‹ Histoire de la campagne de 1794 en ItalieChapitre 39 sur 204 · L CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN · texte numérisé non relu

L CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN

Or, d'après les patriotes génois, tout devait pousser lo roi de Piémont à cetle entreprise qui, en mettant entre ses mains les défilés étroits du territoire de Vintimille, lui donnerait le moyen de barrer cette voie d'invasion, la seule qui fut praticable pendant l'hiver, et lui procurerait le temps de recevoir les renforts autrichiens. ls constillaient donc de faire occuper le plus promptement possible tous les passages et même Vintimille avant l'ennemi :« 1*pour faciliter par ce moyen l'entrée dans le Piémont ; 2° pour éparguer les troupes qu'il faudrait nécessairement exposer s'il était question de chasser les Piémontais dés postes qu'ils auraient occupés; enfin pour intimider l'oligarchie du gouvernement génois qui, toujours plus mal disposé contre les Français, est d'intelligence avec le roi sarde pour faire occuper ces postes, et qui ne cesse de faire perséeuter les patriotes » (1).

Cet avis concordait avec les idées des représentants ; bien que les mouvements de troupes signalés fussent faux, Saliceti en tirait un nouvel encouragement de devancer les Piémontais, un prétexte pour violer Le premier la neutralité génoise. Tout retard était favorable aux alliés puisque l'on savait dès le 11 février que le roi et l'empereur « voulaient absolument remuer l'Italie pour la défense du Piémont, du Milanais » et que la cour de Naples avait promis 18,000 hommes(2). Assuré de la pleine confiance du comité, Saliceti l'informait le 24 mars, qu'après s'être entendu avec les autres représentants, il avait jugé ses ordres inexécutables ; il aurait fallu quinze jours pour frêter les navires ; au contraire la voie de terre, tout en étant plus pénible, était plas prompte et plus sûre ; en con séquence, on avait décidé de l'adopter, d'ailleurs les circonstances étaient pressantes, < De concert avec les autorités de Gênes, les Piémontais devaient nous devancer en force dans Oneïlle et de là menacer de pénétrer dans le département des Alpes-Maritimes du côté de Vintimille ». Il jugeait même n'avoir pas le temps d'attendre les 6.000 hommes de l'armée des Alpes, Quant au général Hoche, on savait qu'il serait arrété dés son entrée à Nice, et l'on ignorait le moment où arriverait son successeur, nommé par le comité et totalement inconnu & l'armée. Pour le moment, ne vou- Tant pas laisser connaître le sécret du comité, Saliceti se bornait à écrire que le général Hoche rejoindrait l'armée (3).

La décision énergique des représentants leur fait le plus grand

11) Cette pièce n'est pas datée; elle est classée au 16 février aux archives de la guerre, mais il semble que la lettre de Saliceti du 34 mars y fait allusion.

{2} Cacault {extrait}, 11 février, page 84.

(3) Salieeti au comité, 24 mars, page 149.

Cu CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN 11794

vèrs Saorge et Milléfourehes et « il n'était plus question du camp que l'on voulait former entre Tortone et Alexandrie ». Ces derniers renseignements étaient inexacts, mais les rapports des prisonniers ient de les contrôler, et l'on savait que le corps du général Dellera n'avait pus été renforcé ; quand même le fait aurait été exact, il y avait là, une chance heureuse puisque l'intervalle entre les armées autrichienne et piémontaise était faiblement surveillé et que le flanc droit de nos colonnes n'était plus menacé par le camp de Tortone., Enfin Tilly annonçait l'arrivé d'un renfort de eavale” rie napolitaine et, d'après des avis venus de Livourne, il était question, la Corse soumise, de faire débarquer à Oneille un corps de 6.000 hommes, mis à la disposition des Anglais par le roi de Naples, de le réuninavec les Angluis et les émigrés de Toulon « afin d'y former entre Gênes et la France une barrière insurmontable » (1). I s'agissait donc de saisir l'occasion de tomber sur l'ennemi avant qu'il eût pris ses dispositions. Du reste, sous peu de jours, l'encadrement allait être terminé ; le 30, six demi-brigades étmient complètes, les douze bataillons tirés de Toulon rendus à leurs postes; et, bien qu'on n'eñt encore aucune nouvelle des renforts de l'armée des Alpes, on n'attendait plus que l'ordre de mar: cher (a}.Le 80, Hoche arrivait, conformément aux instructions du comité (3) il était aussitôt arrôté (4) et partait pour Paris sous l'escorte d'un officier de gendarmerie et de deux gendarmes (5), Le 20 mars, Petit Guillaume té nommé pour le remplacer, Heureusement, les représentants réparaient encore une fois les fautes du gouvernement ét prénaient, le 2 avril, l'arrêté suivant :

Les représentants du peuple envoyés par la Conveution nationale près l'armée d'Italie et dans les départements du Midi, délibérant sur les moyens de mettre à exécution l'arrêté du Comité de Salut public du 19 du mois passé,

Arrétent :

19 Une division de l'armée d'Italie dont la force sera de 18.000 à 20.000 hommesse portera par lerré en passant par le territoire de fa République de Gênes sur Oncille dontelle s'empurera ; l'armée désignée pour cette expédition sera suivie de l'artillerie nécessaire

(+) Tilly, sa mars (A E Gênes, page 168), Cetic même note transmettait l'avis venu de Lirourne en date du 19,

(2) Dumerbion à Boëchotte, 20 mars, page 158.

(3) Comité, 20 mars. Aulard,

(4) Arrêté des représentants, 30 mars, page 159.

(5) Dumerbion au comité, 3t mars, page 161: Robespierre à son frère, 5 avril, page 180.

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