‹ Histoire de la campagne de 1794 en ItalieChapitre 33 sur 204 · CXL CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN · texte numérisé non relu

CXL CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN

dernier moment ils ont parfaitement rempli leur rôle, apprécié sainement la situation ; on ne peut que louer l'activité de Revelen qui du reste de Vins avait pleine confiance (1). Il nous est donc impos sible de souscrire à l'appréciation suivante : « Sa correspondance [de Dellera] dénote un caractère ordinaire, discipliné, dépourvu de toute initiative, et telle qu'en devait avoir un officier vieilli, dans l'observance minutieuse des petits détails du métier militaire de cette époque pendant de longues années de paix » (2). Dn reste la surveillance de ces détails dont on parle souvent avee dédain ne constitue-t-elle pas une partie du rôle d’un brigadier ? là où elle manque ne voit-on pas bientôt l'ensemble se désagrèger ?

Le 5 avril, bien que l'on n’eût plus aucun doute sur la certitude de l'invasion et sur la direction de l'attagne (3), de Vins ne se décidait pas encore à donner un ordre de mouvement aux troupes restées en quartiers d'hiver ; il se contentait d'inviter & g heures du soir le général Colli à partir le plus 1ôt possible pour aller prendre le commandement des troupes placées dans le comté de Nice (4).

Dans ces derniers temps, on avait soigneusement évité du côté français de donner l'éveil à l'ennemi par ln moindre affaire d'avantpostés.

Les rapports des déserteurs tenaient le commandement français exactement au courant : ils indiquaient que l'ennemi n'avait pas rèqu dé renfort, Le 4 avril, on distingnait bien dix à douxe tentes au Fourcoin(5},mais au dernier moment, l'interrogatoire de quatre déserteurs venus des divers eamps ennemis procurait une idée assez exacte de la situation du côté piémontais et prouvait que les craintes des représentants au sujet de l'arrivée des Autrichiens ne s'étaient pas réalisées. A les en croire, il n’y avait à Turin que des milices armées ; un seul bataillon était à Saorge, un bataillon de Courten et un de Peyer im Hof à Raus ; neuf pièces de canon et peu de monde aux Fourches ; loutes les nuits les troupes se tenaient sous les armes de crainte d'être attaguées, deux paysans étant venus avertir le 2 avril « que sous pou les Français devaient attaquer et passer sur le territoire de Gênes ; enfin les Autrichiens étaient encore en quartiers d'hiver (6). Ces renseignements, quoi-

(1) De Vins à Dellers, 10 mars, page 135, (2) Krebs et Morris, page 8.

43) Voir page LXXXIX,

14) StMarsan à Colli, 5 avril, page 188.

45) Damerbion au comité, 4 avril, page 183, 16} Demerbion au comité, 6 avril, page 190.

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