CXX CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
faites par l'artillerie, On vent ainsi empêcher le trafic des pièces d'armes par les mauvais citoyens qui les brisent pour les vendre en détail (1}.
Tant que les neiges couvraient les montagnes, elles nous interdisaient tout mouvement offensif; jusqu'aux premiers jours de février, cet obstacle avait rassuré les Piémontais sur la probabilité d'une attaque ; mais la saison « étant toujours extrnordinairement belle et douce », les rapports commençaient vers le 12 février, à devenir fort alarmants ; ils portaient « que les passages étaient presque entièrement débarrassés de neige » (2).
Les Français n'allaient-ils pas profiter de cette occasion ? on signalait de forts rassemblements à Breil et on leur prétait l'intention d'attaquer Saorge sur trois colonnes.
Le 15 février, M, de Girola mandait de Gênes : a On a également appris de Nice que le nombre de troupes rassemblées à Villefranche, Monaco, Menton avait été porté à 30.000 hommes, que l'on y attendait d'un moment à l'autre Robespierre jeune avec le plan des opérations que l'on devait entreprendre et que trois navires étaient arrivés à Villefranche chargés de matériel du génie pour faire de nouvelles routés n (3).
Le 22 février, on savait à Gênes « que Robespierre jeune était arrivé à Nice avec le plan d'opérations à exécuter par l'armée commandée par un certain général André Masséna s. L'effeeuif des troupes montait à 22.000 hommes, et des barques chargées de poudre et de munitions de gros calibres étaient entrées dans le port (4).
Sur un seul point ces rapports étaient inexacts ; Robespierre jeune n'était pas porteur du plan d'opérations; mais son noin suffisait pour indiquer que du moment où il se trouvait quelque part l'on passerait bientôt à l’action.
Ces divers renseignements étaient certainement venus à la connaissance du général Dellera; en prévision d'une attaque qui pouvait s'effectuer d'un moment à l'autre, il avait demandé des renforts.
Afin de lui venir en aide, de le scconder, on lui adjoignait Revel comme chef d'état-major et on lui envoyait deux régiments de ren-
{1} Arrêté, 33 mars, page 140.
12) Gherandini à Thugut. 13 février, page 26. 13) Girola à Thagut, 15 février. Traduction, (4) Girols à Thugut, 12 février. Traduction,