient trop grave, deux ou trois phrases à leur intention dans le code pénal.
Quelquefois la cellule persiste dans son état initial; elle n’ajoute rien à la membrane gonflée en ampoule sur le noyau générateur. C’est le cas du Champignon. Il bâtit trop vite et dure trop peu pour se donner la peine de retoucher son travail. Plus fréquemment, la cellule se double à l’intérieur d’une nouvelle membrane tapissant la première, de même que nous adjoignons une doublure à l’étoffe de nos vêtements. Par surcroît de précaution, celte seconde membrane est parfois suivie d’une troisième, d’une quatrième, etc., toujours à l’intérieur; de sorte que la paroi cellulaire gagne en épaisseur par l’addition de nouvelles couches et que la cavité centrale se rétrécit d’autant, .le ne sache pas que, pour le luxe, la cellule ait jamais fait parler d elle. Ce n est pas un motif de la croire indifférente a l’art de s’embellir. Le beau est loi de nature. Mlle le sait trop
IIISTOir. I-: DE LA BUCHE.
bien pour no pas s’y conformer. On dirait qu’olle a dicté la modo au temps du nos vieux rois; du moins, avec ses enveloppes multiples, elle se fait un haut-de-cliausse bouffant et tailladé. Remarquons, en effet, que les enveloppes successives, à partir de la seconde, au lieu de s’étendre en toiles continues, sont fendues çà et là suivant des points, des traits irréguliers, ou même des lignes circulaires ou spirales d’un admirable dessin. Sur ces déchirures, la paroi est plus transparente puisque le sac extérieur n’y est doublé par rien; et de là résulte un pourpoint tailladé du meilleur effet. Tantôt la cellule se montre couverte de points arrondis ou de courtes raies transversales. Dans le premier cas, elle est dite ponctuée; dans le second, rayée. D’autres Ibis, elle est cerclée de bandelettes en forme d’anneaux, ce qui lui a
il b c il e
il. CpIIiiIp ponetnpp. — b, Ollnlp ravrp. — c, Cellule spiral?. — d, Ollulr annulaire. —
r, Cellulp rpticulpp.
valu le nom de cellule annulaire; ou bien doublée d’un (il en tire-bouchon, ce qui lui a valu l’appellation de cellule spirale. D’autres fois encore, elle est couverte de traits irréguliers qui simulent les mailles d un reseau. Dans ce cas, on l’appelle eçllule réticulée. Voilà bien des noms pour la toilette d’une cellule. Comme ils sont taciles a retenir, je n’ai pas regret de vous les avoir dits.
j>0li,» s’accommoder aux fonctions diverses qu’elles ont a remplir, les cellules perdent par-ci par-là leur forme ovoïde
'-originelle et en prennent une très-allongée. Ou bien encore ■ elles s’ajustent bout à boni en série, s’ouvrent aux ex 1 réunîtes pour communiquer entre elles, et constituent ainsi des canaux plus ou moins longs. De la deux nouveaux ..en res d’orffanes élémentaires : les fibres et les / insseimx. Les libres sont des cellules allongées qui vont en se rélré-
Fibres.
icissant aux extrémités à la manière d’un tuseau. Mies forment la majeure partie du bois. Homme les cellules ordinaires, dont elles ne sont qu’une variété, elles affectent diverses apparences provenant des déchirures de leurs couches internes tapissant la première membrane. Il y en a donc de rayées, de ponctuées, etc. Mais le trait le plus rc-
Fibres ponctuée*. Fibre du Pin.
marquable des libres, c’est leur tendance à empiler rapidement couche sur conclu' dans leur intérieur. Kl les y vont avec une telle ardeur que, toi ou tard, les assises surajoutées comblent, entièrement leur cavité centrale. Mal leur en prend, car, dans cet état replet, elles sont Irappees de mort. Pour vivre, les libres, comme les cellules, du reste, ont besoin d’avoir l’estomac libre; elles ont besoin d une
Il ! ST 01 R K UE LA RUCHE.
