CHAPITRE DIX-SEPTIEME
se présentaient : l'une par Fleurus, faisant déboucher sur Marchienne et Charleroi ; l'autre par Namur, au confluent de la Sambre et de la Meuse, conduisant sur Givet. La première était la plus courte ; mais elle était, à coup sûr, occupée, ou bien près de l'être, par les masses anglo-prussiennes; on ne pouvait songer à s'y engager ; la seconde en divergeait beaucoup; mais elle laissait quelque espoir, par cette divergence même, d'échapper à l'ennemi; on se décida à la prendre.
Grouchy arrêta son infanterie sur les hauteurs de la Bawette, l'appuyant et l'éclairant, à droite, par la division Soult, à gauche par celle de Vallin ; et il ordonna à ces derniers de maintenir, pendant quelque temps encore, des partis à la suite de Thielmann, qui à présent hâtait sa retraite. Simultanément, il envoya Excelmans, avec sept régiments de dragons, se saisir de Namur; et, peu après, se mettant lui-même à la tête du corps de Gérard, se dirigea sur le même point.
Vandamme, avec son corps, avec Pajol et Teste, resta sur la rive gauche de la Dyle, et y resta trop longtemps.
Fort heureusement, Thielmann prolongea sa retraite, sans se retourner, jusqu'à Rhode-Sainte-Agathe , où il bivaqua, le soir même; aucun corps ennemi ne se montra sur Wavreî Vandamme prit à son tour, mais très-avant dans la journée, la direction de Namur ; et, vers le milieu de la nuit, il arriva à Gembloux, n'ayant pas eu à brûler une cartouche en chemin. Ses troupes, exténuées, avaient besoin de quelque repos; il s'arrêta dans cette ville.
Excelmans avec ses dragons, Grouchy avec le corps de Gérard, avaient trouvé aussi le terrain libre devant eux. En ce moment, le premier était établi à Namur, le second à côté de Sombreffe, sur la chaussée même de Nivelles à Namur.
Dans les combats autour de Wavre, les pertes de Thielmann s'étaient élevées, d'après les historiens prussiens, à 2,476 hommes ; celles de Grouchy avaient dû atteindre à peu près le même chiffre.
Le maréchal français, occupant maintenant Namur, Gembloux et la chaussée de Sombreffe à Namur, était dans une position moins critique que le matin; mais il n'avait encore aucune certitude de salut. Il pouvait toujours être prévenu sur le chemin de la frontière et être pressé, en même temps, par la poursuite de l'ennemi. Il devait donc hâter sa marche sans perte d'un instant.
Elle fut peu rapide, cependant.
Trop intelligent pour ne pas comprendre l'extrême nécessité de se hâter, mais déjà découragé par la nouvelle du désastre de Waterloo, indifférent à la conservaiion de ses troupes, comme à la sienne propre, car le courage ne lui manquait pas, Vandamme ne leva ses bivacs qu'à sept heures du matin, au risque de payer bien cher l'excès de temps donné au sommeil.
11 se dirigea sur Namur par l'abbaye d'Argenton, en suivant une traverse où se trouve un défilé long et difficile qui attarda beaucoup son mouvement. Il avait franchi ce défilé, et sa tête de colonne n'était plus qu'à une lieue de Namur, quand le canon gronda à son arrière-garde, vers Rhisnes. Depuis quelque temps déjà, on l'entendait, vers Temploux, sur la chaussée deNivelles à Namur : Grouchy, resté avec le corps de Gérard, était attaqué comme Vandamme. Retardé peut-être par les insouciantes lenteurs de son lieutenant, dont il n'avait pas su activer le départ, le maréchal n'avait pas, on le voit, marché plus vite que lui. Temploux est à deux lieues de Namur.
A Rhisnes, c'était la cavalerie de Thielmann sous le commandement de Hobe ; à Temploux, le corps de Pirch I, qui venaient disputer la retraite.
Le 18 juin, au commencement du combat de Wavre, Thielmann, nous l'avons dit, avait dirigé sur Couture-Saint-Germain, avec six bataillons, le chef d'une de ses divisions, le général Rorcke.
Rorcke était arrivé à Chapelle-Saint-Lambert à l'entrée de la