I.’Insecle est IA, ardent à la curée, infatigable
jeu, contre leur mission d’assainissement. La Moisissure et le Ver voient les choses d'en liant, ils sont les mandataires
(te la Providence; nous les voyons de noire point de vue étroit, personnel. Aussi, rarement sommes-nous d'accord. — Quelle leçon rapporterons-nous du pot de confiture? — l ne bien grande. Lorsque des mains de Pieu tomba la Moisissure, l'intime plante cellulaire, au risque de contrarier les mamans en gâtant leurs compotes, avait à remplir une grande mission, la mission d’assainir en restituant à la vie les éléments de la mort. Ne vous adressez donc jamais 'celte sotte question : à quoi bon telle chose? Avons-nous la prunelle assez clairvoyante pour sonder les desseins de la Création? Qui oserait supprimer la moindre des bêtes, la moindre des plantes, lorsque le Maître à tous ne les a pas jugées indignes de son regard! Défendons-nous, mais ne maudissons pas.
Voila ce que nous dit un pot de confitures Un scrupule me vient. — N'abuserez- vous pas do la loi d’assainissement? Sous prétexte de faire rentrer, dans le plus bref délai, la matière morte dans la circulation de la vie, ne tricherezvous pas la maman? En cachette, ne puiserez-vous pas au pot déconfitures? — Si cela était, vous commettriez laide chose; vous deviendriez le Ver goulu, la Moisissure sans délicatesse, dont l(> métier est de se jeter brutalement sur les provisions. Fi! quelle besogne indigne de vous! .l’en ai assez dit. Vous attendrez la distribution de la maman.
Sur une tranche de Melon pourrie, une Moisissure n’a rien de séduisant. C’est un misérable duvet auquel on dédaigné d’accorder un regard, et cependant, dans l’abjection de bordure, des merveilles végètent. Examiné au micros-
eope, co duvet devient une forêt d’arbustes étranges, dont la puissance créatrice semble s’être complu à varier les •‘légalités formes. Les figures ci-après reproduisent quelques Moisissures. S’il fallait les figurer toutes, le livre entier n’y suffirait pas. Celui qui voudrait s’adonner à l’étude de ces végétaux, en aurait pour sa vie entière; et encore laisserait-il à ses successeurs beaucoup plus à faire qu’il n’aurait fait lui-même. Dans le monde de l’inliniment petit, le nombre supplée à la taille. Le Chêne est représenté par une douzaine d’espèces, la Moisissure est innombrable en espèces. Kilo a tant à faire et elle est si petite! Contentons-nous des Moisissures ici représentées. N’est-il pas vrai qu’avec un seul élément, la cellule, elles savent revêtir de gracieuses formes? Des guirlandes de perles, des panaches, des pompons; en voilà du luxe pour des vidangeuses! La nature a ses préférences. Elle a un faible pour les petits. Quand elle, économise sur la matière, elle se l’attrape sur l’élégance. Si j’étais méchant, je suivrais les traditions et vous citerais en latin une belle pensée d’un célèbre botaniste. Je ne le ferai pas, préférant le français. Ah! parlez-nous français, messieurs de la science, parlez-nous la langue de nos pères, et réservez pour de rares adeptes le gérondif et le supin en u. La grande rénovatrice, la Moisissure du temps, n’at-elle pas fait justice do la sava niasse citation latine? La pensée du vieil auteur, la voici : Les plus petites choses sont les plus admirables.
Passons rapidement sur les ouvriers cellulaires qui travaillent en grand : sur les Lichens, qui s’attachent aux
Formes diverses des Moisissures.
HISTOIHE DE I.A BUCHE.
pierres el les corrodent pour en faire <le la terre végétale;
sur les Mousses, qui exploitent les écorees; sur 1rs gros Champignons, qui dissèquent le bois mort. L’espace nous manque pour une revue plus complète. Bornons-nous à quelques exemples du défrichement hygiénique par les végétaux cellulaires. — Et d’abord quel est celui-ci? — C’est u n Champignon de bas étage à qui est échue la mission de purger la Terre des cadavres des guêpes. 11 ne sait faire que cela, mais, en revanche, il le fait bien. Yoyez-le à l’œuvre sur la bestiole morte. Comme il la suce, comme il la met à sec! Dans peu de jours, la matière du cadavre sera redevenue matière d’être vivant.
Et cet autre? — Encore une spécialité. Les confitures el les guêpes ne sont pas son affaire. Il n’en veut qu’aux plumes de corbeau. Auriez-vous jamais soupçonné qu’une pauvre petite plume détachée de la poitrine du corbeau, quand celui-ci se peigne du bec au haut du Hêtre, fût pour la Terre, la Terre immense, une souil-
Un Champignon qui purge la Terre des cadavres de guêpe.
Y MG K TAU \ CKLLl LAIllKS.
mre dont l’hygiène générale rct laiiiat la prompte dispari- I ion ? Cria est pourtant, car voilà un ouvrier, encore un Champignon, expressément créé cl mis au moinh* pour •n débarrasser le sol et la purifier au creuset de la vie. dieu n’échappe à la grande police sanitaire. Des travailleurs spéciaux sont préposés à la disparition des cadavres le guêpe et des plumes de corbeau. Je vous laisse à oenser alors quelle armée de balayeurs exige l’ensemble Iles immondices.
La mission d’assainissement est tellement prise au vif, pie les végétaux cellulaires ne distinguent pas toujours le mort du vivant. Dans une chaude bagarre, il y a des horions échangés qui ne vont pas à leur adresse. L’ami tape sur ’a ni i, croyant taper sur l’ennemi. Par malheur, cette excuse mi n’est pas valable. Il y a, en effet, de nombreux démo-
•landits cellulaires travaillant à la Les mêmes vus au microscope,
ruine d’une feuille de ronce.
lisseurs à cellules qui s’attaquent uniquement aux plantes en vie. Nos récoltes mêmes ne sont pas épargnées. Loin de
II1ST0IHK I)E LA lU CIIK.
là, elles sont leur but de prédilection. Je n'entreprendrai pas de les disculper de leurs rapines, ce serait impossible; mais je vous rappellerai quelques mots dits plus haut : « Avons-nous la prunelle assez perspicace pour juger de l'ensemble des choses? Défendons-nous, mais ne maudissons pas. »
Après ces précautions oratoires, traduisons les coupables à la barre (b* noire justice, trop intéressée pour être clair-
charbon «lu lit.'. Charbon de l'Avoine. Charbon de l'Orge.
vovanle. Kn voici un, page 120, qui recouvre de petites ladies noires une feuille de Douce. (Iliaque tache est un groupe île bandits cellulaires qui travaillent à la ruinede la feuille. I .a ligure vous les montre grossis au microscope. Leur panse