‹ Histoire de la campagne de 1794 en ItalieChapitre 69 sur 204 · CCXXVI CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN · texte numérisé non relu

CCXXVI CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN

Quant au major d'Auvare, il aurait été également à la T'anarda, ce que nous ne pouvons comprendre, mais n'aurait pu l'occupér à cause du mauvais Lemps. Il en rendait compte à Dellern et le prévenait € que ne pouvant réster aux hutles de l'Alp faute de bois, il se repliait uux granges de Nanan » (1).

On n'avait même pas pris la précaution, en battant en retraite (2}, de laisser des postes aux avenues des cols,

La dépêche de d'Auvare arrivait vers midi à Saorge ; à deux heures une lettre du commandant de la Brigue annonçait l'évacuation de Gol Ardente ; entre temps le détachement de Pigns entrait à Saorge à ane heure,

La situation devenait très grave pour le général Dellern ; à ln vérité, il ignorait encore si les Français étaient déjà en possession

en profitant de l'occasion pour « occuper les hauteurs ué, ils étaient en position de conper ln grande route dé Tende ». Dès lors, lecorps piémontais,vu son faible effecti it pour unique retraite le col de Fenestres et était obligé de sacrifier toute son artillerie et ses magasins. M. de Malaussena explique l'impos sibilité où l’on était de résister à l'est de Tende, « Les hauteurs de la Brigue perdues, celles qu'il fallait occuper pour couvrir ln grande route exigeaient ua nombre de troupes approchant de celles qui étaient dans le Comté ; les retirer précipitamment des positions pour courir à celles du devant de Tende était un parti extrême, sujet au plus grand inconvénient, l'ennemi étant à portée de les devancer ; s’il prenait la ligne à mesure qu'on l'abundonnait, il pouvait arriver qu'il leur coupât toute retraite » (3),

La résolution à adopter dépendait donc du parti suivi parles Français. Continueraient-ils ou non leur mouvement en avant? En outre le général Colli désigné pour prendre le commandement était, attendu d'un instant à l'autre, Ignorant ses intentions, Dellera lui laissait le soin d'adopter un plan de conduite ; il se bornait à ordonner aux troupes de remontér aux cols; d'Auvare devait employer tous les moyens pour arriver le g à Tanarda ; le capitaine Maulandi, qui s'était offert de lui-même, était chargé de régler les détails de l'opération ; « il emportait 5.000 livres, autant pour encourager les troupes que pour les fournir de ce dont elles pour= raient avoir besoin ».

Dans eette crise, Dellera se rendait parfaitement compte du péril

(1) Malausséns, Journal historique, page 15, 49) Maulandi, Relation, pages 140-141.

(3) Malausseun, Jonmal Aitiorigue, page 13.

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