CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
chacune, précédées d’une batterie de huit bouches à feu. Stüipnagel dut avancer pour les appuyer.
En ce moment, Grouchy n’avait pas encore été rallié sur les hauteurs de Limai par les troupes demandées à Vandarnme et à Exelmans ; mais il avait là quatre divisions d’infanterie, deux de cavalerie, et la première division du corps d’Exelmans arrivait au pont de Limai. Il ordonna à Teste de marcher sur Bierges, à Pécheux sur le centre ennemi, à Hulot sur le bois de Rixensart. La division Vichery forma la réserve, qu’allaient augmenter les dragons d’Exelmans. Pajol, réduit depuis deux jours, on se le rappelle, à la division Soult, passa avec Vallin à l’extrême gauche, ce dernier jetant plusieurs escadrons du côté de Chapelle-Saint-Lambert pour chercher des nouvelles.
Pendant ces mouvements préparatoires, la batterie qui s’était avancée en tête de la cavalerie prussienne avait pris position ; et, secondée bientôt par une autre batterie d’égale force, elle avait ouvert un feu très-vif sur notre gauche. Grouchy fit contre-battre cette artillerie par une artillerie supérieure qui démonta cinq pièces, fit beaucoup souffrir la cavalerie de seutien, et força bientôt l’une et l’autre à se retirer derrière le bois de Rixensart.
Hulot y pénétra à leur suite, refoulant l’infanterie qui en défendait les abords; et s’y engagea vigoureusement avec Stüipnagel. En même temps, Pécheux aborda le centre prussien. Teste attaqua Bierges.
Au bout de quatre heures de combat, Pécheux ouvrit une trouée dans la ligne prussienne; Hulot emporta le bois de Rixensart; Pajol et Vallin en débouchèrent, menaçant de tourner la droite ennemie; et Thielmann fut obligé de faire un changement de front, l’aile droite en arrière, en pivotant sur Bierges, où Kemphen se maintenait avec
WATERLOO
La nouvelle position, ainsi prise, mettait sa gauche dans ce village, son centre au bouquet de bois de l’Ermitage, sa droite, formée en partie par sa cavalerie, vers le village de Chambre.
Ce mouvement, exécuté avec fermeté, venait de se terminer quand Thielmann reçut, enfin, la nouvelle positive de la victoire remportée par Wellington et Blücher. Elle avait mis bien longtemps, on le voit, à lui parvenir (1). 11 la fit répandre immédiatement parmi ses troupes ; et, profitant de l’ardeur qu’elle leur inspira, il tenta de regagner le terrain perdu, de retenir le plus longtemps possible son adversaire sur le plateau de la Dyle. Blücher annonçait, en effet, qu’un corps prussien marchait par son ordre pour couper la retraite au détachement français fourvoyé sur Wavre ; et tout prolongement de combat favorisait cette manœuvre.
Le centre et la droite des Prussiens se reportant en avant, le bois de Rixensart fut repris. Mais Hulot y revint promptement et l’enleva encore une fois ; Teste emporta Bierges; le moulin au-dessous fut évacué; Vandamme en profita pour faire passer la Dyle à la division Berthezène, qu’il avait gardée sur la rive droite, et la jeta sur la gauche prussienne.
Thielmann, ainsi pris en flanc, voyant, en outre, nos progrès à l’aile opposée, craignant de perdre le chemin de Louvain, ordonna la retraite; et ne la dilTéra que pendant le temps indispensable pour faire replier les troupes qu’il avait encore à Wavre.
Dès qu’elles l’eurent rallié, il prononça sa marche en arrière, se dirigeant en trois colonnes sur Ottenbourg et
(i) Les écrivains prussiens assurent que deux officiers furent expédiés par Blücher à Thielmann du champ de bataille de Waterloo, le 18 juin, à la nuit, et que tous les deux s’égarèrent.