‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 141 sur 198 · CHAPITRE DIX-SEPTIÉMR · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÉMR

ClUer les ordres si tardivement expédiés, si lentement apportés du champ de bataille de Waterloo, le tenaient dans les plus vives inquiétudes.

Après des tentatives prolongées et infructueuses, reconnaissant, enfin, qu’il fallait tourner, non attaquer de front la position de Wavre, il avait, on l’a vu, surpris le passage de la Dyle à Limai et occupé, avec la moitié de ses forces, les hauteurs dominant la rive gauche entre ce point et Bierges. il résolut de compléter ce mouvement.

A minuit, il écrivit de Limai, son quartier général, à Vandamme, resté sur la rive droite, de venir le rejoindre en ne laissant devant Wavre que les troupes indispensables pour défendre les débouchés des ponts. « Je mets sous votre commandement, lui disait-il, tout le corps de Gérard; »et, indiquant son but, l’extrême importance qu’il y attachait^ révélant toutes ses anxiétés, il ajoutait : « Nous ferons effort, par ici, à la pointe du jour ; nous ferons occuper l’ennemi à Wavre par un simulacre d’efforts, et nous réussirons, j’espere, à joindre l’empereur, ainsi qu’il ordonne de le faire. On dit qu il a battu les Anglais; mais je n’ai plus de ses nouvelles et je suis fort dans rembarras pourlui donner des nôtres.

» C’est au nom de la patrie que je vous prie, mon cher général, d’exécuter le présent ordre. Je ne vois que cette manière de sortir de la position difficile où nous sommes ; et le salut de l’armée en dépend. Je vous attends (1). » Exelmans reçut le même ordre que Vandamme.

I Masser ses forces sur la rive gauche de la Dyle, pousser.

1 •* “‘•chives du dépôt de

' nîpp f f ’ • ^ ^ pofte ce post-scriptum : « Le rapport des prison-

meis faits ici annonce que Blüclicr etBülow sont en face de nous. J’en doute

WATERLOO

de là, une attaque très-matinale et très-vigoureuse qui dé- ;blayerait le terrain assez au loin pour lui permettre ensuite d’appuyer, de se rabattre sur Napoléon, telle était la manœuvre projetée par Groucliy. Rationnellement, il n’en avait pas une autre à faire, puisqu’il no- connaissait pas l’issue de la bataille livrée sur sa gauche.

Vers le milieu de la nuit, ïhielmann, son adversaire, eut, par quelques coureurs de sa cavalerie, un premier avis de la défaite de Napoléon; mais cet avis manquait de certitude. 11 se décida, néanmoins, à prendre l’offensive, voulant rejeter Grouchy au delà de la Dyle.

Ses préparatifs furent plus tôt terminés que ceux du maréchal français, et il eut l’initiative de l’attaque.

Malgré son infériorité numérique, il laissa partir, pour rejoindre le corps de Zieten, le colonel Stengel avec ses trois bataillons et ses trois escadrons. 11 maintint, à Bierges, trois bataillons de la division Kemphen, qui formèrent sa gauche, ayant en réserve, derrière ce village, deux bataillons delà même division. 11 appela, delà position qu’ils occupaient près de Wavre, trois bataillons de la division Luck et les porta à hauteur et à droite de Bierges. 11 plaça, sur l’alignement de ces derniers, trois bataillons de la division Stülpnagel, leur faisant tenir la pointe du bois de Rixensart et les appuyant par une réserve de trois bataillons de la même division, massés au Point-du-Jour, groupe de maisons situé à l’entrée et à l’est du bois. Le surplus de son infanterie resta, comme la veille, au moulin de Bierges, à Wavre et auprès, et à Basse-Wavre. Sa cavalerie était toujours en arrière du bois de Rixensart.

Dès l’aube du jour, comme ces dispositions allaient s’achever, ïhielmann fit déboucher de ce bois, contre la gauche de Grouchy, douze escadrons, environ un millier de chevaux, formés en deux colonnes de six escadrons

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