‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 89 sur 198 · CHAPITRE DOUZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIEME

lité de ces troupes n’égalait pas, il est vrai, celle de la garde; mais le général anglais comptait sur une autre et plus puissante réserve qui ne devait pas lui manquer, sur le concours de laquelle était basé son plan de bataille, et dont l’imminente arrivée était annoncée par ses coureurs. Blücher lui avait promis, en effet, plus que l’appui du corps de Bülow; etBlücher allait tenir sa promesse.

Napoléon ne le soupçonnait pas. Il savait, cependant, depuis une heure après midi, la réunion, opérée la veille, de toute l’armée prussienne sur Wavre; et le rapport d’un officier (1) expédié par Grouchy et arrivé de deux à trois heures, n’avait pu lui laisser l’espoir que le maréchal eût occupé beaucoup cette armée.

Deux divisions et la cavalerie du corps de Pirch I (2) et le corps de Zieten avaient quitté Wavre à midi.

Pirch l, ayant suivi le chemin de Chapelle-Saint-Lambert et de Lasne, montrait maintenant la tête de sa colonne en avant du bois de Paris.

Zieten avait pris sa route par Froment, Genval et la lisière nord des bois d’Ohain. Le gros de son corps était déjà à hauteur de ces bois, et son avant-garde dépassait celui de la Grande-Huissière.

Sans le mauvais état des chemins, ces deux généraux auraient déjà été en ligne depuis longtemps. Ils amenaient, le premier dix mille hommes, le second vingt mille.

Thielmann, qui s’était ébranlé pour les suivre, avait dû rester à Wavre et s’y défendre contre une vive attaque. La nouvelle venait d’en parvenir à Blücher; mais elle ne l’avait

(1) Le lieutcnanl-colonel Delafresnaye. Napoléon dit qu’un ofiicier de Grouchy arriva, vers deux heures, sur le champ de bataille; mais il ne le nomme pas. [Mémoires^ t. IX.)

(2) Les deux autres divisions d’infanterie de Pirch I ne partirent de Wavre qu’à quatre heures ; on le verra dans un prochain chapitre.

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pas ému. Le desUii de la guerre était en avant, non en arrière de lui; l’audacieux vieillard avait l'ait dire à Ttiielmann de résister de son mieux, de battre en retraite au besoin ; et il avait continué de hâter la marche de Pirch I et de Zieten.

La crise suprême approchait.

Livrée à ses propres forces, la cavalerie de Ney, nous l’avons dit, avait été forcée d’abandonner le plateau. Mais elle avait suspendu, sur la pente, son mouvement rétrograde ; et, là, sous la protection de notre artillerie et de nos tirailleurs, mais en butte aux coups des canonniers ennemis, revenus à leurs pièces, elle s’efforçait de reformer ses escadrons rompus, affreusement mutilés. En ce moment, il était de bien grave importance qu’elle ne reculât pas davantage : une retraite plus prolongée pouvait ébranler toute la partie de l’armée opposée à Wellington et inquiète du canon qui retentissait toujours vers Plancenoit. Ney avait vu le péril. C’était pour cela qu’il retenait ses cavaliers intrépides sous un feu meurtrier. Cependant, on ne pouvait espérer qu’il garderait longtemps une pareille position.

11 fallait le soutenir, le dégager (1). Napoléon s’y résolut et voulut bien autre chose.

Persuadé que l’armée anglo-hollandaise était non-seulement très - affaiblie , mais encore désorganisée; qu’elle n’avait plus de réserve; rassuré du côté de Bülow, qui reculait; sans la moindre pi’évoyance de l’intervention de nouveaux corps prussiens; croyant l’heure venue, il résolut de frapper un grand coup qui lui donnerait la victoire. Les résultats matériels ne pourraient en être bien importants, avec une cavalerie épuisée dans des luttes si sanglantes, si

(i^ Bulletin du 18 juin.

CIIAPITUE DOUZIÈME.

prolongées; mais le résultat moral en serait, sans cloute, considérable.

