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CHAPITRE PREMIER

En Belgique, cent mille Anglais, IIollando-Belges, llanovriens, Brunswickois, Nassau, sous les ordres du feld-maréclial duc de Wellington ; cent vingt mille Prussiens commandés par le feld-maréclial prince Blücîier;

Dans le grand-duché de Luxembourg, vingt-cinq mille Allemands des petits États du nord de la confédération germanique, sous le lieutenant général Kleist;

En marche sur Mayence, Oppenheim et Mannheim, cent soixante et dix mille Russes, sous le maréchal Barclay de Tolly;

Sur le Rhin, de Schalfhouse à Mannheim, deux cent cinquante-cinq mille Autrichiens, Bavarois, Wurtembergeois, Badois, Saxons et soldats de divers petits États de la confédération germanique, sous le feld-maréchal prince de Schwartzenberg ;

Sur la frontière suisse, trente-cinq mille hommes levés par les cantons pour maintenir leur neutralité, mais seulement contre Napoléon, et destinés, en fait, à agir de concert avec la coalition ;

Dans le Valais et en Savoie, soixante mille Austro-Sardes, sous le lieutenant général Frimont;

Sur le Var, dix mille Sardes, aux ordres du général d’Osasco.

C’étaient, en tout, sept cent soixante et quinze mille hommes, sans compter les garnisons des places frontières; et, derrière ces masses, s’organisaient ou s’avançaient déjà des réserves évaluées à trois cent mille hommes.

De la Méditerranée à la mer du Nord, la France était donc menacée par plus d’un million de soldats.

L’empereur de Russie, l’empereur d’Autriche et le roi de Prusse s’étaient rendus à Heidelberg pour être plus près des événements.

Résolus à n’agir que par masses qui fussent toujours à

WATERLOO

même de s’appuyer les unes sur les autres, ils attendaient, pour donner le signal des hostilités, que l’armée russe fût arrivée sur Kaiserslautern, à hauteur de la droite de Schwartzenberg. Elle devait y être avant 1e 1®*' juillet. Ce serait donc ce jour-là, au plus tard, que se porteraient les premiers coups.

Le plan d’opérations adopté avait été inspiré par l’expérience des deux dernières campagnes, si funestes à la France. Il peut se résumer en peu de mots.

Schwartzenberg devait passer le Rhin en deux colonnes principales, mises simultanément en mouvement : celle de gauche, à Bâle etRheinfelden ; celle de droite, à Germersheim et Mannheim, s’appuyant à l’armée russe. Il forcerait le passage des Vosges, de la Queich, de la Sarre, enlevant les places mal défendues, masquant celles qui voudraient résister et repliant d’un côté sous le canon de Belfort, de l’autre sous celui de Strasbourg, les corps couvrant l’Alsace. Sa direction générale serait sur Saint-Dizier et Châlonssur-Marne.

Les Russes franchiraient la Sarre plus bas que le général autrichien, la Moselle entre Thionville et Metz, la Meuse près de Verdun, et se dirigeraient vers Châlons-sur-Marne et Reims, ayant aussi enlevé ou masqué les forteresses qui se trouveraient sur leur ligne d’opérations.

Le corps de Kleist était destiné à faire une trouée entre nos places de la Meuse vers Sedan, à les observer, à les attaquer.

Blûcher et Wellington régleraient le moment de leur entrée en campagne sur les progrès des Russes et de Schwartzenberg. Ils déboucheraient vers Maubeuge et Avesnes, marchant sur Laon.

L’objectif commun de toutes ces armées était Paris.

L’arc immense formé par leurs lignes, appuyé par une

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