CHAPITRE QUATORZIÈME
bataillons en colonnes d’attaque, soutenus par quatre bataillons, puis par la cavalerie de Hobe, et porta toute sa ligne en avant pour reprendre Limai. Son mouvement échoua : à gauche, ses deux colonnes donnèrent sur la division Hulot, qui les mit en désordre par une vive fusillade, au passage d’un ravin, et les rejeta sur leurs bataillons de soutien, qu’elles entraînèrent, A droite, Stengel fut repoussé par Vallin.
La nuit survenant empêcha Vichery de profiter de cet échec des Prussiens. Il les fit reculer, néanmoins, jusqu’à la hauteur du village de Bierges et de la pointe du bois de Rixensart.
Le combat, de ce côté, ne cessa qu’à onze heures.
Il s’était prolongé, à peu près aussi tard, sur la rive droite de la Dyle, sans donner aucun résultat, depuis que Grouchy en avait retiré le corps de Gérard pour le porter sur Limai. Habert, on l’a vu, venait alors d’enlever le faubourg de Wavre et débouchait sur la ville, par les deux ponts. 11 avait occupé des maisons adjacentes et s’y était maintenu quelques instants. Mais il avait reçu une blessure assez grave ; sa troupe avait été refoulée jusque dans le faubourg; l’ennemi avait de nouveau barricadé les ponts; et tout s’était borné ensuite à un feu d’artillerie et de mousqueterie, échangé des deux rives de la Dyle.
Le moulin de Bierges et Basse-Wavre avaient continué de résister.
Français et Prussiens bivaquèrent à portée de fusil les uns des autres,
La cavalerie de Hobe fut derrière le bois de Rixensart ; le détachement de Stengel dans ce bois; Stûlpnagel entre Stengel et Bierges, et dans ce village même, se reliant à la droite de Kemphen, qui avait sa gauche vers Wavre; le colonel Zepelin resta dans cette ville ; Luck y maintint une
WATERLOO
partie de sa division, laissa l’autre auprès, et un bataillon à Basse-Wavre.
Vandamme garda un détachement devant ce dernier point, sa gauche à hauteur du moulin de Bierges et la masse de son corps vis-à-vis de Wavre, occupant le faubourg.
Exelmans s’établit vers Sainte-Anne.
Le corps de Gérard, commandé maintenant par Vichery, resta devant Bierges et le bois de Bixensart, ayant en seconde ligne Pajol et Teste.
A minuit, Grouchy n’avait encore aucune nouvelle de la bataille livrée sur Mont-Saint-Jean.
Vers huit heures, le retentissement en avait faibli ; avant neuf, il avait cessé. Le vent, qui soufflait de l’ouest, n’apportait plus que le silence.
Thielmann n’était pas mieux instruit que son adversaire.