cavité où la sève transpire et se renouvelle pour les humecter, les vivifier. Dès que cette espèce d’estomac est obstrué, bourré de matières solides, la mort s’ensuit. Ce n’est pas assez pour les fibres de s’épaissir en mettant doublure sur doublure; elles se 'tyjjFar pénètrent encore de principes colorants, section transversale elles s’encroûtent de matières minérales,
d'un faisceau de
îreMeurTrnùëhës elles s’imprègnent surtout d’une substance
successives. , , , , , . • 17
remarquable appelée le ligneux. Vous rappelez-vous ces grains durs que l’on rencontre dans la chair de certaines poires de mauvaise qualité? Vous rappelez-vous surtout le noyau de la pèche, cette rude coque inattaquable au couteau? Eh bien, ces grains durs et ce noyau sont du ligneux presque pur. Et maintenant figurez-vous ce que deviennent les fibres dont l’habitude .est de se gorger de cette matière i-ndigeste. Les malheureuses s’encroûtent, et une fois obstruées en plein, elles sont misés au rebut dans la ruche végétale. Mais si l’arbre n’en veut plus pour ses travaux, elles sont pour nous d’une grande utilité. Tant que leur cavité est libre, les fibres constituent l’aubier; quand elles sont encroûtées à mort, elles forment le cœur du Chêne, du Noyer, de l’Acajou, de l’Ebénier, enfin tous les bois durs recherchés pour nos usages. Le ligneux qui les engorge donne au bois sa dureté, sa résistance à la décomposition, ses propriétés de bon combustible. C’est lui qui, par sa plus grande proportion dans les bois durs que dans les bois tendres, dans le bois parfait que dans l’aubier, rend le Chêne préférable au
les <nt(.AM;s klkmknt.viuks.
«ir.
Saule pour le chauffage, et le cœur d’uu arbre préférable à sou aubier pour la menuiserie.
Pour conduire sous terre l’eau de nos fontaines, nous ajustons bout à bout un certain nombre de tuyaux plus ou ii moins courts. En cela nous imitons la plante qui, pour amener aux bourgeons l’humidité du sol, empile cellule •sur cellule et s’eu fait des canaux, ou, comme on dit en ! botanique, des vaisseaux. Dans ses attributions ordinaires,
; la cellule est close. Quand elle concourt à la formation d'un vaisseau, elle s’ouvre à ses i extrémités pour laisser le canal libre. Voici deux tronçons de vaisseaux entourés de quelques libres. Aux étranglements (pii les resserrent de distance en distance, on voit bien que ces deux vaisseaux résultent en effet d'un assemblage de cellules. L’un d’eux est rayé, l’autre est ponctué, absolument comme le sont les cellules ordinaires. D’autres fois tout étranglement s’efface, et sur le vaisseau, partout d’un égal calibre, il est impossible de retrouver la moindre ligne de démarcation entre les cellules constitutives. Tels sont les deux vaisseaux de la figure. Le premier est doublé intérieurement d’un réseau de mailles, il est réticulé; le second est fortifié de distance en distance par des
Vaisseau réticulé et vaisseau annulaire.
bandelettes en
Vaisseau rayé et vaisseau ponctué.
cerceau, il est annulaire. Nous avons déjà trouvé res deux apparences dans les cellules ordinaires, chose toute naturelle puisque le vaisseau dérive de la cellule.
Les vaisseaux ne se ramifient point el ne s'abouchent jamais l’un avec l’autre. Disséminés çà et là dans le bois, tantôt isolés, tantôt réunis par groupes, ils vont tout droit des racines aux feuilles sans émettre des tubes secondaires, sans communiquer entre eux. Leur longueur est indéfinie,
mais leur diamètre est généralement à peu près invisible.
