‹ Histoire de la campagne de 1794 en ItalieChapitre 66 sur 204 · CUXVIII CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN · texte numérisé non relu

CUXVIII CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN

Le 14, les Piémontais nous faisaient voir quelques forces pour la premiére fois depuis le début de la campagne.

Le 13, le colonel de Bellegarde, commandant du camp de col Ardente, ayant été averti par un rapport inexact que nous avions seulement laissé Go hommes à Triora, prescrivait au capitaine Raybaudi d'aller s'en assurer avec environ 25 volontaires.

Ce poste était alors occupé par le 3 bataillon de la 118% qui repoussait facilement cette faible reconnaissance. Hammel fit soutenir la 118* par ses chasseurs et grenadiers et résolut d'utiliser l'occasion pour s'établir au Pellegrino. Nos troupes s'avancérent par le chemin qui, dé Triora, va sur le haut Tanaro en traversant la montagne ; elles repoussérent facilement la centurie de Roces Barbona dont une partie monta sur les hauteurs supérieures de Barbons, l'autre vint se placer le long d'une arête qui descend sur sa droite; de là, olle fusillait avec nous sans aucun résultat par suite de la distance, on ne lui répondait que pour l'amuser et avoir le temps d'enlever le campement resté sur place (1}. À l'arrivée de renforts nménés par le comte d'Agliann nos troupes se repliérent ; bien que sans objet la fusillade avait été fort vive, enr les munitions commençaient déjà à manquer, surtout au 3 bataille de la 118°, Les Piémontais auraient eu huit tués, les Françaïs un homme légèrement blessé.

Les forees ennemies avaient été évaluées à 5.000 ou B.000 hommes} afin de garder le Pellegrino et les postes environnants avec des forces suffisantes, Hammel laissait ses grenadiers et ses chasseurs au général François qui arrivait dans la soirée pour prendre le commandement de ce poste.

L'ordre de Masséna en date du 13 parvenait à Hammel à huit heures et demie du soir; il prenait aussitôt toutes les mesures nécessaires pour ea assurer l'exécution; il n'attendait que l'arrivée de la colonne de Lebrun pour mettre les troupes en marche sur Taggia et se rendre de sa personne à Oneille. En ce qui concernait sa position actuelle et celle de Lebrun, il se bornait à observer qu'il n'avait fait qu'exécuter les instructions au ordres particuliers qu'ils avaient reçus (2).

Conformément à l’ordre du 10, Fiorella, après avoir été relevé par Ja gg", avait été occuper le 12 Pizzo et Mezzaluna, ce poste n'avait pas été inquiété, maison y avait entendu l'attaque tentée lé 14

{1} Malaussens, Journal historique, page 20.

6) Hammel à Massèna, 14 avril, page 247.

Coxx CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN 1704

pouvaient fusiller Triora ; à son avis ce poste était très menacé d'après les attaques continuellés que l'ennemi dirigeait sur lui (1).

On verra plus loin combien cette évaluation de foncés élait exa= gérte. Bien que la dépêche du général François confirmät le projet d'attaque des Piémontais, Masséna ne jugeait pas à propos, à ln veille d’une opération capitale, de satisfaire à des demandes dont le résultat aurait été d'affaiblir son gros et de rendre douteux son sucois au point décisif.

Le 14, il avait été décidé de se porter avec 8.500 hommes sur le pont de Nava où l'on signalait des rassemblements très importants ; les représentants marchaient avec la colonne. L'insuccès complet du grand projet avait donc servi de leçon, l'on avait renoncé à fixer d'avance des mouvements, et l'on s'était réservé de prendre de nou= velles dispositions après avoir enlevé ce premier vhjeetif,

I semble du reste que les représentants hésitaient à continuer les opérations contre le Piémont, car le 14 avril ils ordonnaient à Haller de préparer des vivres pour une expédition maritime de 4.000 hommes el pour quatre mois (2). 11 était impossible de se procurer cette force ailleurs que dans le corps expéditionnaire, et une telle diminution le mettait dans l'impossibilité de poursuivre son offensive.

Masséna se bornait le 14 à informer Dumerbion que l'on mar-

chait sur Ponte de Nava ; il était plein de confiance dans le suc cès (3).

Les Piémontais, bien qu'avertis de l'invasion française el s'y attendant, n'en croyaient pas l'exécution si proche. Comme on le sait déjà, le 5 avril, le gouverneur de San Remo affirmait & la marquise de Dolcencqua que les Français u'attaqueraient pasipai leur territoire; ce propos était de suite répété à Revel,

Dans la journée, Dellera prenait ses dispositions en prévision d'une attaque, il envoyait l'ordre au commandant du à bataillon de Nice de se concentrer au Fourcoin ea laissant dés postes avancés sur les hauteurs de Dolecacqua et de Lenir des émissaires vers Vin= timille « dé manière à être averti à temps d'an mouvement si faible qu'il soit de l'ennemi » ; Revel retournait aux postes de Giove et de

{1) François à Massèns, 15 avril, page 253.

{a) Arrété des représontants, 14 avril, paie 245, 43) Massénx à Dumerbion, 14 avril, page 245.

Page 1