‹ Histoire de la campagne de 1815, WaterlooChapitre 159 sur 261 · CHAPITRE DOUZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIEME

a donné l'évaluation la plus modérée, les estime à 25,600 hommes, dont 7,000 prisonniers. Mais une pièce officielle existant aux archives du dépôt de la guerre, à Paris, donne raison d'admettre que cette estimation est trop faible de huit ou neuf mille hommes (1).

Nos officiers généraux avaient payé un cruel tribut au destin de la guerre : Michel, Duhesme, Desvaux (commandant l'artillerie de la garde), Bauduin étaient tués ; Friant, Barrois, Foy, Durutte, Guyot, Durrieu, Lhéritier, Delort, Colbert, Malet, Travers, Dnop, Blancard, Lallemand, Farine, Guiton, Cambronne étaient blessés; ce dernier et Lobau étaient prisonniers.

Aux pertes subies par le personnel de l'armée, se joignait celle de presque tout notre matériel. Le 48 au matin, nous avions 248 bouches à feu (y compris la batterie de la division Girard) ; le lendemain, il n'en restait pas 50. Le grand parc, l'équipage de pont étaient tombés, à peu près entièrement, aux mains de l'ennemi.

Rien ne manquait au désastre. Pour surcroît de malheur, Napoléon n'avait préparé aucune réserve qui pût recueillir l'armée fuyant en déroute vers la France, former un appui sur lequel elle vînt se rallier, se réorganiser ; et Wellington et Blùcher devaient se précipiter sur ses pas; et, prévenus déjà

(1) Celle pièce est une situation détaillée, par division, de l'armée réunie sous Paris. Elle est datée du Ie* juillet (voir note E) et porte à 37,000 hommes, officiers compris, l'effectif des divers corps revenus de Waterloo. En retranchant de ce nombre la division Girard, forte alors de 2,000 hommes, il se réduit à 33,000. On pourrait donc en conclure que l'armée qui combattit à Waterloo, comptant 72,000 hommes, en perdit 37,000. Mais la conséquence ne serait peut être pas exacte, parce que, d'une part, un certain nombre d'hommes déserta, après avoir repassé notre frontière, et que, de l'autre, plusieurs corps, notamment la cavalerie de la garde, reçurent quelques renforts la veille du 1er juillet. Cependant, la probabilité est, comme nous l'avons dit, que nos pertes en tués, blessés, prisonniers, s'élevèrent à 51,000 ou 32,000 hommes.

de l'ouverture des hostilités, avertis bientôt de la victoire remportée en Belgique, les armées russe, autrichienne, les contingents de la confédération germanique allaient se hâter d'accourir, sur les routes de Paris pour renforcer Anglais et Prussiens, pour accabler la France sous le poids de tant de masses.

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