CCLXXXVI CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
tout ». Ce passage est capital ; il nous prouve non seulement le peu d'influence de Dumerbion sur les événements, mais encore l'influence décisive des représentants. Toutefois on né saurait eonelure du mot, on dit, que Masséna n'a point été amené à prendre part à fa délibération ; il me parait que par l'expression, le représentant Robespierre ni mot, Massèna revendique énergiquement son droit de chef. En admettant même que Masséua ait reçu un plau tout fait, sans avoir été admis à faire valoir son opinion, il aurait encore le mérite primordial de l'exécution tactique; les faits de guerre sont d'une nature trop complexe pour se laisser déterminer à l'avance ; or, l'opération de Snorge à ét& dirigée entière ment par Masséna. En cus de revers toute la responsabilité serait rclombée sur lui ; il est dance juste que la gloire du succès lui en revienne tout entière.
Bien des hypothèses ont déji &18 émises sur l'explication de ce passage ; nous en présenterons une autre, Masséna écrit que ni lui ni Robespierre jeune n'ont encore renoncé à l'expédition de Saorge, né pourrait-on en conclure qu'un autre parti poussait à déboucher en Piémont et que Masséna et Robespierre s'y seraient opposés ? Une autre phrase de la lettre nous apprend que Robespierre et Saliceli (ici Masséna les nomme tous deux) croyaient que des renfurts avaient dit être envoyés à Oncille ; on se demandera de quelle utilité il aurait été pour une expédition contre Saorge de porter des renforts à Oneille A notre avis, le 20, jusqu'à 5 heures du soïr, lés opinions ont été partagées.
Massénu repoussait ensuite bien loin de lui le reproche d'avoir disséminé sa division ; il sentait bien qu'elle était trés dispersée, «mais on occupait une étendue de pays immense, et tous nos postes demandaient des forces considérables pour les garder ».
La route de Nava (clef du Piémont) exigeait 4,000 hommes $ il lui en restait donc 4.5où pour risquer le coup de main sur Ceva, Masséna ne se faisait aucune illusion sur le résultat de cette entrez prise, et il ne lui-nttribuait aucune importance. « Nous attendons tout de la terreur des ennemis pour qu'à notre approche ils évacuent cette place, 1 n'y a que la terreur que nos sans-culottes inspirent partout qui puisse nous faire prendre une place avec une nombreuse artillerie, n'ayant à leur opposer que deux piéces de 4 et deux obusiers. Mon intention n'est pas de faire un long séjour auprés de ce fort; après quelques coups tirés, nous les sommerons de se rendre ; si la peur les fait obéir, bien ; à défaut, nous retournerons à Garessio ; mais otre petite fanfuronnade doit se passer dans la nuit ».