Dans quelques espèces de bois pourtant, leur canal est perceptible à la vue simple. Sur une brandie de Chêne nettement coupée, par exemple, on distingue, surtout au voisinage de la ligne de jonction de deux zones consécutives de bois, une foule de très-petites ouvertures qui sont les milices d’autant de vaisseaux. Sur un rameau de Vigne bien sec, l’observation est encore plus facile. Le sarment est criblé d’orifices dans lesquels il serait possible d’engager un crin délié
Pour terminer
la série des organes élémentaires,
il me
Trachre.
rosie à vous citer les rameaux spiraux ou trachées, (à* sont des tubes doublés à l’intérieur d’une bandelette roulée eu spirale, comme des ressorts de bretelle. Les trachées ne se trouvent jamais dans le bois, si ce n’est au voisinage imi né< liai de la moelle ; mais elles sont très-fréquentes dans
LKS OKCANKS KLKMHNT.VIItKS. îl&
1rs Iruillrs cl dans les 11 cnrs. Déchire/ une leuille de llosier avec quelque précaution. Vous apercevrez cuire les deux
Fragment dû Iracliûu il va: la bainlclello spirale en pari n; ilénmlée.
I lambeaux de menus lils déliant en finesse ceux de la plus légère toile d’araignée. Ce sont les bandelettes des trachées ironipues tjui se déroulent sous la traction des doigts.
CONTENU DES CELLULES
Le papier et I;i cellulose. — I u habit célèbre. — Contenu îles vaisseaux. — Les libres encroûtées. — l'n ciment plus que romain. — Détestable manie de quelques cellules. — Contenu des cellules. — Le problème des conserves alimentaires. — Métamorphoses de la fécule. — Iji malice du tubercule. — In bonhomie de la châtaigne.
— Le grain de blé qui fait du sucre. — Science de l'homme et science de la plante.
— Les provisions empoisonnées. — Les merveilles de la pâtée d'un bourgeon.
S’il nous était permis tl ouMitT un moment notre histoire de h bûche, ce serait une bien belle chose à vous raconte?
CO. MUNI! I)K S CELLLLKS.
|j ne la fabrication du papier. Quelques mois, sans plus, à o sujet. La bûche ici n’est pas étrangère. — Des haillons ilbjeets sont ramassés. Il y en a de ramassés parmi les immondices de la rue, il y en a de maculés d’impuretés aans nom. Lu triage esl (ait. Ceux-ci pour h* papier lin, ceux-là pour le papier grossier. On les lessive et rudement; Is eu ont besoin. Maintenant des machines s’en eniparenl. Des grillés d’acier les déchirent, les cisaillent, les mâchent ‘I les mettent en menus lambeaux. Des roues les reprennent ; dles les mâchent encore, «0 les les triturent dans l’eau, elles es réduisent en purée. La bouillie esl grise; il faut la blanhir. Alors interviennent de violentes drogues qui allèrent tout ce qu’elles louchent, et en moins de rien le foui blanc comme neige. Voilà la pâte épurée à point. D’autres machines l’étalent en minces couches surd.es tamis. L’eau s’égoutte et la purée de chiffons se prend en feutre. Des cylindres pressent ce feutre, d’autres le dessèchent, lui donnent du poli. Le papier est fait.
Avant d’ètre papier, la matière première était chiffon, qui, lui-mèmeest lambeau de linge hors d’usage. Ce linge, avant d’être mis au rebut, à combien d’usages n’a-l-il pas servi, et quels traitements énergiques n’a-t-il pas subis? Lessivages avec la cendre corrosive, contact avec l’àcreté du savon, coups de battoir, exposition au sp-Jcil, à l’air, à la pluie. Quelle est donc celle matière qui résiste aux brutalités de la lessive, du savon, du soleil et de l’air; qui demeure intacte au sein de la pourriture; qui brave les machines et les drogues de la papeterie, et sort de ces épreuves
ON
lUSTOllii: IJE la IJUClIi:.
