ECCXXXIV CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
on en tuait; écrit-il, plus ceux qui restaient redoublaïent leur furie et leur courage jusqu'à embrasser le canon n (1). Ce succès était aussitôt annoncé à Dumerbion.
« Nous voilà maîtres de ln plus forte redoute des ennemis, redoute À triples retranchements, défendue par deux pièces de 3, deux fusils de rempart et 2.000 hommes, dont la plus grande partie Autrichiens... (2)». 11 y a là une exagération en ce qui concerne la valeur défensive de la redoute, mais l'évaluation des forces ennemies est exacte.
Masséna appréciait justement l'importance de son suceès, la rupture du centre ennemi forçait tout le reste de la ligne à se replier, car en continuant son mouvement il tombait sur les derrières du rassemblement de col Ardente et lui coupait sa ligne de retraite.
A 11 heures, Masséna apprend que Fiorella a été repoussé avec perte ; à ce moment il n'a plus d'ennemi devant lui ; sur sx droite se trouve le russemblement de col Ardente dont on distingue le point d'appui de droite, constitué par une redoute à la cime del Bosco. Masséna se décide alors, avant de continuer sa marche sur la Brigue, à enlever cet ouvrage qui menace la droite ; quelques tirailleurs suivent vers le nord les Piémontais en déroute. Cette résolu tion était très grave ; nous nous rappelons en effet que Lebrun ne devait attaquer qu'au cas où Masséna apparaîtrait sur les hauteurs de la Brigue ; toute notre gauche allait donc être immobilisée.
Dumerbion était averti de la modification que l'échec de Fiorella mpportait nu plan primitif.
Masséna à Dumerbion, 14 heures, 27 avril (AM)
« Aprés la prise de la grande redoute et des trois eamps destinés À la soutenir, j'aurais cru que le chef de brigade Fiorella aurait pris la hauteur de Tunarello, ce qui aurait nécessité l'évacuation du grand camp, mais ayant été repoussé quoiqu'il n'eût à faire qu'à des forces inférieures, je suis obligé d'attaquer une redouté qui protège son grand camp sur la droite. Cette opération pourra sup pléer à celle de Fiorella. Alors le grand camp sera à nous ; en attendant j'ai posté sur les pentes de la rive gauche de la Brigue quelques troupes qui inquiéteat leur retraits. Tu vois par Ià que je suis obligé de différer pour un moment ma marche sur Snorge, je l'instruirai da résultat de l'opération qui m'occupe dans ce moment. La redoute des ennemis est sur des rochers dont les intervalles sont
1) Journal du régiment des gardes, page 170. Au sujet du courage de latine le
que, voir également la lettre écrite de Fossana, page 413. 12) Mssséna à Damerbion, 27 avril, page 337.