Ncy est prévenu de la volonté du chef, et reçoit Tordre de masser, à droite de Goumont, tout ce ciu’il pourra réunir du corps de Reille, les divisions Quiot et Donzelot sur la Haie- Sainte, et de préparer quekiue effort de sa cavalerie.

En même temps. Napoléon conduit tous les bataillons disponibles de la garde entre la Belle-Alliance et la Haie- Sainte. Il y en a dix. Tous appartiennent aux grenadiers et aux chasseurs (1).

Six de ces bataillons sont déployés en autant de colonnes d’attaque échelonnées à courte distance les unes des autres. Ils marcheront au plateau. Deux batteries d’artillerie à cheval de la garde viennent se placer sur leur flanc gauche. Elles suivront ce mouvement. Les quatre derniers bataillons resteront en réserve.

Le feu de notre artillerie s’est ralenti par suite de l’épuisement des caissons de plusieurs batteries. Une batterie, la dernière de la réserve, entre en action. Ordre est donné d’activer les décharges sur toute la ligne.

Napoléon, en personne, préside à ces dispositions. Il en presse l’exécution; la circonstance est urgente. 11 s’adresse aux officiers, aux soldats, les excite, les exalte, leur promet la victoire et, pour mieux les en assurer, leur annonce l’arrivée de Grouchy, qui va prendre l’ennemi à revers pendant qu’ils l’attaqueront de front.

Ney reçoit le commandement de ces trois mille vétérans des batailles (2), au bras chevronné, au corps cicatrisé.

(1) La division de jeune garde était sur Plancenoif. Les divisions de grenadiers et de chasseurs étaient, chacune, de huit bataillons; mais elles en avaient détaché trois à Plancenoit, deux sur le chemin de ce village à la Maison-du-Roi, un à la ferme du Chantelet.

(2) D après la lettre, déjà citée, de Ney à Fouché, quatre régiments de

Sous ses ordres marchent les lieutenants généraux Friant, Roguet, Michel, les maréchaux de camp Foret de Morvan, Harlet, Mallet : un général par bataillon.

Ney doit laisser la Haie-Sainte à droite et se diriger sur le contre-fort par où il a conduit ses attaques de cavalerie.

Quand tout est prêt, la charge bat ; la redoutable phalange s’ébranle et défile, exubérante d’ardeur, d’enthousiasme, devant Napoléon, qui, du geste, lui indique le point où doivent porter ses coups. Elle sort du vallon ; elle gravit la hauteur.

Près de Goumont, près de la Haie-Sainte, la charge bat aussi. Quelques batail’ons cruellement diminués par 1e fer, le feu, la fatigue, se sont massés et montent à la position ennemie. Dans leurs rangs reviennent prendre place nombre d’hommes qui s’en étaient retirés, blessés, harassés, découragés, et qu’anime, maintenant, une énergie nouvelle.

Quelques centaines de cuirassiers, de dragons, de jgrenadiers, de lanciers, de chasseurs de la garde, se fiant encore à leurs forces, à leurs montures, se sont apprêtés pour seconder l’infanterie.

La trompeuse assurance de l’arrivée de Grouchy a couru partout, portée par les gendarmes d’élite à travers les lignes. Ueille, d’Erlon, les généraux sous leurs ordres, l’ont reçue de Labédoyère, aide de camp de Napoléon. Elle a ranimé les faibles, enivré les braves. A tous, la victoire paraît certaine.

vieille garde ou huit bataillons auraient marché au plateau, sous ses ordres. D’après les 3Icmoires de Sainte-Hélène, ce mouvement aurait élé opéré par quatre bataillons seulement, et quatre autres seraient restés provisoirement en réserve. Nous suivons, dans notre récit, la version d’une note digne de confiance. Au reste, les différences sont ici peu impoiiunles.

Sur le plateau, cependant, tout s’est disposé aussi pour une nouvelle lutte, pour le combat à outrance. Là, on sait que les bataillons, les escadrons de Prusse sont proches; qu’il ne s’agit plus que d’user la mort et le jour quelques instants encore pour avoir bataille gagnée. La puissance du nombre habilement préparée ne saurait manquer de faire pencher la balance.

