‹ Histoire de la campagne de 1815, WaterlooChapitre 213 sur 261 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME. i

diatement parmi ses troupes ; et, profitant de l'ardeur qu'elle leur inspira, il tenta de regagner le terrain perdu, de retenir le plus longtemps possible son adversaire sur le plateau de la Dyle.Blùcher annonçait, en effet, qu'un corps prussien marchait par son ordre pour couper la retraite au détachement français fourvoyé surWavre; et tout prolongement de combat favorisait cette manœuvre.

Le centre et la droite des Prussiens se reportant en avant, le bois de Rixensart fut repris. Mais Hulot y revint promptement et l'enleva encore une fois; Teste emporta Bierges; le moulin au-dessous fut évacué; Vandamme en profita pour faire passer la Dyle à la division Berthezène, qu'il avait gardée sur la rive droite, et la jeta sur la gauche prussienne.

Thielmann, ainsi pris en flanc, voyant, en outre, nos progrès à l'aile opposée, craignant de perdre le chemin de Louvain, ordonna la retraite; et ne la différa que pendant le temps indispensable pour faire replier les troupes qu'il avait encore à Wavre.

Dès qu'elles l'eurent rallié, il prononça sa marche en arrière, se dirigeant en trois colonnes sur Ottenbourg et Rhode-Sainte- Agathe, qui est à trois lieues de Louvain, et à moindre distance de Wavre.

Il se retirait, couvert par un fort déploiement d'artillerie; Vandamme avait fait déboucher de Wavre la division Habert et arrivait sur les hauteurs de la Bawette ; notre cavalerie dépassait Chambre, lorsque l'officier d'état-major expédié des Quatre- Bras, la veille, par Napoléon, se présenta à Grouchy et lui apprit la perte de la bataille de Waterloo, la déroute de l'armée. Il était onze heures.

Cet officier, monté, sans doute, sur un cheval fatigué, avait employé douze heures à parcourir une distance de douze lieues,

par Bliicher à Thielmann du champ de bataille de Waterloo, le 18 juin , à la nuit, et que tous les deux s'égarèrent.

m WATERLOO.

et pas un autre que lui n'avait été chargé de transmettre une nouvelle dont le retard compromettait le salut de trente mille hommes !

Atterré par le funeste rapport qui lui révélait tout le péril de sa situation, le maréchal appela à lui Vandamme et trois ou quatre généraux pour leur demander conseil. 11 pleurait, a dit un témoin. On eût dit qu'il prévoyait les iniques récriminations, les calomnies qui devaient assaillir sa mémoire.

Le seul et si tardif messager de la catastrophe n'était porteur d'aucune dépêche écrite, d'aucun ordre : sa mission se réduisait à annoncer que l'armée était vaincue, en fuite, débandée, et que Napoléon se retirait sur la Sambre. Vers quel point entrait-il dans les vues du chef que Grouchy dirigeât sa retraite? Le chef, dans son trouble extrême, avait oublié de l'indiquer.

Mais cette retraite était-elle encore possible ? Cela paraissait bien douteux. Dès la veille, Blùcher avait eu certainement avis du combat de Wavre, et, immédiatement après la victoire, il avait dû détacher des forces suffisantes pour accabler la colonne qui avait attaqué son lieutenant. Ce détachement, il fallait s'attendre à le voir paraître au premier moment, à subir son choc en queue, en flanc, pendant qu'on aurait à faire face à Thielmann revenu sur ses pas; et si,. par hasard, la manœuvre combinée par Blûcher ne s'opérait pas maintenant sur le plateau de la Dyle, on devait la trouver bientôt ailleurs.

Vandamme, plus aventureux alors en paroles qu'en action, proposa de précipiter, par un vigoureux coup de collier, la retraitede Thielmann vers Louvain, de se rabattre sur Bruxelles et, de là, gagner la route de Flandre, qui ne devait pas être gardée. Entreprise encore plus folle que hardie; car elle aurait allongé le chemin du retour et donné à l'ennemi tout le temps de la faire avorter.

Vandamme resta seul de son avis.

Après une courte discussion, on reconnut qu'il fallait atteindre la frontière le plus promptement possible. Deux directions

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