LXXII CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
Cette derniére nouvelle surtout inspirait dé grandes inquiétudes ; l'archidue cherchait la destination de ces armes ; ce ne pouvait étre pour la troupe puisqu'elle était armée, ni pour les « niçards w qui en avaient en grand nombre; par conséquent ces fusils étaient résornés « à armer, dés que les Français auraient pénétré, une masse de paysans génois ou piémontais ». La situation paraissait assez sérieuse à de Vins pour renforccr la position de Saorge et envoyer le général Golli faire la reconnaissanee de cette partie de Is frontière,
L'archidue insistait donc avec la plus grande énergie auprès de son gouvernement pour qu'au moins les renforts annoncés se rendissént sans délai en Italie; non seulement il était nécessaire qué ln troupe « fût réunie et prête & se mouvoir aussitôt, selon les cireonslances qui dépendaient, pour le moment, plus d'un instaut de crise
de révolution dans le Génois que de la saison » (1); mais surtout il importait de détruire les bruits qui s'étaient répandus daus toute Ja péninsule et y avaient jeté « du doute et de l'inquiétude ». Un bataillon ayant passé par Innsbruek, on avait cru que l'empereur renonçait à s'inquiéter de l'Italie, À toux les points dé vue, l'effet de cet mesure était regrettable au moment où l'on engageñit des négociations avec le Piémont touchant la question des magasins et l'entrée des troupes autrichiennes sur son territoire.
Contrairement à ce que l'on semblait prévoir, l'Autriche obtennit ces deux points sans la moindre difficulté. Après en avoir conféré verbalement avec M, d'Hauteville, M. de Gherardini lui remet tait, lé 25 février, conformément aux ordres reçus de Thugut (2), une noté où il rquérait le Piémont de fournir à l'armée autrichienne dans les villes « de Tortone, Acqui, Alexandrie ct autres lieux où cela paraîteait convenable » (3), les emplacements nécessaires à ln création des magasins destinés à nourrir le corps autrichien dont il était question dans la lettre de l'empereur,
L'annonce de la formation de ce corps faisait croire un moment à la cour de Turin que l'empereur « s'oceupait sérieusement des moyens de ne pas laisser péaêtrer les Français en Italie » (4). Le 22, où iguorait encore la force dé ce détachement, mais comme M. de Rossy avait parlé dans sa correspondance de l'envoi d'un renfort de quatre b: ons et de 2.000 Croates, d'Hauteville ne enchaït pas combien il jugeait ee renfort insuffisant: « Si la cour de Vienne ne fait pas défiler des forces plus considérables que
{1} Archidue à l'empereur, 35 féveler. Supplément, page 27. 4) Thugat à Gherardini, 6 février.
(3) Gherardini à d'Hauteville, 26 février, page 28.
14) D'Hauteville à de Frout, #2 février.