CHAPITRE QUATORZIEME. m
Limai et de Limelette. Le moulin de Bierges, dominé au nordouest par la hauteur où s'élève le village de ce nom, esta moins d'une demi-lieue, Limai à une lieue, Limelette à cinq quarts de lieue ou un peu plus de Wavre.
Ni les ponts de cette ville ni les autres que nous venons d'indiquer n'avaient été détruits. Preuve de confiance, mais non de prévoyance.
Thielmann expédia un officier à Blucher pour l'avertir de ce qui se passait et fit rapidement ses préparatifs de défense. La division Stùlpnagel (9 bataillons) occupa le village de Bierges et le moulin au-dessous. La division Kemphen (6 bataillons) se porta sur la hauteur immédiatement en arrière de Wavre, sa droite vers Stiilpnagel ; la division Luck (0 bataillons) vint se placer à cheval sur la route de Bruxelles, sa droite vers Kemphen. Borcke, avant de passer la Dyle, avait jeté trois bataillons avec deux escadrons, sous les ordres du colonel Zepelin, dans le faubourg de Wavre; ils y restèrent. Il en fut de même de quelques centaines d'hommes qu'il avait laissés à Basse- Wavre. Ce général marchait alors sur Couture- Saint-Germain avec le reste (6 bataillons) de sa division. Thielmann lui fit ordonner de poursuivre sa route (1).
Limai et Limelette étaient observés par trois bataillons et trois escadrons que Zieten y avait détachés de son arrièregarde, en quittant son bivac de Bierges, à midi.
Grouchy, en arrivant en vue de Wavre, avait reçu la lettre, datée de dix heures du matin, par laquelle Napoléon le prévenait qu'il allait livrer bataille aux Anglo-Hollandais et lui ordonnait « de diriger ses mouvements sur ce point (2). » Il
(1) Nous suivons ici la version de Wagner. Uamilz dit que Borcke devait rester sur Wavre avec toute sa division, et qu'il ne s'en éloigna que par suite d'un malentendu dans la transmission de l'ordre. Cela paraît peu croyable.
(2) « Sa Majesté désire que vous dirigiez vos mouvements sur Wavre, où vous devez arriver le plus tôt possible. » (Lettre citée page 259.)
en avait conclu que l'attaque qu'il allait faire était conforme aux intentions du général en chef; et il en avait pressé l'exécution.
Vandamme avait pris position, la droite vis-à-vis de Wavre, la gauche vis-à-vis de Bierges. A quatre heures, nous l'avons dit, son artillerie avait ouvert le feu contre le faubourg. Peu après, le moulin de Bierges fut canonné aussi.
Excelmans s'était porté en arrière et à droite de Vandamme, attendant que l'infanterie lui ouvrît le passage. Un de ses régiments éclairait le pays vers la chaussée de Namur à Louvain.
La division d'avant- garde de Gérard, celle de Hulot, atteignait les hauteurs où était la gauche de Vandamme. La cavalerie de Vallin observait Limai et Limelette.
Pajol et Teste, appelés déjà de Tourinnes, avaient reçu l'ordre de hâter le pas et de se diriger sur Limai.
En voyant paraître sur les hauteurs les premières troupes de Vandamme, le colonel Zepelin avait commencé à la hâte des dispositions de défense, barricadant les ponts, perçant des créneaux dans les murs des maisons et des jardins du faubourg; et il avait continué ce travail sous les boulets lancés par deux batteries, dont une de douze. Ses soldats y étaient encore occupés au moment où Vandamme fit avancer contre lui la division Habert.
Le faubourg, abordé avec grande vigueur, fut défendu de même. Zepelin, renforcé par un bataillon de la division Luck, s'y maintint près de deux heures. Il en fut enfin chassé; et Habert, culbutant les barricades, déboucha par les deux ponts, malgré le feu de l'artillerie en batterie dans leur prolongement et sur les hauteurs qui les dominent.
Parallèlement à cette attaque, (irouchy avait ordonné d'en diriger une contre le moulin de Bierges, une autre contre Basse-Wavre.
Un des bataillons de Habert, soutenu par quelque artillerie