Les rangs éclaircis par la mort, par la fuite, se sont serrés et restent fermes. C’est le nerf, le robur de l’armée, c’est l’élite des braves survivant à six heures de combat acharné, qui les forme maintenant. Wellington, le prince d’Orange, Hill vont d’un bataillon à l’autre, encourageant, excitant au devoir. A ses Anglais, comme Nelson à Trafalgar, Wellington rappelle la patrie : « Tenez ferme, mes garçons! que dirait-on de nous, en Angleterre, si nous quittions d’ici? » Aux soldats de Néerlande, de Nassau, de Brunswick, le jeune et vaillant prince d’Orange demande s’ils veulent revoir la ruine, le déshonneur de leur pays, la tyrannie impériale. Et de longs hourras répondent à ces énergiques allocutions jetées au milieu des boulets, des obus ricochant, éclatant de toutes parts.

Néanmoins, la situation des Anglo-Hollandais était bien critique (1). Wellington le voyait, mais n’en était pas ébranlé. 11 aurait fait retraite, s’il l’eût pu, a dit Napoléon. Triste vengeance du vaincu que cette allégation tant répé-

(1) « A sept heures environ, la perte extraordinaire d’hommes et la nécessité de porter les réserves en ligne rendirent la situation du duc de Wellington critique. » (Rapport adressé à son gouvernement, par le général autrichien Vincent.) Ce général fut blessé dans la journée. 11 était détaché commejîommissaire au quartier général anglais.

« Vers sept heures du soir..., le duc, qui sentit que le moment était trèscritique, etc. » (Rapport du général Alava, ministre plénipotentiaire d’Espagne près la cour des Pays-Bas, et présent à la bataille, où il fît partie de lelal-major de Wellington.)

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tée! Le plan du général anglais reposait sur la défense du plateau jusqu’à Farrivée des colonnes prussiennes; elles étaient proches; et il aurait renoncé à le disputer, avec la masse de braves qui lui restaient encore ! « Vous pouvez être tué, lui dit lord Hill ; quels sont vos projets, vos instructions?—De tenir ici jusqu’au dernier homme. » Kempt, qui a remplacé Picton dans le commandement de l’aile gauche, fait demander des renforts. « Qu’il n’y compte pas, et qu’il continue la défense ! )> Le mot de la journée est dans ces laconiques réponses, dignes de l’antiquité, des plus beaux temps des armées de notre République. 11 est puéril, peu honorable de méconnaître ses ennemis.

Le redoublement du feu de notre artillerie semblant annoncer une attaque imminente, Wellington s’avance sur le bord du plateau. Bientôt, à travers les éclaircies des fumées de la poudre, il saisit le mouvement de la garde, bien reconnaissable à ses hauts bonnets à poil, et il se prépare pour la rencontrer avec vigueur.

Les batteries à portée reçoivent l’ordre de concentrer leurs coups sur la colonne d’élite. Les bataillons de Brunswick et de Nassau, en deux colonnes serrées, de quatre et ; de trois bataillons, sont en première ligne sur sa direction j meme; ils soutiendront le premier choc. Derrière eux, la. j brigade Maitland (gardes anglaises), déployée et formée sur | quatre rangs, se tient couchée dans un pli de terrain. La di- j vision Chassé est sur la droite de Maitland, une brigade i en deux carrés échelonnés, et, en réserve, une brigade en colonnes serrées.

Le bruit des tambours battant la charge, les cris frénétiques de « Vive l’empereur! )> sont devenus distincts, malgré les grondements de l’artillerie; la garde approche. Les soldats ont l’arme au bras; leurs rangs se serrent et restent alignés sous la mitraille comme en un jour de pa-

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rade. Ney est devant eux, répée à la main. La garde approche toujours. Les batteries qui sont en face d’elle sont enlevées à la baïonnette ou se retirent en désordre. Les bataillons de Brunswick s’avancent à sa rencontre; elle les culbute et les disperse. Le prince d’Orange se précipite en tète des Nassau, et veut, à son tour, l’arrêter; une balle le renverse de cheval ; et les Nassau subisssent le sort des troupes de Brunswick.

