CHAPITRE HUITIEME
et ayant la division de cavalerie de Domon sur sa gauche, la division Girard en réserve;' le 4® corps fut, partie vis-àvis de Ligny, partie vis-à-vis du coude du ruisseau ; le maréchal Grouchy, avec Pajol et Exelmans, fut en retour sur le 4® corps, sa gauche près de la chaussée de Charleroi, sa droite le long de la petite route qui conduit de Fleurus à Namur par Onoz. La garde impériale et les cuirassiers de Milhaud formèrent une deuxième ligne sur Fleurus.
L’ordre fût expédié au corps de Lobau, laissé en attente près de Charleroi, d’avancer rapidement vers Fleurus (1).
Avant cette manœuvre, rien n’indiquait à l’ennemi de quel côté se porterait notre attaque : ce pouvait être de Saint-Amand à Wagnelée ou de Saint-Amand à Ligny et Sombreffe. Aussi Blücher avait-il disposé ses troupes de manière à pouvoir faire front également sur l’une ou l’autre direction, et attendait-il, immobile, que les intentions de son adversaire se fussent démasquées. Notre changement de front, en se dessinant, les lui avait bien vite montrées; et, du moulin de Bussy, où aucun mouvement ne lui échap pait, il avait rapidement ordonné les dispositions devenues nécessaires.
La cavalerie qui était en avant du ruisseau de Ligny 1e repassa et alla se placer entre Ligny et Sombreife, assez mal à couvert dans un léger pli de terrain.
Trois bataillons étalent dans Saint-Amand, dans le château et la ferme qui avoisinent le village. Ils y restèrent. Six bataillons vinrent se poster en deçà du ruisseau, derrière le premier pli de terrain, prêts à les soutenir immédiatement.
Trois bataillons et demi occupèrent Saint-Amand-la-Haye et Saint-Amand-le-Hameau.
(ï) Cel ordre est daté de deux heures et demie, en avant de Fleurus, et signé par Soult.
WATERLOO
Quatre bataillons et demi tenaient Ligny. Six bataillons furent envoyés auprès et en arrière du village.
Onze bataillons demeurèrent massés au moulin de Bussy et à Brye.
Un régiment de hussards était, depuis le malin, en avant de Wagnelée avec une batterie, éclairant la voie romaine et la chaussée de Nivelles. 11 continua sa mission.
Toutes ces troupes, formant le corps de Zieten, comptaient 34 bataillons, 32 escadrons, 96 bouches à feu.
Pirch I laissa une division à Sombreffe, une division aux Trois-Burettes et porta vers Brye ses deux autres divisions, ainsi que la masse de sa cavalerie.
Thielmann fit avancer derrière Sombreffe une division qui détacha deux bataillons k la ferme de Potriaux, dominant de très-près le cours du Ligny. Une autre division marcha sur la chaussée de Fleurus, s’établit sur la hauteur au pied de laquelle est le pont, et garda les maisons qui l’avoisinent.
Des deux autres divisions de Thielmann, l’une resta au Point-du-Jour, l’autre àTongrinne, y appuyant sa droite, et occupant, par des détachements, ce village, celui de Tongrinelle, qui est au-dessous, dans le lit du Ligny, et ceux do Boignée et de Balatre.
La cavalerie de réserve du même général se plaça entre Tongrinne et le Point-du-Jour.
La force totale de ces trois corps prussiens, déduction faite des pertes de la veille et d’un millier d’hommes encore attardés au delà de la Meuse, s’élevait à quatre-vingt-sept mille hommes, dont 8,500 de cavalerie, et 224 bouches à feu (1).
Hommes. Cavalerie. Bouches
(1) Corps de Zielen (y compris la cavalerie, à feu.
rarlillcrie, le génie, elc.) 52,692 dont 1,925 96
A reporter. . . . 52,692
CIIAPiTRE HUITIÈME. [^5
Ils avaient en face soixante-huit mille hommes, dont treize mille de cavalerie, et deux cent dix bouches à feu, que devait renforcer le corps de Lobau, arrivant avec dix mille cinq cents hommes et trenfe-deux bouches à feu (1).
Reporl. . . 32,692 dont 1,925 Corps de Pirch I, (y compris ia cavalerie, etc.) 52,704 -
Id. de Thielman, id 24,456 -
Perles le 15 juin 1,500 -
Encore au delà de la Meuse 1,000 -
Reste à Ligny 87,352 -
A la rigueur, il faudrait retrancher de cet effectif celui du train des équipages, etc.: mais, pour éviter des détails, nous ne le retranchons pas. iNous ne ferons pas non plus celte soustraction de Peffectif de l’armée française, et, comme le chiffre des non combattants est très-peu considérable, le rapport numérique des combattants prussiens et français restera, à infiniment peu près, représenté par celui des deux effectifs généraux.
(1) Vandamme (3e corps) (y compris la cavalerie, l’artillerie, etc.)
Hommes. Cavalerie. Bouches ^ à feu.
19,160 dont 1,017 58
Girard (division du 2® corps),
» id
Gérard (4® corps),
id
Garde impériale.
id
Lobau (6® corps),
id
Pajol (1er de cavalerie),
id
Exelmans (2® id.).
id
Milhaud (4® id ).
id
Total
Pertes le 15 juin
Reste à Ligny
Avec le maréchal Ney, sur la lcroi à Bruxelles ;
roule de Char-
D’Erlon(l®r corps) (y compris ia cavalerie.
Hommes. Cavalerie. Bouches à feu.
l’artillerie, etc )
19,959 dont
Reille (2® corps).
id
Ldebvre Desnoëttes (division de la garde, id.
Keliermann (4® corps de cavalerie) ......
Total
Pertes le 15 juin.
A Charleroi, au grand parc,
WATERLOO
La ligne de bataille, prise par Blüclier parallèlement au changement de front exécuté par Tarmée française, était sur la direction de Sombreffe à Gosselies. La perpendiculaire abaissée des Quatre-Bras sur cette direction la coupe à Saint-Amand et mesure dix mille mètres.
La droite des Prussiens était en Pair, a dit Napoléon. Gela est vrai ; mais ce défaut était corrigé, aux yeux de Blücher, par Tassurance que lui avait donnée Wellington d’un puissant secours venant des Quatre-Bras. L’assurance fut vaine, on le verra. La droite des Prussiens resta en l’air ; mais Napoléon n’en profita pas.
Du reste, leur position était naturellement forte, bordée comme elle l’était par le cours du Ligny et couverte par de gros villages qu’entouraient des fourrés d’arbres, des haies, des clôtures maçonnées.
Les mouvements préparatoires de la lutte sont achevés de part et d’autre. Sur le front des deux armées tout est silencieux. Trois coups de canon éclatent à intervalles égaux tout près de Fleurus : c’est Napoléon qui donne à Vandamme le signal de l’atlaque.
Deux heures et demie viennent de sonner au clocher de Saint-Amand.^
La division Lefol se forme en trois colonnes et marche sur ce village, précédée d’une ligne de tirailleurs, au bruit des tambours et des musiques, qui, par un anachronisme bizarre, mêlent les airs de la Révolution aux cris de « Vive l’empereur! » poussés avec ardeur par les soldats.
Embusqués derrière les arbres, les haies, les clôtures, les barricades élevées à toutes les issues, couverts par des murs crénelés, les Prussiens attendent froidement; et, dès que les colonnes françaises arrivent à portée, une violente fusillade éclate sur elles dans toute la longueur de Saint-Amand. Sans se laisser émouvoir, les soldats de Lefol précipitent leur