CDXX CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
venait de voir l'armée du général Golli détruite et découragée : que la place de Conti pouvait se prendre avec un coup de main, et n'était pas encore en état de défense, particulièrement dans deux endroits qu'il marquerait : qu'à T'urip, on n'attendait que le mouvement des patriotes pour se soulever, et que tout était prêt pour seconder leurs démarches el agir de concert ».
Cette lettre avait été snisie, et à la suite des arrestations qu'elle avait amendes, on avait pu se rendre compte du plan général des conjurés et les distinguer en rois classes :
à La première, conduite en grande partie pur le susdit Chuntel, était chargée de la direction politique du plan, et devait livrer le pays à l'ennemi pour être ensuite mise à la tête du nouveau régime français.
« Lu seconde, destinée à l'exécution des mesures et dés violences nécessaires, dévait avoir pour chef le secrétaire du bureau des affaires étrangères, Dufour, qui passait [pour être) d'intelligence avec la première.
« La troisième était composée de coquins pusillanimes qui, sans oser se montrer, attendaient en silence l'arrivée de l'ennemi pour profiter du trouble et du désordre,
« Il avait êté concerté par Chantel et ses compagnons que le feu aurait été mis au grand magasin à foin qui est dans l'intérieur de la ville, à côté de la citadelle, vers la porte Susine, afin que la fumée pôt être remarquée sur les hauteurs de Suse, oecupées par l'ennemi ; qu'on aurait aussi incendié quelques théâtres pour oceuper et diviser la garnison ; que dans le même temps un gros corps de conjurés aurait foncé sur la garde et se serait emparé de l'arsenal où ils s'étaient déjà ménagé des intelligences avec des artilleurs gagnés à cel effet, et qu'il se sérait porté ensuite aux prisons pour délivrer les malfaiteurs » (1).
Le parti révolutionnaire piémontais n’hésitait donc pas à faire appel à l'Mtranger au moment où il était‘du devoir de tout citoyen de se serrer contre son gouvernement pour le repousser; et, avec une juste tristesse, le roi pouvait dire au corps diplomatique a qu'il était bien cruel de ne pas avoir seulement les Français à. craindre, mais d'être obligé de se défier de ses sujets et de Ua fidélité de sa capitale qu'il pouvait réellement dire qu'on marchail sur tine mine » (2),
Bientôt on se rendait maître du mouvement; le 3x, l'archidue
(} Gherardini à Thogut, +8 mai, page bp.
12) Gherardini à Thugul, 31 mai, page Btt