Des cris de victoire retentissent dans la colonne française. Le général Friant, blessé et forcé d’abandonner la lutte, dit à Napoléon, resté dans le vallon de la Haie-Sainte, que tout va bien sur le plateau (1).

Au-dessus de la Haie-Sainte, au-dessus de Goumont, d’Erlon et Reille sont aux prises avec la première ligne de l’ennemi. La garde continue sa marche en avant, malgré la mitraille que viennent lui lancer, sur sa gauche, à trois cents pas, une batterie anglaise et l’une des batteries de Chassé; trois bataillons de ce général viennent l’attaquer; elle les repousse et les met en désordre. Mais, tout à coup, se dresse devant elle, presque sous ses pieds, comme un mur rouge, d’où éclate un feu de môusqueterie qui ravage ses rangs. Les soldats de Maitland se sont levés au commandement de Wellington, à cheval derrière leurs rangs. H a crié : a Debout, gardes ! et visez juste! » Il n’a été que trop bién obéi! L’intrépide Michel est frappé à mort; Malet, plusieurs officiers supérieurs sont renversés. Entraîné par la chute de son cheval, le quatrième qui est tué sous lui dans cette terrible journée, Ney tombe. La garde hésite. Mais te brave des braves s’est déjà relevé; et, à sa voix, elle se raffermit, Malheureusement, soit ordre donné, soit instinct du soldat, elle déploie pour répondre à la môusqueterie qui la

(1) Campagne de 1815, par le général Courgaud.

décime d’instant en instant; et, par ce mouvement, elle masque les deux batteries qui l’ont suivie, qui ont pris position sur la crête du plateau, et dont le feu a, jusque-là, protégé ses flancs. Un Hollandais, un soldat formé, grandi dans nos rangs, mais fidèle au drapeau de sa patrie. Chassé saisit le moment, et, à la tète d’une demi-brigade en colonnes serrées, charge la gauche de la garde, baïonnettes croisées (1); Wellington pousse en avant la brigade de Maitland. Mitraillée, fusillée, réduite à quinze ou seize cents hommes, la garde recule, sous la pression du nombre; mais elle recule en combattant, lentement, en bon ordre, sans être entamée. Viennent les bataillons si longtemps laissés à la Haie-Sainte, et elle reprendra l’attaque.

Mais ils ne doivent pas venir.

Le soleil, resté caché jusque-là, projette ses derniers rayons à travers les arbres qui bornent l’horizon vers Draine-l’Alleud.

Il est près de huit heures.

Un péril immense s’est produit, depuis quelques instants, à l’angle de la ligne brisée en équerre sur laquelle combat l’armée française, de ’Goumont à Papelotte, de Papelotte à Plancenoit.

Marcognet, qui couronnait le plateau, Durutte, qui disputait la Haie au prince de Saxe-Weimar, viennent d’être subitement assaillis par deux fortes colonnes d’infanterie débouchant sur celte ferme. Comme leurs soldats, ils les ont prises, d’abord, pour des troupes de Grouchy; car elles se sont fusillées avec les bataillons du prince de Saxe- Weimar, et les ont rompus, dispersés; mais leur erreur a été courte. Il plient, maintenant, sous de nouveaux adver-

(i) Lettre du général Chassé au général Hill (5 juillet 1815). — Réponse du général Hill (11 juillet 1815).

saires. Durulte abandonne Papelotte; Marcognet redescend la pente du plateau; Lobau est menacé d’être pris à revers; une vaste trouée va s’ouvrir dans la ligne française. Des cris d’alarme se sont fait entendre ; le trouble s’est mis dans les divisions de Durulte et de Marcognet; des centaines de leurs soldats ont déjà quitté les rangs et arrivent, éperdus, jusc[u’à la Belle-Alliance. Trente-deux bouches à feu en batterie sur la crête du plateau foudroient les bataillons en retraite à travers le vallon; une masse de cavalerie paraît. C’est la division Steinmetz, avant-garde du corps de Zieten, qui a fait ainsi irruption sur le champ de bataille; c’est la cavalerie de ce corps qui l’appuie immédiatement. Bliicher la conduit (1).

