CXLIN CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
du Var et des Alpes-Maritimes, les grains dont elles auraient besoin (1) ; cette consommation exigeait par jour 5.000 quintaux, et on s'attendait à voir les besoins du Gard et de l'Hérault s'élever à 6.000. De Montpellier à Menton, on ne Fabriquait plas de pain qu'avec le blé livré par Haller ; en un mot on se trouvait en face de l'obligation de nourrir 600.000 âmes jusqu'à la prochaine récolte, Aussi, à la réception d'un arrété où le Comité de Salut public lui preserivait de puiser dans les départements la nourriture de l'armée, Haller démontrait-il l'impossibilité d'exécuter cette mesure. Avec le port de Gênes qui nous restait ouvert, il se déclarait capable de fournir à l'armée, mais, pour sauver le midi de la famine, il fallait s'adresser à taus les ports du Levant, payer comp= tant ot même avoir recours aux pavillons ennemis.
Le blé, achetéau prix exorhitant de 180 livres la charge, l'orge, de go à 110 livres la charge, était revendu au prix du maximum, l'un de 85 livres et l’autre de 25 ; l'État subissait donc une perte immense, la consommation journalière étant de 2.000 charges Les corsaires d'Oneille, dont les petits bâtiments rasaient facilement la côte, étaient en partie cause de l'élévation des prix; pour s'en débarrasser, Haller insistait sur la nécessité d'une expédition dirigée contre ce port. « Si nous enlevions Oneille et Loano, ce qui serait assurément chose facile, nous aurions toutes les denrées de 15 à 20 fr. meilleur marché, Les corsaires de ces deux repaires de brigands troublent la navigation des Génois d'une manière incroya= ble, ct ln République de Gênes est sur ce point d'une indifférence bien blämable » (2).
Cette invitation à un mouvement sur Oneille n'était pas nouvelle; dès le 15 janvier, Haller l'avait proposée, faisant valoir qu'outre l'avantage pécuniaire, on obtiendrait celui « de donner un peu d'occupation à nos troupes qui s'ennuyaient à ne ‘rien faire » (3).
La ruine dé notre marine à Toulon nous intérdisait de protéger nos convois, Le 16, en effet, apprenant que cinq navires marchands avaient été enlevés, Hallér renouvelait ses observations. Les nulo= rités « n'ont qu'un instant pour nous sauver tous, écrivait-il, s’il y a possibilité de sauver les départements. J'avais bien raison de me courroucer contre l'indifférence que l'on met à nous débats
La) Arrêté de Ricard, rt février, page 79.
42} Haller, note, 14 février, page 87.
(3) Halles aux représentants, 16 janvier (Gênes, 168, À E).