D CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
acceptée : que foules les conquêtes quelconques qu'on fera sur la France du côté de l'Htalie seront rendues à la paix, maïs qu'il sera demandé en échange une somme considérable d'argent pour indemnité de frais de la querre du côté de l'Italie et que celle somme tournera an profit des deux cours par portion égale n. Le reste de la note répétait les propres termes du ministre, mais pour donner plus de poids à ses paroles, M. d'Albarey montrait en terminant les dangers que l'invasion des Français faisait courir au Piémont, et combien il était urgent de fournir le secours réclamé à l'article 3.
« A l'appui de ce qui est dit au numéro $ ci-dessus, S, E. M. le baron de Thugut est prié d'observer que, s'il réussit à l'ennemi de descendre dans ln plaine, ét qu'on ne puisse le repousser avant là fin de Incampagne dens les montagnes, il trouvera des moyens de subsistance pour s'y fixer l'hiver, ce qui sera sans doute fatal pour le Piémont, la Lombardie et pour toute l'Italie, et que, par contre, en le tenant dans les gorges des montagnes, non seulement on est sûr qu'il ne peut y passer l'hiver, mais qu'il est forcé dé finir In enmpagne deux mois plus tôt et repasser les Alpes s'il ne veut s'exposer à y périr. Les dernières nouvelles qui portent que les Français, après avoir réussi à forcer lés Piémontais & quitter le Saint-Bernard et se replier sur Aoste, rétrogradaient faute de sub sistances, peuvent servir de preuve à ce qu'on avance dans cette observation » (1).
La négociation s'engagenit sur ces propositions ; M. d'Albarey en espérait les plus heureux résultats. Thugut ait affirmé : « 1° que par le premier courrier passé on avaît écrit 4 S. A. R. l'archidue à Milan d'appuyer décidément » l'armée piémontaise & dé toutes les forces qu'il pourrait, avec la seule condition », men: tionnée dans la lettre précédente, 4 de ne pas trop morceler les troupes pour avoir toujours, en cas de malheur, un corps dé réserve qui pôt servir à rallier le reste ».
2 Que des renforts étaient envoyés en Italie, mais qu'on était gêné pour faire mouvoir l'armée tant qu'on n'aurait pas pris quel= que position sur le territoire dé Gênes capable de couvrir la Lombardie « dé Façon que les Français ne pussent plus venir ni para Bocchelta ni par Acqui ».
Pour expliquer le retard que les troupes nutrichiennes mettaient à entrer en action, Thogut trouvait un prétexte ingénieux ; la déci= sion du pui, suivant qu'il adopterait l'une ou l'autre des propos
{ii Note remise à Thugut le 15 mai
pit CAMPAGNE DE L'AHMÉE D'ITALIE, EN 4706 Sa Majesté ou à se refaire dés frais, il fallait bien qu'ils allassent de
Le 23 mai était signée la convention de Valenciennes L'article ver répétait les deux conditions mises par l'empereur 4 toute aide de sa part ; l'article à fixuit In fu d'août comme le terme où les deux cours adopteraient l'une d'elles, Les urticles 3, 4 et 5 traitaiont la question militaire.
d Article 3: Le roi s'engage à faire les plus grands effortsret à faire agir contre l'ennemi commun le plus grand nombre de trot pes possible, en usant de toutes ses facultés et de tous ses moyens ; Su Majesté impériale emploiern de son côté en Italie des forces aussi considérables, que la grande étendue des opérations du eûté de l'Allemagne et des Pays-Bas, ainsi que les besoins de ses Etats pourront le permettre, indépendamment du corps de ses troupes, qui, dès le commencement de la guerre, a été attaché à l'armée du roi, et auquel Sa Majesté sarde fera éontinuer les différentes fourni turés dont précédemment dans le temps lon est convenu,
« Article 4. Les deux armées agiront de concert et de bon accord dans les opérations lant défensives qu'offensives contre l'ennemi commun, suivant que les circonstances l'exigeront et, conformément, aux plans formés par et d'après l'avis des généraux,
« Article 5. La conservation etla défense du Piémont étant du plus pressant intérêt, les deux armées y concourront efficacement, en se combinant sur les mesures les plus propres à empêcher que l'en nemi n'y pénètre ou ne vienne à s'y établir; il est convenu quell'armée de Sa Majesté sarde sera spécialement chargée de défendre les montagnes el les différents passages tant du côté des Alpes qué dir côté de la Comtée de Nice; que le corps d'armée de Sa Majesté impé= riale ne sera point éparpillé, mais se tiendra toujours rassemblé dé maniëre à former une réserve propre à agir avec forces, otärattaquer conjointement avecles troupes de Sn Majesté sarde l'ennemi dunsle
aurait porcé en Piémont; etque le même corps d'armée de Sa Majesté impériale commencera par les opérations quelconques nécessaires pour mettre l'ennemi dans l'impossibilité de faire des progrès ultérieurs dans la Rivière de Gênes, en pourvoyant ainsi solidement à la sûreté du Milannis, avant de se porter dans le Piémont » (2).
Par Unrticle 6, le commandement de toutes les troupes était confié au général de Vins, y compris eelles du corps du Milanais, «tant
{x) Albarey à Hauteville, 19 mai.
{x} Convention de Valenciennes, 24 mai, Solar, Il, 50.