‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 37 sur 198 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

marche à travers les jardins et les vergers, abordent le village, y pénètrent malgré une vive résistance, en chassent les trois bataillons qui l’occupent, et les rejettent sur le ruisseau. Poussant leur succès, ils vont franchir cet obstacle. Mais ils reçoivent le feu de plusieurs bataillons et la mitraille de huit pièces en position au sommet du rideau qui domine immédiatement le lit du ruisseau ; et ils sont forcés de revenir s’abriter derrière les maisons.

Le général Steinmetz, chargé spécialement de la défense de Saint-Amand, a sous ses ordres les trois bataillons qui en ont été chassés, six bataillons et la batterie dont le feu vient de faire reculer Lefol. 11 rallie les premiers, les appuie par deux bataillons tirés de cette réserve et les ramène sur Saint- Amand. Il échoue dans ce retour offensif. Mais, tout aussitôt, il appelle à lui le reste de sa réserve, se porte de nouveau en avant et entre dans le village avec une partie de ses troupes, pendant que l’autre partie cherche à tourner la gauche de Lefol, en débouchant au-dessus, près du château.

Vandamme, alors, fait entrer en ligne une partie de la division Berthezène à gauche de Lefol, vers le château et la ferme qui s’y relie ; et, en môme temps, il ordonne à la division Girard de marcher contre le Hameau et la Haye (1).

Un combat des plus meurtriers s’engage sur le front de bataille ainsi agrandi. Il a pour résultat un nouvel échec des Prussiens. Encore une fois, Steinmetz est refoulé au delà du ruisseau. Mais les abords en sont battus, maintenant, par vingt-quatre bouches à feu. Lefol et Berthezène ne peuvent déboucher. Ils se replient sur Saint-Amand.

Le château et la ferme, bien clos de murs et occupés par un demi-bataillon, sont emportés ; et là non plus on ne peut déboucher, sous le feu de l’artillerie opposée.

(1) Nous désignons ainsi, pour éviter la confusion, Saint-Amand-Ie- Ilameau et Saint- Amand-la-Haye.

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Pendaiit celte lutte, Girard a enlevé le Hameau et la Haye, vigoureusement défendus par trois bataillons.

. Maître de Saint-Amand et de la Haye, Vandamme devenait très-menaçant. Son artillerie, retardée jusque-là par les difficultés du terrain, commençait à arriver en ligne. Un coup de vigueur heureux, que viendrait appuyer la garde, pouvait, à\m moment à l’autre, le porter, de la Haye, jusqu'à Brye, jusqu’au moulin de Bussy, lui donner la clef du champ de bataille de Blücher et la chaussée de Nivelles à Namur.

De la hauteur de Bussy, le général prussien, observant les péripéties de la manœuvre de Vandamme, avait vu le danger et pris immédiatement des dispositions pour y parer.

La division Pirch II (corps de Zielen) quittait sa position près de Brye et s’avançait pour reprendre la Haye. Le général Jürgas devait seconder ce mouvement avec les trois brigades de cavalerie (corps de Pirch I) dont il était le chef, et la division Tippelskirchen (corps de Pirch I) retirée des Trois-Burettes et mise momentanément sous ses ordres.

Blücher donnait, en même temps, à Zieten le commandement général depuis Saint-Amand jusqu’à Wagnelée.

Pirch II amva promptement sur le champ de l’action. 11 avait neuf bataillons ; il les forma en colonnes d’attaque et sur deux lignes.

La première se jeta sur la Haye avec grande résolution. Girard tenait ce village par l’une de ses brigades, et avait l’autre en arrière.

Pirch II s’empara, tout d’abord, des premières maisons, et, gagnant bientôt plus de terrain encore, il s’était rendu maître de la moitié du village, quand Girard, dans un furieux effort, lui fit lâcher prise et le força à se retirer en désordre. Appuyé par sa seconde ligne, Pirch II revient à la charge.

CUAriTKC HülTIÈiVJE.

reprend une partie de la Haye, et ne peut encore s’y maintenir. Après une sanglante mêlée, ses bataillons plient, sont rompus et repassent précipitamment le ruisseau.

Blücher, qui voit leur défaite, accourt au galop au milieu d’eux. Sa présence les raffermit; il leur jette quelques paroles ardentes. Les rangs se reforment à sa voix ; et, sans perdre un instant, le vieux maréchal ordonne à Pircli II de les ramener au feu.

Pendant ce temps, Steinmetz gardera sa position devant Saint-Amand et le château; Jürgas, qui s’est fait attendre, débouchera de Wagnelée et tombera, en la prenant à revers, sur la gauche de Girard. Deux de ses brigades de cavalerie sont venues se poster entre ce village et celui de la Haye, prêtes a fondre sur tout ce qui en sortira.

La charge bat; Pirch II marche à l’attaque et aborde de nouveau les soldats de Girard. Ame de feu, cœur intrépide, le général français se multiplie pour soutenir le choc; il tombe mortellement blessé. Inférieure en nombre, sa troupe cède, mais lentement, en bon ordre. Disputant avec la dernière intrépidité chaque rue, chaque maison, chaque clôture, elle est repoussée du village et va s’appuyer au Hameau. Elle a, maintenant, un millier d’hommes hors de combat, le quart de son effectif. Ses deux généraux de brigade sont blessés : c’est un colonel, Tiburce Sébastiani, qui la commande.

Pendant la dernière période de ce combat si acliarné, Jürgas, débouchant de Wagnelée, s’était avancé vers la gauche de Girard pour la prendre en flanc et de revers. H n’y avait pas réussi.

Vandamme, dans la prévision d’un mouvement de ce genre, avait dirigé l’une des brigades de la division Habert, avec une batterie, vis-â-vis de Wagnelée. Placée en potence sur la division Girard, cette brigade avait jeté en avant de

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son front une forte ligne de tirailleurs cachée dans les moissons. La division Domon était sur sa gauche.

Jürgas, paraît-il , avait marché sans faire éclairer son chemin. Sa colonne d’infanterie était venue donner, inopinément, sur nos tirailleurs, qui l’avaient accueillie par une vive fusillade et mise dans un désordre tel, qu’elle s’était débandée, s’enfuyant au delà de Wagnelée. Jürgas était parvenu, non sans grande peine, à rallier une partie des fuyards sous la protection de trois de ses bataillons et d’une batterie qui n’étaient pas encore sortis de Wagnelée, et qui, de concert avec les deux brigades de cavalerie placées entre ce village et la Haye, avaient empêché les nôtres de poursuivre leur succès. Sa troisième brigade de cavalerie avait contenu la division Domon.

Il était cinq heures ou cinq heures et demie. Après tous les coûteux efforts que nous venons de dire, Vandamme occupait Saint-Amand et le château; mais il ne pouvait en déboucher, et il se maintenait au Hameau. Il envoyait la seconde brigade de Habert soutenir la première devant Wagnelée; toute son artillerie était en batterie.il ne lui restait ni un bataillon, ni un canon en réserve.

Sur toute la ligne, le feu de Zieten et le sien étaient des plus violents.

Si le commandant de l’aile gauche de l’armée française ne recevait pas des renforts, il n’était guère à espérer qu’il pût avancer beaucoup.

Napoléon lui envoyait la division Subervie, retirée du corps de Pajol, et une batterie de la garde pour appuyer la division Domon vers Wagnelée, où l’ennemi montrait beaucoup de cavalerie ; mais c’était insuffisant : il fallait de l’infanterie. Vandamme en demandait avec raison.

En ce moment, Blûcher faisait passer en réserve, entre le moulin de Bussy et Sombreffe, la division Steinmetz, qui.

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