CHAPITRE DOUZIEME
pièces arrêtèrent d’abord le progrès do l’eiiiiemi. Ce ne fut pas pour longtemps.
La ligne française occupa alors par sa droite, que forma la jeune garde, le village, les jardins et les vergers de Plaucenoit jusque vers le sentier qui conduit à la ferme du Caillou; et sa gauche, composée du corps de Lobau, se trouva sur raligncment de ce village et de Papelotte, se reliant par la cavalerie à Durutte, dont la division avait, en partie, fait face à droite.
Bülow appuyait sa gauche au ruisseau de Lasne et sa droite en avant de Frichemont. Irrité du temps d’arret causé par la jeune garde, Blücher ordonna à son lieutenant d’en* lever, à tout prix, Planeenoit.
La division Killer forma trois colonnes d’attaque, chacune de deux bataillons, et celle de Ryssel fut disposée pour Tappuyer au besoin.
Les vergers et les premières maisons furent abordés avec vigueur. Cependant, la résistance fut plus vigoureuse encore; et, après un combat où, dit un historien prussien, on se fusilla à trente pas, Hiller fut obligé de ramener ses troupes en arrière.
Mais il revint tout de suite à la charge, renforcé de deux bataillons; et, cette fois, malgré des prodiges d’énergie, la jeune garde plia et fut rejetée hors du village. Le moment fut critique : des batteries prussiennes vinrent prendre position à sept ou huit cents mètres de la chaussée de Bruxelles. Outre le danger immédiat, ainsi produit, il y avait à craindre l’action morale exercée sur les troupes engagées contre Wellington par cette artillerie tonnant en arrière et si près de leur champ de bataille.
Napoléon ordonna à Morand de marcher avec un bataillon de grenadiers, deux bataillons de chasseurs, deux batteries de la garde, et de reprendre Planeenoit. En même temps,
WATERLOO
un régiment de grenadiers et une batterie du même corps allèrent s’établir un peu en deçà du village, sur le chemin qui conduit au hameau de la Maison-du-Roi. Un bataillon de chasseurs laissé, jusqu’alors, à la ferme du Caillou pour la garde du quartier général dut se porter sur la ferme du Chantelet, où se montraient des partis de cavalerie ennemie.
Le mouvement de Morand fut mené avec la résolution audacieuse qu’on pouvait attendre dïin pareil chef et de pareilles troupes.
La vieille bande se jeta sur les défenseurs de Plancenoit au bruit du pas de charge. La jeune garde la suivit; et, après une rencontre terrible mais assez courte, le village, les jardins, les vergers furent repris ; la hauteur qui les domine fut couronnée par notre artillerie; toute la gauche prussienne plia et alla se reformer un peu en arrière; Lobau regagna aussi quelque terrain.
Napoléon en conclut que « l’attaque de Bûlow était épuisée. )> Il ne voyait pas ce que présageait cette retraite de quelques centaines de pas.
Il était, alors, près de sept heures. La bataille restait indécise.
Il y avait encore plus de deux heures de jour (1).
La seule réserve de Napoléon consistait en cinq mille hommes d’infanterie de la garde, attendant près de la Belle- Alliance, dans le calme de la force, l’ordre qui disposerait d’eux.
Wellington avait plus de troupes fraîches : la division Chassé, forte de sept mille hommes, les brigades de cavalerie Vivian et Vandeleur, de deux mille cinq cents. La qua-
(1) Le 18 juin, à l’Observatoire de Bruxelles, le soleil se couche à huit heures quatorze minutes.