toujours (tins soupir, [dus blanche, pour devenir enfin une leuille de papier, de ce beau papier saline, confident de nos pensées? — Eh bien, la matière du papier est précisément celle dont esl fait le sac de la cellule végétale. Cellules, libres et vaisseaux, sont composés d’une substance identiquement la même dans toutes les plantes. La science lui a donné le nom de cellulose , en l’honneur de la cellule. Ce n’est que justice. La libre et le vaisseau auraient mauvaise grâce à s’en formaliser; ils ont eux-mêmes débuté par l’état de cellule. A moins de renier leur origine, ce qu’ils ne feront pas, bien entendu, ils doivent accepter pour leur substance la belle dénomination de cellulose,' qui rappelle leur parenté. Le coton en bourre, la filasse du chanvre et du lin, sont de la cellulose plus ou moins accompagnée de matières étrangères qui masquent sa belle couleur blanche. Cette bourre et cette filasse sont converties en tissus eu passant par les métiers de l’industrie; puis, quand le linge est usé, elles deviennent du papier par une dernière métamorphose. Mais alors la cellulose, qui a subi en roule tant d’épurations énergiques, est débarrassée de toute matière étrangère. Le papier est donc de la cellulose pure. Je ne veux pas dire que la cellule, la libre et le vaisseau, aient un habit de papier comme certain Cadet Kousselle, dont vous connaissez apparemment les faits et gestes; le papier esl trop dispendieux, ne serait-il employé qu’en doublure comme dans l’habit célébré dans la chanson, .t'entends seulement que leur paroi est formée d’une mince couche de la même matière qui, plus tard, sera du papier lorsqu’elle
CONTENU DLS LLLLULLS. '.)!)
mira subi les traitements de l'industrie. Voilà pour Je sac. H oyons le contenu.
Les vaisseaux ne contiennent que de l’eau et de l’air. Destinés à porter aux bourgeons l’humidité du sol, ils no s’obstruent qu’à la dernière extrémité, lorsque le bois déjà s’altère. Le bois parlait, depuis longtemps hors d’usage dans l’économie végétale, en possède encore avec leur canal libre. (Jue font-ils alors? — 11 serait difficile de le dire. Gomme des vaillants dont l’âge ne peut amortir l’activité, ils protestent peut-être contre le relâchement des organes voisins, sinon parmi travail sérieux, du moins par un semblant d’occupation. Ils font ce qu’ils peuvent, ils prêchent d’exemple. (Jue leur demander de plus, à eux, les vétérans qui ont vu naître l’arbre, et, après l’avoir amené à sa prospérité actuelle, luttent encore contre la caducité?
Les libres ont un autre rôle : celui de consolider l’édilice végétal. Elles n’y manquent pas. J)e bonne heure, elles s'imprégnent, d’un ciment tenace, elles s'encroûtent de celle matière dure que je vous ai lait connaître sous le nom de ligneux. Comment former un bloc inébranlable à moins de s'encroûter? Vous saurez un jour combien il est difficile d’ébranler la masse populaire pour la faire sort i i de l’ornière de la routine et la mettre dans la grande voie de l’amélioration. C’est qu'elle est terriblement encroûtée, voyez-vous, non de ligneux, mais hélas! de sottise, ciment plus que romain. Mille et mille généreux leviers travaillent a remuer le bloc; cela s’y connaît à peine. Sous peu, votre tour viendra; vous serez appelés à la mameuvre du levier.
IIISTOIHE DE LA DUCHE.
Soyez bénis si vos efforts détachent une parcelle de la stupide croûte. — Mon rapprochement est inexact, je me hâte de le dire à l’honneur de la plante. La masse populaire encroûtée de sottise et la masse des libres cimentée de ligneux, ont Tune et l’autre une grande puissance d’inertie; mais la première a tort, elle est pour le progrès; la seconde
a raison, son destin est de faire du bois tenace. Laissons donc la libre se bourrer en paix de ligneux.
