‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 120 sur 198 · CHAPITRE QUIiNZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUIiNZIÈME

ccrter une action commune, pour le jour même, contre Napoléon. Comme le proposa Gérard, il fallait donc se hâter d’aller passer la Dyle à Mousty pour se rapprocher de la masse de l’armée française, lier les communications, se mettre en rapport d’opérations avec elfe, en posi; tion d’aller la renforcer ou d’agir, s’il en était temps encore, si l’on ne pouvait davantage, afin de gêner, de retarder la réunion de Blücher avec "Wellington. Continuer la marche de Sart-lez-Walhain sur Wavre, c’était différer le moment où l’on serait à même d’atteindre ces résultats ; et, en pareille circonstance, tout délai était fâcheux. Grouchy s’y décida, cependant, par la raison, a-t-il dit, qu’il croyait les Prussiens à Wavre, qu’il les y croyait d’autant plus, qu’Exelmans avait rencontré leur arrière-garde vers Neuf- Sart. Mais cela même n’excuse pas sa résolution, nous l’avons déjà fait remarquer. En supposant les Prussiens à Wavre, en supposant qu’il dût les y trouver à son arrivée sur ce point, il devait aller passer la Dyle beaucoup plus haut, afin de tourner leur position, d’éviter de les attaquer de front.

Ainsi, il eut tort de repousser l’avis ouvert par Gérard; et c’est très-justement qu’on l’en a blâmé. Mais on a été plus loin : on a prétendu qu’en exécutant la manœuvre conseillée par son habile lieutenant, il aurait empêché le désastre de Waterloo; et rien n’est moins exact.

Ce que nous avons dit précédemment suffirait pour le prouver. 11 convient, cependant, de préciser davantage, d’examiner les faits et les probabilités, en se plaçant dans les circonstances mêmes de temps, de distance, de terrain où se trouva le maréchal ; circonstances inexactement rapportées ou complètement méconnues par ses critiques.

Gérard proposa de marcher sur Mousty lorsque le bruit

WATERLOO

intense du canon annonça qu’une bataille s’engageait vers Mont-Saint-Jean. Il était donc midi ou un peu plus; car ce fut à cette heure-là seulement que la canonnade devint violente par l’ouverture du feu de la grande batterie placée à l’aile droite de Napoléon (1).

Le corps d’Exelmans était alors, partie à Neuf-Sart, partie vers Dlon-le-Mont ; celui de Vandamme à Nil- Saint-Vincei|it ; celui de Gérard atteignait Sart-lez-Walhain ; Pajol et Teste s’avançaient de Grand-Leez sur Tourinnes.

Le conseil de Gérard, exposé par lui-même, fut « d’envoyer sur-le-champ l’ordre au général Vallin, qui, en éclairant la gauche, se trouvait plus rapproché de la Dyle, de se porter en toute diligence sur le pont de Mousty, d’y passer la rivière, et, une fois sur la rive gauche, de pousser des reconnaissances dans la direction de Chapelle-Saint- Lambert et de Frlchemont, pour avoir des nouvelles des Prussiens. Le troisième corps (Vandamme), qui se trouvait à Nil-Saint-Vincent, aurait fait tète de colonne à gauche en se dirigeant également sur Mousty. Le quatrième corps (Gérard) et la cavalerie d’Exelmans auraient suivi ce mouvement. En même temps, le général Pajol aurait reçu l’ordre de se rendre devant Wavre avec sa cavalerie et la division Teste; ces troupes réunies auraient été chargées spécialement de repousser au delà de Wavre la faible arrière-garde ennemie qui était restée sur la rive droite et ensuite d’ob-

(1) Gérard dit que ce fut à onze heures et demie qu’il donna son conseil à Grouchy (Dernières observations, p. 30); mais dans l’cxirait d’une lellre du général Valazé, qu’il publie ensuite (p. 31 et 32), on lit que ce fui au moment où se fît entendre « une épouvantable canonnade. » Or , la canonnade de Waterloo ne devint très-forte, on le sait, qu’ù midi passé. La différence d’une demi-heure est, du reste, ici de faible importance; on va le voir.

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