CDLXXXVIII CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
tainemént fait naître des doutes dans l'esprit de Colli sur la con duite à tenir ; il avait dû les exprimer dans un rapport en date du ÿ et demander des explications. Si l'on rapproche cette date de celle du bulletin où Martinel exposait la situation et les intentions de forces françaises avec tant d'exactitude, il semble que e8 dernier a exercé une grande influence sur les déterminations prises à Turin,
Pour le Piémont, il s'agissait avant tout de conserver son armée, Le 4, le principal but était de soutenir Mondovi et Ceva ; le 11, au contraire, on revenait au plan d'occuper Saluces,
# Il ost bon que je vons prévienne, lui répondait le roi,.qué mon intention est toujours que vous alliez au camp de Saluces quand l'occasion s'en présentera, c'est & dire lorsque, par la fonte des neiges, nous aurons l'ennemi à craindre par les vallées, ou lorsqu'il menacera de vous attaquer dans la position actuelle où vous ne devez pas l'attendre » (1).
Ainsi la seule menace de l'ennemi suffisait pour faire opérer la retraite.
Coni serait abandonné à ses propres forces, le corps de d’ Argene teau «se soutiendrait dans sa position s ; forcé, il se replierait par Cherasco.
Le 11 juin, le corps de d'Argonteau ne s'élevait qu'à 2.5go fusils et 4o7 chevaux (2); afin de le renforcer, un bataillon d'Asti allait le rejoindre au Mondovi avee denx pièces de 8 qu'il avait deman= dées (3).
La position du général d'Argenteau, demeuré seul en pointe au milieu des forces françaises, était trés aventurée; il en sentait tout le danger et, en écrivant au roï, il lui marquait « qu'il croyait que sitôt que le Bourg serait abnndonné, l'ennemi s'avancerait dans Ia plaine, non pour assiéger Coni, mais pour l'entourer au Mondovi:. qu'il pensait qu'il serait coupé » (4).
En lui transmettant l'ordre du roi du 11 (5), Colli l'avait invité à « se former uné réserve du bataillon d'Asü, dés chasseurs de Canal et d'un peu de cavalerie et de tâcher, en se repliant, de gagner Coni et le camp de Saluces ». Ce conseil était trés sage, mais cette réserve était insuffisante, comme l'observait d'Argenteau; il crayait avoir Ü-000 à 7.000 hommes en Face dé lui à Battifollo, et il montrait que son poste n'était pas partout défendable (61.
{1) Le roi à Colli, rt jnin, page 674.
(2) Argentens, heares du soir, page 654.
{31 Colli (ordre), 1 page 678.
6) Argentean, 13 juin, page 678.
15) Colli à Argente: 3 juin, 686.
16) Argenteau, 14 juin, page 487.