A la cellule reviennent d’autres devoirs, ce qui ne l’empèchc pas de s’adonner parfois au régime minéralisateur du ligneux. C’est elle, qui, incrustée de la dure matière, forme comme dos grains de sable dans la chair de certaines poires; c’est elle aussi qui bâtit la coque indomptable de l’abricot et de la pèche. Doit-elle se crépir de ligneux pour arriver à des choses aussi dures! Volontiers on lui passe le noyau; elle s’endurcit pour défendre la graine. Mais dans quel bu! sème-t-elle du gravier dans la chair des poires? À moins que ce ne soit pour nous donner le mérite de civiliser le Poirier par la culture et de lui faire produire, à force de soins, des poires sans grains de sable. Dans ce cas, la malicieuse nous ménage une rude besogne, vous le verrez plus tard. Tm général cependant la cellule s’abstient de ligneux. Elle se conserve les lianes souples pour préparer et emmagasiner dans sa cavité une foule de matières, car elle est avant tout
la manufacturière de la plante.
Ouelques cellules contiennent uniquement de l’air, par exemple, les cellules de la vieille écorce de Sureau ; d’autres sont gonflées d’un liquide à peine différent de l’eau pure.
CONTENU DES CELLULES
loi
1 y ni ;i qui renferment des vernis résineux (le Pin), des jouîmes (le Cerisier), des jus acerbes (le raisin vert), d’acres lia il, âges (l’écorce du Figuier), des sirops doux connue miel la figue), des poudres farineuses (la pomme de terre), des .aromates (l’écorce d’orange), dos gouttelettes d’huile (la noix, l’olive), des poisons atroces (certains champignons), des granules verts (toutes les feuilles), des matières colorantes rouges, bleues, jaunes, etc., (les fleurs), etc., etc. On ni trouve encore avec des cristaux, ici d’une excessive finesse et groupés en paquets d’aiguilles, là en tablettes confusément empilées, ailleurs amassés en miroitante tète lie chou-fleur. Tous ces matériaux si divers de composition, d’aspect, de propriétés, n’arrivent pas du dehors déjà pré-
a, Cellule île l'Arum avec groupes de cristaux en forme de paquets d'aiguilles. — h, Les mêmes cristaux grossis. — c. Cellules de Betterave. La cellule centrale renferme un groupe de cristaux en tablettes.
parés, lisse forment, dans les cellules avec la sève qui suinte à travers la membrane du sac. Sucre, acide, résine, huile, essence, gomme, fa ri ne, poison, tout piovient du merveilleux liquide.
Or, de tous les matériaux élaborés dans les poches cellulaires, le plus remarquable osl la [renie. Itctenez bien ce
insToim-: riE la buciif.
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mol ; il on vau I la peine, vous allez voir. — In des grands soucis do la marine, on ses longs voyages, est la conservation dos vivres, matières éminemment altérables. Des galet les particulières, dos biscuits minces, affreusement durs, remplacent notre pain. Ne pas confondre les biscuits de la marine avec ceux du pâtissier, bo robuste estomac du matelot no se contenterait pas d’une friandise de serins. Les viandes sont salées ou fumées; les légumes sont desséchés, comprimés et mis dans des boites de fer-blanc hermétiquement closes. C’est égal : tôt ou lard les biscuits se moisissent, le lard rancit, les viandes se corrompent, les légumes s'altèrent, et, à la suite d’une alimentation malsaine, les maladies déciment l'équipage. Il est douteux que de longtemps on parvienne à remplacer les salaisons parties préparations meilleures. — Le problème des conserves alimentaires s’est présenté pour la plante comme pour la marine, avec celte différence que la plante l’a résolu tout d’abord d’inspiration, tandis que la marine le cherche encore, sans espoir peutêtre d’en venir à bout. Dés bourgeons émigrent, ils entreprennent des voyages au long cours pour fonder des établissements nouveaux. Il leur faut des vivres emmagasinés dans les tubercules et les bulbes. Ces vivres doivent être inaltérables; ils doivent pouvoir supporter l’humide et le sec, le chaud et le froid, sans rancir, sans moisir, sans attirer les vers. La science humaine, pour sa part, a reculé devant un tel programme; la science de la plante a surmonté admirablement la difficulté. Pour éviter les vers, elle a imaginé un aliment qui, n’ayant ni odeur, ni saveur, ne peut lesattirer;
CONTIENT DES CELLULES
l, pour pins de sûreté, elle l’assaisonne parfois de liquides acerbes ou même de poison. Pour éviter le moisi, elle l’a loué d’une résistance incomparable à i’Immidité; pour ‘viter le rance, elle l’a lait indifférent à l’action de l’air.