A cette vue. Napoléon arrête les quatre bataillons de la garde, qui s’ébranlaient, enfin, pour marcher aux Anglo- Hollandais. Un changement de front leur est ordonné; ils font face à droite, la gauche vers la Haie-Sainte, la droite vers la Belle-Alliance; immédiatement après, chaque bataillon se forme en carré.

Napoléon espère rallier sur cette ligne les troupes de Mar-

(1) Les Mémoires de Sainte^ Hélène {i. IX, p. 142) disent « qu’il était nuit » quand se produisit celle attaque.

Le bullelin prussien et les écrivains de Prusse la placent, au contraire, à sept heures et demie. Cela ne suffirait pas pour prouver l’inexactitude des Mémoires. Mais elle est mise hors de doute par les relations anglaises. Malgré tout le désir qui y perce, de faire la plus forte part dans le succès à l’armée de Wellington, ces relations conviennent, en effet, que ce fut vers sept heures et demie que Papelotte fut emporté par Zieten.

Le général Vincent, commissaire près de Wellington, et peu disposé, sans doute, en sa qualité d’Autrichien, à exagérer l’importance de l’intervention prussienne, dit, dans son rapport : « La tète du 1er corps prussien (Zieten) atteignit la Haie vers sept heures environ. »

Du reste. Napoléon, dans sa première relation {Campagne de 1815, par Courgaud), a écrit : « Il était de sept heures et demie à huit heures, un cri d’alarme se fit entendre; Blücher, avec le corps de Zieten, aborda le village (ferme) de la Haie (Papelotte), qui fui aussitôt enlevé. »

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cognet et de DuruUe, qui continuent à reculer, dont les fuyards augmentent à chaque instant.

Espérance épliémcre! Des hauteurs dominant la Haie- Sainte, les divisions Donzelot et Quiot ont vu la marche victorieuse des Prussiens, la retraite qui s’opère à droite de la chaussée, le désordre qui s’y manifeste; elles sont étonnées, hésitent, reculent.

En ce moment, les Anglo-Hollandais ont forme plusieurs colonnes et prononcent une vigoureuse attaque.

Dès qu’il a vu l’entrée en ligne de Zieten, Wellington a ordonné, en effet, un mouvement général en avant; et cet ordre s’exécute. Bientôt, notre centre et notre gauche sont violemment refoulés. Les soldats de Quiot, de Donzelot pi écipitent leur retraite; la Haie-Sainte est abandonnée; des , rangs entiers se débandent; la confusion du reste est immi- , nente. Les bataillons de la garde qui ont continué, en dé- ! bris, leur lutte héroïque sur la pente du plateau, le corps ^ de Reille, sont entraînés dans le mouvement rétrograde, f Mais il restent en ordre et cèdent lentement le terrain.^ Beille dispute la partie inférieure du bois de Goumont. Ney fait replier, à gauche de la chaussée, 1 infanterie mutilée de la garde et en forme deux carrés vers la Delle-i

Alliance. 1

L’œil en feu, la bouche écumante, les vêtements criblé^ de balles, souillés de sangetdeboue, il excite tout le mondt^ au devoir. « C’est ici, s’écrie-t-il, la clef de 1 independanc(| nationale; il faut y tenir jusqu’au dernier! » Et, dans son exaltation furieuse, rencontrant d’Erlon, qui s’épuise à rallier, à raffermir ses soldats, il lui dit : « Toi et moi, si la mitraille anglaise nous ménage, nous sommes sûrs de notre sort : nous serons pendus. »

Depuis le commencement de la journée, Wellington, oi l’a vu, avait laissé sur son extrême gauche, pour la flan

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