CHAPITRE NEUVIEME
Borneriez ; Guilleminot et Girard s’avancer jusqu’aux Quatre-Bras ; d’Erlon jusqu’à Frasnes, avec sa cavalerie et trois de ses divisions, en détachant la quatrième sur Marbais;Piré se rendre aussi sur ce dernier point; Kellermann placer l’une de ses divisions à Liberchies, l’autre à Frasnes, où resterait Lefebvre Desnoëttes.
Reille, chef du 2® corps, se trouvait à Gosselies. Au passage de Flahaut sur ce point, il avait reçu communication des instructions portées à Ney par cet aide de camp. Il avait, en conséquence, ordonné aussitôt aux divisions Foy et Guilleminot de se préparer à partir; et il devait les mettre en marche vers Frasnes, sans attendre les ordres particuliers de Ney, dès qu’elles auraient été prêtes. Mais, avant qu’elles le fussent, un officier expédié par le général Girard étant venu lui apprendre que des forces ennemies arrivaient sur Saint-Amand par la route de Namur, il s’était empressé de transmettre à Ney cette nouvelle, en lui demandant si elle ne devait rien changer à la destination des divisions Foy et Guilleminot et en le prévenant qu’il les retiendrait sur Gosselies jusqu’à la réception de sa réponse. Cette réponse dut lui parvenir à midi moins un quart; et, sur-lechamp, il fit partir ces deux divisions (1), qu’il tenait alors sous les armes.
Ney les attendit, impatient de déblayer le terrain devant
(t) Reille, dans la notice historique déjà citée, dit qu’il commença son /nouvement, à onze /teures, sur la connaissance que- Flahaut, passant par Gosselies, lui avait donnée des instructions de Napoléon. Mais c’est une erreur de mémoire, prouvée par la lettre même qu’il adressa à Ney et qui est datée de Gosselies, à dix heures et un quart. 11 y dit, en effet, qu'il a reçu connaissance par Flahaut des ordres de l’empereur ; qu’il tiendra les troupes prêtes à partir; mais qxiil attendra., pour les mettre en mouvement, l’ordre du maréchal, le général Girard venant de lui faire un rapport annonçant que deux masses ennemies arrivaient, par la roule de Namur, sur Saint- Amand. (Nous donnons la lettre de Reille dans la note L.)
WATERLOO
lui. Pendant cette attente, il reçut, vers midi, sans doute, une nouvelle et brève dépêche du major général, qui ne pouvait qu’augmenter son impatience. Sur l'avis erroné, on va le voir tout de suite, que « l’ennemi présentait des masses du côté des Quatre-Bras, » avis donné par un olficier de lanciers, qui avait probablement été blessé aux avant-postes et qui était venu à Cliarîeroi vers dix heures, au moment où Napoléon allait en partir pour Fleurus (1), Soult écrivait, de nouveau, au chef de l’aile gauche de réunir les corps de Reille et de d’Erlon et, ce qui différait de ses instructions précédentes, celui de Kellermann; et il lui disait qu’avec ces forces, il devait battre et détruire tous les corps ennemis qui pouvaient se présenter. 11 ajoutait, avec peu d’exactitude, soit de son chef, soit par ordre de Napoléon : « Blücher était, hier, à Namur ainsi vous n’avez
affaire qu’à ce qui vient de Bruxelles. » Ney devait apprendre, bientôt, en effet, que les ennemis pouvaient accourir sur lui d’un autre point encore que de la capitale de la Belgique.
Le prince Bernard de Saxe-Weimar avait gardé la position qu’il avait prise la veille, en avant des Quatre-Bras, avec sa brigade et une batterie de huit bouches à feu. Perponcher, à la division duquel appartenait celte brigade, avait reçu, à une heure après minuit, à Nivelles, l’ordre qui prèscrivaitla concentration de toutes ses troupes sur cette ville. Mais, jugeant mieux de la situation des choses que Wel- | lington, qui avait ordonné ce mouvement, à Bruxelles, avant d’avoir pu connaître l’attaque de Frasnes, il avait pris résolûment sur lui de ne pas l’exécuter; et, poussant jusqu’au bout la logique de son intelligente désobéissance, f
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(i) M. Thiers a cru à tort que cet officier de lanciers avait été expédié à i Charleroi par Ney lui-mémc, et cette erreur Ta entraîné à de bien étranges l| et injustes assertions contre nilustre maréchal. (Voir note L.) i