Vous comprendrez mieux toutes les garanties de conservation présentées par cette substance alimentaire, si je vous Idis qu’elle est la proche parente de la cellulose, du papier. Proche parente bien sur, car elle se compose absolument les mêmes principes que la cellulose; le mode de préparation seul diffère. Cet aliment est la fécule. Vous connaissez l’amidon, cette belle matière blanche avec laquelle se fait l’empois qui sert à donner de la consistance au linge. L’amidon est de la fécule pure, de la fécule extraite par l’industrie du grain des céréales. Mettez-en un peu sur la langue; il n’a aucune saveur. Laissez-en séjourner dans de l’eau froide; il s’y conserve intact. Abaudonnez-le à l’air; aucune altération ne s’en suivra. Le papier, je vous le répète, n’est pas plus résistant.
Ce doit être, à votre avis, une triste ressource alimentaire pour les bourgeons que celte poudre dépourvue de saveur. Autant vaudrait se nourrir de papier. — J’ep conviens, en l’état où elle est, la fécule n’est pas alimentaire, mais elle a de curieux privilèges. Parmi revirement incompréhensible, sans rien gagner, sans rien perdre, par un simple tour de main de cuisine, elle devient... devinez quoi? elle devient du sucre, non le sucre en pain que vous connaissez, mais un autre ressemblant à du miel. fhiand
vous croquez une dragée, et j’ai la persuasion que vous
l’estimez à sa valeur, quand vous croquez une dragée, savez-vous ce que vous mangez? Une pâte de fécule et de sucre de fécule. Je ne parle pas de l’amande centrale, étrangère à la question. Qu’en dites-vous? N’y a-t-il pas pour les bourgeons de quoi se lccher les babines quand la fécule leur est servie sous forme de tartine de miel? — L’homme, le grand mangeur qui exploite de toute façon la plante et l’animal, ne pouvait manquer de tirer parti de la merveilleuse métamorphose. Bouillie avec de l’eau, la fécule se change en empois, matière déjà susceptible de se dissoudre. Or si pendant l’ébullition on ajoute un peu d’un liquide infernal appelé huile de vitriol, l’empois devient sirop, devient sucre. C’est ainsi que se prépare le sucre de fécule des dragées. Il va sans dire que, une lois formé, on le débarrasse de l’huile de vitriol qui a servi à le faire. — Cette méthode n’est pas la seule qui transforme la fécule, l ue pomme de terre crue est immangeable; c’est même chose malsaine, car, pour garantir ses provisions des ravages des vers, le tubercule a soin de les assaisonner de poison, comme l’on saupoudre de chaux les raisins trop près do la route pour empêcher les passants d’y toucher. Cuite, elle est excellente. Que s’est-il donc passé? La chaleur a détruit le peu de matière vénéneuse; de plus, elle a converti en sucre une partie de la fécule. Maintenant le tubercule est, comme la dragée, un mélange de farine et de sirop. J’en dirai autant de la châtaigne. Crue, elle ne vaut pas grand’chose. A la rigueur, cependant, on peut la manger, car elle n’a pas eu l’égoïste précaution d’ompoi-
CONTENU DES CELLULES
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ronner sa fécule. Aussi 1rs insectes la rongent volontiers, midis qu’ils respectent la pomme de terre soupçonneuse, lie lui taisons pas un crime de son caractère bonasse, lomment dînerait le Charançon, lui qui 11e connaît pas les r essources du feu et de l'huile de vitriol pour dompter les natières vénéneuses, si tous les réservoirs à fécule s'armaient de poison à l'exemple de la pomme de terre? Nous reviendrons un jour sur le compte de celle-ci; et, quand ous connaîtrez toutes ses malices, vous verrez si la châtaigne ne mérite pas mieux notre estime, .le n’aime pas ces '-eus qui, regorgeant de vivres, ont toujours souci de pâtir. Us s’entourent de murailles avec couronnement de tessons Ile bouteille pour empêcher qu’une poire ne manque à leur
le joyeux Merle qui vient leur emprunter une sorbe.
