‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 139 sur 198 · CHAPITRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME

labic. A ce prix, la France, si on Peût débarrassée de Napoléon un mois plus tôt, aurait immanquablement été sauvée. A présent, pressé, comme on l’était, par les conséquences des fautes commises, par celles du désastre, on ne pouvait conserver qu’une espérance très-problématique de salut. Mais il restait possible : cela devait suffire pour inspirer aux chambres la volonté, pour leur imposer le devoir de tout entreprendre afin d’y atteindre.

Si elles hésitaient, délibéraient au lieu d’agir, ou ne prenaient que des demi-mesures; si elles se fiaient aux manifestes de la coalition, parlaient de paix, au lieu d’organiser une guerre implacable; si elles reculaient devant le soulèvement de la nation, la perte du pays, si avancée par l’empereur, devait être consommée sous peu de jours; elles mériteraient le mépris de l’histoire, l’exécration de la France,

Au moment môme où le pouvoir exécutif allait tomber dans leurs mains, pendant que Napoléon dictait son abdication à Lucien, elles avaient reçu des nouvelles faites pour leur inspirer confiance, pour les déterminer à de nobles résolutions. Ces nouvelles, Davout les avait portées aux représentants, Carnot aux pairs :

Grouchy touchait à la frontière, ramenant, sans grandes pertes, les corps sous ses ordres; vingt mille hommes étaient réunis devant Avesnes, quelques milliers devant Philippeville. On avait donc près de soixante mille hommes qui allaient se concentrer, qui manœuvreraient, retarderaient l’approche de Blûcher et de Wellington.

Tout cela était vrai.

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