‹ Histoire de la campagne de 1815, WaterlooChapitre 179 sur 261 · CHAPITRE QUATORZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIEME

et trois escadrons d'Excelmans, s'était porté sur ce dernier point. Il avait enlevé quelques maisons isolées, mais n'avait pu pénétrer plus avant. Il tiraillait, maintenant, sans résultat.

Occupé par deux compagnies qu'appuyait un bataillon et que protégeaient huit bouches à feu en position sur la pente de la hauteur immédiatement en arrière, où Stiilpnagel avait établi sa division, le moulin de Bierges avait résisté à toutes les tentatives faites pour l'emporter.

Des troupes de Lefol (corps de Vandamme) ayant échoué, Grouchy les avait fait relever par des troupes de la division Hulot; et celles-ci n'avaient pas eu plus de succès. L'intrépide Gérard, qui les menait, l'épée à la main, marchant en tête d'un bataillon du 9e léger, avait été blessé grièvement d'une balle : elles avaient reculé.

Les difficultés du terrain, la ténacité de l'ennemi avaient continué, depuis, à paralyser les efforts renouvelés des assaillants.

Il était sept heures.

Depuis le moulin de Bierges jusqu'à Basse-Wavre, le feu de l'artillerie et de la mousqueterie était devenu très-vif. Les deux rives de la Dyle étaient garnies de nombreux tirailleurs.

Ce fut alors que Grouchy reçut (1) la dépêche du major général Soult, datée du champ de bataille de Waterloo, et d'une heure après midi. Dans cette dépêche, on se le rappelle, Napoléon approuvait le mouvement sur Sart-lez-Walhain, qui, à son avis, avait dû porter le maréchal sur Gorbais ou Wavre; recommandait à celui-ci, pourtant, de toujours manœuvrer dans la direction de Mont-Saint-Jean; et lui signalait l'apparition du corps de Bùlow sur Chapelle-Saint-Lambert, ajoutant : « Ne perdez pas un instant pour vous rapprocher de nous et pour écraser Bulow, que vous prendrez en flagrant délit (2). »

(1) Rapport de Grouchy à Napoléon. — Dinant, le 20 juin.

(2) « Vous avez écrit, ce matin à deux heures, à l'empereur que vous

Écraser Bulow! Au moment où ces instructions arrivaient à leur destination, le général prussien était, depuis longtemps sur Plancenoit, à la tête de son corps d'armée, aux prises avec Lobau, Duhesme, Morand; et Grouchy en était à plus de quatre lieues.

Le maréchal prit le meilleur parti qu'il eût à prendre et auquel il aurait dû se décider plus tôt. Il résolut de passer la Dyle au-dessus de Bierges. Opération doublement avantageuse, si elle réussissait, puisqu'elle permettrait de tourner la position attaquée vainement de front, et de jeter au loin des partis qui chercheraient à lier les communications avec Napoléon.

Sur-le-champ, Vandamme reçut l'ordre de faire remplacer ceux des bataillons Gérard qui étaient engagés devant le moulin de Bierges et d'entretenir le combat, depuis ce point jusqu'à Basse-Wavre. Les trois divisions d'infanterie de ce dernier, qui laissait le commandement de son corps à Vichery, marchèrent par leur gauche, remontant la vallée de la Dyle, jusqu'en face de Limai, où, appuyées par la cavalerie de Vallin, elles durent forcer le passage.

Limai et Limelette, nous l'avons dit, étaient observés par trois bataillons et trois escadrons, sous le commandement du colonel Stengel et détachés du corps de Zieten. Les deux ponts sur la Dyle étaient faciles à détruire, puisqu'ils étaient en bois. Stengel les avait pourtant laissés intacts.

Vers huit heures, ou un peu plus tard, Vichery arriva devant celui de Limai; y jeta brusquement un bataillon qui s'en empara après une courte résistance; et, sans perte de temps, il fit déboucher, au delà, tout son corps d'armée. Stengel s'efforça de défendre la rampe rapide qui conduit du pont au village; mais il fut vivement replié. Vichery s'empara du vil-

marcheriez sur Sart-lez-Walhain; donc, votre projet était de vous porter à Corbais ou à Wavre. Ce mouvement est conforme aux dispositions de Sa Majesté, qui vous ont été communiquées. Cependant, l'empereur m'ordonne de vous dire que vous devez toujours manœuvrer dans notre direction... » (Dépêche déjà citée, page 262.)

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