jardin; ils reçoivent à coups de fusil le joyeux Merle qui vient leur emprunter une sorbe; pour mettre dans leurs
greniers une poignée de I >!<’“ de plus, ils tordraient U» cou à Ions les petits oiseaux du bon Dieu. Le sang s’allumera il vite ici; revenons à la châtaigne. Grue, à peine est-elle mangeable; cuite, on ne peut larir en éloges sur son compte. Je m’en rapporte pleinement à voire appréciation. Encore transformai ion de la fécule eu sucre par la
chaleur.
Est-il nécessaire de vous dire que la piaule n’emploie aucune de ees deux méthodes? Que voulez-vous qu’elle aille cuisiner sa fécule parle feu ou l’huile de vitriol? Le procédé est trop brutal. Elle a mieux que tout cela. — Mettez du blé dans une soucoupe et tenez-le humide. En quelques jours, le blé germera. Eli bien, lorsque la pointe verte des jeunes pousses commence à se montrer, si vous prenez un grain vous le trouvez tout ramolli. 11 s’écrase sous le doigt <‘l laisse écouler une espèce de lait d’une saveur Irès-douce. Pour allaiter la petite plante, la fécule est devenue sucre, tout doucettement, sans feu, sans huile de vitriol. Comment cela? Je l’ignore. Ici toute science de bon aloi dit modestement : Je ne sais pas. Il est entré dans les desseins de l’éternelle sagesse qu’à un moment donné, la fécule, matière aride, non nutritive, dépourvue de saveur, devint un lait bien doux, fluide, nourrissant; et cela se fait. Quand vous serez grands, si vous trouvez une raison meilleure, obligezmoi de me l’apprendre. J’attends.
Partout où il y a un germe destiné à se développer seul, il y a de la fécule en réserve. Il y en a dans le grain, il y en a dans le lmlbille, il y en a dans le bulbe, il y en a dans le
CONTENT DES CELLULES
tubercule. Toujours, an rnomonl do l'éveil du germe, col le I fécule se transforme eu sucre, qui, dissous dans de l’eau, ipénètre dans la jeune piaule et la nourrit. Avec ce sucre, ules cellules se font et des filtres et des vaisseaux. C’est d’autant plus facile, que ce sucre renferme juste ce que renfermait la fécule, contenant à son four juste ce que contient la cellulose. I n coup de pouce a suffi pour convertir en fécule ce qui devait être cellulose, et pour convertir finalement en sucre ce qui était fécule. Un coup de ponce en sens inverse va amener une métamorphose rétrograde. Le sucre va devenir fécule s’il le faut; ou, ce qui est plus pressé, il va faire de la cellulose, il va faire du bois. — Ces transformations, si étrangères qu’elles vous paraissent, sont en partie réalisées par l’industrie humaine. Avec du bois, avec le pied de votre chaise, avec ce livre que vous lisez, avec votre mouchoir, si vous voulez le lui confier, la science peut faire du sucre. Elle emploie pour ce travail son affreuse huile de vitriol. Elle sait descendre de la cellulose au sucre; mais, par exemple, elle ne sa i t pas remonter du sucre à la cellulose, ha plante, jusqu’ici, n’a rien trahi de son procédé, il n’y a pas grand mal pour nous. Uuel avantage aurions-nous à convertir du sirop en un linge pour nous moucher? Pour la plante, c’est autre chose: il lui faut boire du sirop do fécule pour se faire du bois.
