CDXC CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
demande quelle aurait pu être l'influence d'un corps de 3.000 hommes sur une armée de 25.000 à 40.000 hommes débouchant brusquement entre Coni et Mondovi, comme Masséna lé demandera dans toutes ses lettres. En admettant que ce corps eût alors risqué cetto attaque, qu'il n'avait osé tenter au commencement du mois dans des circonstances plas favorables, c'était courir pour Jui au devant d'une défaite certaine. Deux ponts, à Cardo (1) età Villefranche, assuraient la retraite sur la rive gauche du Pô. Eu prévision d'une retraite sur Saluces, le dépôt de munitions de Racconigi était transporté à Carignan, et le magasin de Villafalletto, à Ville» franche, Carmagnola, Carigan.
Ea terminant, le roi indiquait nettement à Colli quelles étaient ses intentions : « Mon but et mes efforts tendent à couvrir le plus longtemps possible ln plaine du Piémont, sans risquer d'un autre côté que, par une défaite ou une déroute, je ne sois plus à méme, dans un cas de malheur, de jeter une garnison dans Turin w (2).
Le même jour, un nouveau rapport de Martinel informait Colli que les forces françaises qui lui étaient opposées, étaient bien plus considérables qu'on ne l'avait admis jusque-là; il évaluait la colonne de droite (Masséna) à 14.000, celle de gauche dans la vallée de la Tinée à 11.000 et celle du centre(Tende}à 13.448. En outreon sigoulait un renforcement de ln colonne du centre par des troupes tirées de Nice et l'apparition de la cavalerie,
Martinel insistait sur l'importance du corps appartenant à l'ar= mée des Alpes dont parlait le rapport du 11; il était évident qu'il devait agir de concert avec l'armée d'Italie etqu'il avait occupé les Barricades dans ee but.
Après avoir mentionné les bruits qui avaient cours et d'après lesquels l'armée française portée à 180.000 hommes « forte de sa masse etsoutenue pur les nombreux partisans qu'elle devait trouver en deçà des monts », tenterait la conquête de l'Italie; il eoneluait « qu'il fallait s'attendre à une attaque prochaine et sérieuse. La grande supériorité des forces de l'ennemi, les têtes de ses colonnes rapprochées de nous & uné marche de distance, leurs positions qui les méllént en mesuré de nous attaquer quand ils voudront, sa cavalerie surtout qu'on fait avancer dans un pays dépourvu defourrages prouvent que le moment approche où nous le verrons tout à coup sortir de sa léthargie apparente ». À la vérité, l'artillerie lui manquait encore, « mais on ne voyait pus, ajoutait-il, qu'elle lui fâtabsolument
(1) Colli (ordre), 5 juin, page 044.
(a) Le roi de Sardaigne à Golli, 36 juin, pages 692-699.