COXLVIII CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
Le 18, Masséna ordonnait au général Laharpe de faire répandre le plus possible sa proclamation dans les villages circonvoisins de la vallée de Garessio (1); toutefois il n'en obtenait pas le résultat attendu, comme il le constatait le 22. « La proclamation du roi sarde fait une si grande sensation, écrivait-il, qu'elle a intimidé les habitants au point que les femmes se portent dans les retranchements pour encourager leurs maris » (2). Ilrésultait de cet état de choses des escarmouches continuelles sur lesquelles nous som mes très mal renseignés. Laharpe et Saint-Hilnire étant Lombés malades, Masséna se rendait à Garessio le 19, afia d'aller reconnaitre le 20 la gorge de Ceva (3). « Là, il était tous les jours en course ettichait de voir tout par lui-même ».
Les rassemblements piémontais, autant que l'on en peut juger par les débris de correspondance que nous possédons, étaient réunis en deux points l'un à Frabos« sous les ordres ilu chevaliér dé Saluces, l'autre à Pamparato. Dans la journée du 20 il se produisait une escarmouche où le détachement de Frabosa prétend avoir fait reculer nos postes avancés après un combat de trois heures ; mais, les bandes de paysans qui devaient attaquer par le col de Pamparato ayant fait défaut, il était forcé de se replier à son tour (4). Masséna estimait ce rassemblement à 150 hommes de troupes de ligne et à 300 ou 400 barbets ; leur hardiessé était poussée au point de venir Fusiller au posté de Casolto « nos gens jusque dans leurs baraques ». Pour s’en débarrasser, dans la nuit du 20 au »r, il faisait exécuter un coup de main sur leur garde avancée ; elle était surprise et pers dait quarante prisonniers, tous de milice, à l'exception d'un homme de troupe de ligne, avec six morts.et cinq blessés; nous n'éprouvions aucune perte, Masséna espérait que cette leçon les cal: merait, mais il n'eu était rien. « Tous les villages depuis Gevx jusqu'à Mondovi étaient sous les armes » (2), ot dans la journée du 25 il se produisait une nouvelle attaque de la part des Piémontais ; elle dut être assez sérieuse puisque Masséna renforçait dans la journée le poste de Gasotto par quatre compugnies du 30 bataile lon de la 46*; le #2 à 4 heures du matin, le 3° bataillon des Hautes-Alpes partait de Ponte di Nava pour se rendre à Garessio, où venaient également deux pièces de canon (5); et le méme jour,
(1) Mnssèna à Laharpe, 1X mai, page 517.
(2) Masséna à Dumerblon, 33 mai, page 545.
6) Masséna à Dumerbion, r mal, page 047.
{4i Chevalier de Saluces, 20 mai, page 53, 46) Masséo {ordres}, 2x mai, pagé So.
CbL CAMPAGNE DE L'ARMÉE: D'ITALIE EN 1794
quand il serait dans le cas d'agir, correspondre avec lui ». Massétia avait Ja plus grande confiance dans l'adjudunt général Vahire sur qui il pouvait o se reposer » (1); il adoptait son opinion et lt trans= mettait au général en chef. En altendanut su décision, il arrètait de rappeler à Garessio le général François avec un bataillon de la 5ûe et la compagnie d'éclaireurs. En remettant le commandement au plus ancien chef de bataillon, François devait non seulement lui transmettre toutes les instructions reçues, mais encore lui faire connaître « le plan qu'il aurait projeté à la fonte des neiges, en lui indiquant d'une manière claire et positive Les postes qu'il se proposait d'occuper », M avertirait de son départ le général Macquand, et recommandérait au commandant du posté d'avoir un soin partis culiér à lier sa correspondance avec Macquard et avec Pijon (2).
De nouveaux renseignements avaient modifié dans la journée du 22 ceux que l'on avait précédemment sur Ceva ; ectte place était bien loin d'être dégarnie, comme l'avaient prétendu les déserteurs et un premier espion ; « l'on avait eu des nouvelles certaines que ce fort était dans la meilleure défense éttrés bien pourvu d'artil: lerie », Au sujet du rassemblement signalé vers Cairo, on n'avait encore aueun rapport de l'adjudant général Bertholosi ; sue la gauche Masséna était sans inquiétude. « Pijon « quatre bataillons avec fui, éérivnilil, et les neiges, barrière impénétrable, me tranquillisent sur cette partie +. Un seul point méritait son attention: Garessio ; et « les fameuses positions que nous tenions nous ouvraient les routes de Cova et de Mondovi quand il en serait temps s (3).
Masséna vrdonnait donc à Fiorélla dans ln journée du 22 de rejeter les Piémontais. Nous ignorons en quoi consista exaetement ectte escarmouche. Nous savons seulement que tous les postés furent repris; au dernier, les Piémontais avaient opposé une certaine résistance ; d'après Fiorella, il y aurait eu sur ce point # trois compagnies de grenndiers, une de la légion et une de milices » (4).« Jamais on n'avait vu un combat plus opiniâtre etile ee genre, plusieurs s'étaient pris aux cheveux : un autre avait dt tué à coups de crosse » (5). Nos pertes s'élevaicnt à trois tués let deux blessés; celles de l'ennemi, à vingt morts,
L'apparition de troupes de ligne était assez importante à signalers
{1} Masséna à Dumerbion, 18 mai, page 517.
{21 Mnssèna (ordres), 22 mai, page 547.
(3) Masséma à Dumerbion, x1 mai, pages 545-540. (4) Fiorella à Massëns, 22 mai, page 548.
(5) Massèua & Dumerbion, 24 mai, page 555.