Réparons un oubli que j’allais commettre. Les provisions de léeule, vous ai-je dit, sont quelquefois empoisonnées pour être à I abri des ravages des insectes. Exemples: la Pomme
de terre, les tubercules de l’Arum, les racines du Manioc. Vous avez peut-être entendu parler de cette dernière plante. Sa racine farineuse est pour rhomme un poison épouvantable, et cependant en Amérique on en fait un pain excellent. On exprime fortement les racines réduites en pulpe avec la râpe. Le jus qui s’écoule entraîne le poison. Reste alors une matière inoffensive, riche en fécule et propre à faire du pain. Quant aux bourgeons, ils n’ont pas à se soucier du poison qui peut accompagner les vivres. Lorsque le moment est venu d’utiliser la fécule, la matière vénéneuse devient inoffensive, que dis-je? nutritive même. D’un poison faire un aliment est un jeu pour la plante. Vous avez déjà vu comment la chaleur seule améliore la Pomme de terre et fait un aliment irréprochable d’un tubercule imprégné de liquides malfaisants. La plante, lorsque besoin en est, fait à sa façon ce que nous faisons nous-mêmes avec la chaleur. Et puis, faut-il le dire sans plus tarder: une chose, poison pour l’animal, peut être inoffensive pour la plante. Pas mal do végétaux sont pénétrés de matières redoutables qui nous tueraient roide. S’en portent-ils plus mal? Mais non. Ils si* complaisent à ces poisons, ils en fabriquent tant qu’ils peuvent, ils n’en ont jamais assez. Rassurez-vous donc sur le compte des bourgeons approvisionnés avec de la cellule empoisonnée. C'est à nous à nous méfier de ces préparations, qui tuent l’animal sans nuire à la plante.
La fécule est amassée en nombreux pet i ts grains dans les cellules. Voici trois cellules de Pomme de terre avec leur
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[■contenu . Comment les trouvez-vous, les petites lioites à provisions? En ont-elles amassé des vivres? — Proposons-nous
Trois cellules tic Pomme de terre avec leurs grains de fécule.
i d’extraire la fécule de la Pomme de terre. Il suffit de dé- • cliircr les cellules pour mettre les grains en liberté; puis de faire le triage. À cet effet, le tubercule est réduit en pulpe avec une râpe. On dispose cette pulpe sur une linge au-dessus d’un grand verre et l’on arrose avec un filet d’eau tout en remuant. Les grains sortis des cellules déchirées sont entraînés par l’eau à travers les mailles du linge; la pulpe, trop grossière, reste sur le filtre. Vous avez maintenant un plein verre d’eau trouble. Mais regardez au grand jour, l ue foule de petits points d’un blanc satiné descendent comme neige et se déposent au fond. Dans quelques instants, le dépôt est opéré. Vous pouvez alors jeter 1 eau et il vous reste une matière pulvérulente d’un beau blanc, (l'est la fécule.
Les grains de fécule sont d’une excessive finesse. Les plus volumineux sont ceux de la Pomme de terre. Il en
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Il ISTOlttK |)K LA lïl'CHK.
faudrait mil t*int| liante environ pour remplir un millimètre culte. Ceux du Blé sont bien moindres : dix mille sufli-
Grains de rëcu le de l’ois ; n, à l’élal ser ; h, à l'état vert. 11. Graines de fécule du Maïs; a, à l’état iscc; b, à l'état vert.
raient à peine pour faire un millimètre cube. Ceux du Maïs devraient être au nombre de soixante-quatre mille pour
occuper le même espace; ceux de la graine de Betterave, au nombre de dix millions. Voici, tels que les montre le microscope, quelques grains de fécule de la Bouline de terre.
N’oubliez pas que la ligure les reproduit énormément
le - amPli,lé*- dépendant ce»
tour duquel les feuillets des mains se sont déposés. grains si menus sont tres-
nunplitpiés. Chacun débute par un point autour duquel un