CLXIV CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
Fond des vallées bien reposé, il ne trouve pour lui résister que des soldats « transis de froid, aceablés de fatigue qui ne sentent plus d'intérêt à se défendre » (1).
Défendre les vallées en occupant un étranglement n’était pas plus avantageux « car un examen plus attentif prouve presque toujours que ces défilés sont soumis à quelques hauteurs voisinés et qu'on peut les tourner par les contreforts ».
Restait Le parti d'attendre l'ennemi en plaine. D'aprés tous les ouvrages piémontais, les généraux autrichiens en auraient été par= tisans; nous ne pouvons trancher la question faute de documents, mais il est certain, comme son projet de plan le prouve, que le général de Vins y était absolument opposé. Pourtant l'auteur d'un mémoire sur Oneille s'exprime ainsi : « On dit que les généraux autrichiens se flattent de battre aisément les Français en plaine ; sans douter dé leurscience, je crains pourtant qu'ils ne puissent rester en défant ». Après avoir atteint l'Apennin, les Français acquerraient une hardiesse qui serait encore augmentée en voyaat du sommet de ces monts la proie immense que présente l'Htalie, et ne pourraient à moins de sentir les dangers de la retraite s'ils étaient vaincus; ils se convaincraient de la nécessité de vaincre ou de périr » et « leur attaque serait des plus terribles contre des troupes composées en grande partie de réserves où d'Allemands qui ne peuvent sentir autant d'intérêt à se défendre que Les Français à les attaquer » (2).
Tout autre aurait été le système de M. de Costa. Considérant que les contreforts des Alpes + convergent entre eux comme des rayons tendant de la circonférence au centre », il proposait d'établir « sur leur extrémité la ligne des postes de résistance ». Tout le passage où il explique les avantages de cette disposition nous semble être un modéle, « Cette ligne serait plus courte et par conséquent plus forte que sur les cols : chacun des postes qui la compose aurait de plus l'avantage d'être à cheval sur deux vallées. Tous devraient être mouvants et disposés de manière à sc renforcer mutuellement, au besoin en marchant par leur droite ou pur leur gauche, et pour cela des communications faciles devraient être établies de l'un à l'autre, La troupe retranchée sur des points si avantageux n'en serait pas moins libre de manœuvrer et d'agir au loin, mêmeoffon= sivement en remontant par les arêtes vers les grandes sommités. Ellé jouirait dans ces postes d'un climat tempéré et des choses
{1} Malnussenn, Joernal historique, pagés 4041. {2} Mémoire sur la défense d'Onville, pages 100-101,