CGLXXXVHT CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
L'on fera évacuer toutes les subsistances qui se trouvent en Piémont sur Piève et Oncille,
La division de Piémont tiendra à Garessio et à Ormea jusqu'au 8 floréal, à moins d'événements supérieurs.
Passé le 8 floréal, elle évacnera Garessio et Orméx, occupant les hauteurs qui maîtrisent le passage du Tanaro et protègent la droîte de la vallée d'Oneille.
Le général chargé de la retraite gardera le plus grand secret sur son évacuation qui ne sera connue de l'armée qu'au moment même. 11 fera observer la plus exacte discipline et veillera à ce que l'on se comporte bien avec les habitants auxquels il dira que notre retraite n'est que momentanée et les assurera du retour.
La division de Piémont fera faire des promenades militaires sur. le chemin de Mondovi et de Ceva, »
Certains historiens ayant considéré Robespierre jeune comme un des inspirateurs de la campagne de 1796, nous nous permettrons. quelques observations sur cet arrêté,
Quels avantages espérait-on obtenir de ce corps laissé à Garessio ? Ne devait-on pas connaître, après le combat de Ponte de Nava, l'état de faiblesse des forces piémontaises qui nous étaient opposées ?
Quel motif avait-on d'évacuer Garessio le jour fixé pour l'attaque ? Voulait-on se procurer ainsi un renfort ét profiter de la ligne intérieure pour concentrer à l'improviste ses forces sur la gauche? Mais alors il aurait fallu commencer le repliement au moins deux jours à l'avance en le masquant par une avant-garde ; autrement ce corps de troupes élait destiné à arriver au moment où tout serait lerminé,
Etait-ce crainte d'exposer ce corps et de le voir surpris et enlevé ? Il suffisait, surtout en pays de montagne, de pousser quelques détachements au loïn pour être averti à temps; l'on aurait ainsi évité aux troupes cet éternel mouvement de va-et-vient si propre à dégoûter le soldat, à le faire croire à l'irrésolution et à l'inenpacité de ses chefs.
Enfin que dire de eet épurpillement de forces à Lonno, Garessio, Ponte de Nava qui ne laissait que 3.000 hommes disponibles pour l'opération principale ? Tel était le résultat de viogt jours de manœuvre employés soi-disant À faire une diversion pour diminuer les forces de l'ennemi à Saorge, nu lieu de pousser sans relâche sur ce point presque dègarni, sans donner à l'adversaire le temps de se concentrer, Et nous avons vu combien leffroi avait été grand chez les Piémontais les 7 et 8 avril.
Masséna, avec son rude bon sens, avait apprécié les avantages
êcxc CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN 1794
d'a encôre aucune nouvelle de la marche de ln colonne du centre de l'armée entrée en Italie depuis la prise d'Oneille # (+). Celui du 14 contient la même mention, pourtant l'on sait que la colonne du éeutke est à Tanardo ét que celle de gauche « oceupe le Mont Go, l'Alpet en s'étendant du côté de Tanardo » (3), Et comme Leblanc à Mont Giove a demandé des renforts, le 1°? bataillon de la Loire se rend à Brouis, Dumerbion se déclare ineapalile de lui pro eurer d'autre appui. Si nous consultons l'état de situation di 20 avril (8), nous voyons qu'il y a alors 1.520 hommes à Breil, 4:85 à Brouis; il semble done que ce bataillon, Fort de 1 ,10% home més, aurait été mieux employé sur la rive gauche de la Roya,
Le 15, différentes dépêches venaient enfin tirer Dumerbion de son incertitude sur le sort du corps de Masséua ; mais elles ne lui donnaient aucu renseignementsur lés mouvements füturs, Robéspierre jeune se éonteutait de lui dire « qu'on allait renouer le plan des opérations que Massèna n'avait pas pu exééuter » (4), ce que Dumerbion expliquait en ces termes au comité : « La colonie du centre de la division de l'armée entrée en Italie, maîtresse des hau= teurs de Tanarda et de celles qui peuvent intercepter les communi* cations du Piémont avec la principauté d'Oneille, travaille à live sa ligne de défense avec celle de gauche » (6). Nous avouons né pas comprendre,
En écrivant à Masséna Dumerbion s'abstenait soigneusement de lui donner aucun ordre ; il se contentait de l'instruire des sucéts de Macquard ainsi que des escarmouches insiguifiantes livrées 4 ls Giandola et 4 l'Agnon le 13 et le 14 (4).
Le 17, on apprenait à Nice le mouvement sur Pont de Navi; pourtant on ne songeait nullement à le favoriser en mquiétant soïmême la droite ennemie : « Je suis persuadé que l'attaque de Pont de Nava réussira parfaitement, écrivait Dumerbion à Masséna, je le souhaité on we peut plus vivement et l'apprendrai avec grand plais sir » (6) et l'on attendait tranquillement des nouvelles, Le 19, arris vait l'avis de la prise d'Ormea ; en même temps Dumerbion était informé « qu'on se disposait à tourner Saorge et 4 couper la evm= munication de cette place avec celle de Coni » (7).
{1) Dumerbion au comité, 13 avril, page »40.
15) Dumerblon aù comité, 14 h
(3) Situation du 20 avril, page 373.
(4) Dumerbion à Masséna, 15 avril, page 252.
15) Dumerbion nu comité, 15 avril, page +59.
(6) Dummerbion à Masséna, 17 avril, page 367, (7) Dumerbion su comité, 19 avril, page 285,