‹ Histoire de la campagne de 1794 en ItalieChapitre 181 sur 204 · CDLXXIT CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN · texte numérisé non relu

CDLXXIT CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN

Bonaparte avait té dominante dans l'établissement du plan de campagne. Le colonel Krebs a admis au contraire, que dès ln fin de mai, il avait été rédigé par l'adjudant général Clausade, et il ajoute duns une note : « La nécessité du siège de Demont, comme préliminaire de celui de Coni, base des deux projets rédigés par Bonaparte, y est nettement démontrée par un raisonnement très rigoureux, Clausade prévoit en outre la rédaction d'une série de mémoires traitant de toutes les manœuvres à exécuter, jusques et y compris le siège de Turin, des mouvements à effectuer au éas où les Autrichiens se porteraient sur Gênes ou Snvoné, d'un déploie: ment éventuel le long du littoral. Ces mémoires n'ont pas été retrouvés ; mais on conçoit qu'ils ont été établis soit par Clausade soit, comme pour l'expédition de Demont, pur le général Bonaparte, soit par d'autres officiers » (1).

On étudiera plus loin ce document pour rechercher l'influence qu'il a pu exercer; en tout eas, un fait est certain : à l'assemblée de Colmars, l'avis de Clausade n'a pas été demandé, et cet officier n'était pas présent, puisque nous savons par une lettre de Dumerbion que Chabran accompagnait Bonaparte. Peut-être même le général en chef n'avait-il pas été consulté ; en tout cas il ignorait ce qui serait décidé ; car en en informant Massènu, il se con tente de le prévenir qu'il ÿ a une réunion à Colmars entre les représentants des deux armées et le général Bonaparte, sans lui en indiquer le but(2). Le capitaine Colin a réfuté à notre avis sans réplique l'hypothèse du colonel Krebs en se basant sur les lettres de Laporte du 3 et du & juin.

On remarquera, dit-il, « qu'il s'agit toujours de ce plan considéré comme un tout complet, sans rien qui puisse faire supposer que c'est une partie d'une série plus étendue, De plus, non seulement il dit que « Bonaparte l'a rédigé »; ce qui permettrait de penser qu'il « pu se borner à détailler des idées fournies par un autre, maïs Laporte dit formellement : « {e plan de Bonaparte » ; el quand il s'agit de proposer une modification il dit : « consultez cet officier. général, montrez-lui ma lettre »; « il faut que Bonaparte soit énstrait » (3).

Après des expressions si nettes il semble qu'il ne peut exister le moindre iloute: seul Bonnparte a exercé de l'influence sur les repré= sentants,

{1} Krebs et Moris, page 142.

{21 Dumerbion à Masséns, 21 mai, page 83, {3} Collin, Education militaire de Nepoléan, page 279.

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