‹ Histoire de la campagne de 1815, WaterlooChapitre 219 sur 261 · CHAPITRE DIX-SEPTIEME. iSS · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIEME. iSS

mée anglo-hollandaise assiégerait le Quesnoy, Valenciennes, et les places à la gauche de la Sambre; l'armée prussienne, Landrecies, Maubeuge, Marienbourg, Philippeville, Givet; le corps de la confédération germanique stationné dans le Luxembourg, les places de la Meuse au-dessus de Givet.

En conséquence de ces dernières dispositions, Wellington détacha de son armée le prince Frédéric des Pays-Bas avec trois brigades d'infanterie qui n'avaient pas combattu à Waterloo, et une brigade de cavalerie ; • Bliïcher, le corps de Pirch I tout entier.

Ces détachements faits, l'armée anglo-hollandaise compterait encore près de soixante mille hommes; l'armée prussienne dépasserait ce chiffre.

C'était donc avec cent vingt mille hommes qu'elles allaient se porter sur la capitale de la France, en prêtant le flanc à l'armée réunie à Laon et ayant à sa disposition la place de la Fère et son pont sur l'Oise, et tous les ponts au-dessous.

On a dit, non qu'on en ait la moindre preuve, mais sur une grande probabilité, qu'au moment où ils prirent leur résolution, les deux généraux ennemis connaissaient déjà l'abdication de Napoléon. Ce qui est plus certain, c'est qu'ils avaient bien mesuré l'étendue de notre désastre, et qu'ils savaient qu'aucune réserve, qui pût réparer nos pertes, n'avait été préparée par Napoléon (1).

Au reste, s'ils ignoraient l'abdication le 23 juin, ils en furent officiellement informés le lendemain. Le général Morand, par ordre du maréchal Soult, la fit signifier à Zieten pour qu'il la transmît à Bliicher avec une demande d'armistice.

(i) Wellington écrivait, de Nivelles, le 20 juin, à Dumouriez : « Jamais je n'ai vu une telle bataille que celle d'avant-hier, ni remporté une telle victoire, et j'espère que c'est fini de Bonaparte. »

Sa correspondance, antérieure à l'ouverture de la campagne, prouve clairement, nous l'avons déjà dit, qu'il était très-bien instruit des forces de Napoléon.

Soult agissait d'après les instructions du gouvernement provisoire ou commission executive, qui se laissait aller à croire que, Napoléon résignant la couronne, les alliés devaient suspendre leur marche. Les souverains n'avaient-ils pas déclaré, dans leurs manifestes, faire la guerre à Napoléon seul, non à la France?

La réponse exorbitante de Blùcher ne fut pas de nature à entretenir cette illusion : il consentait à un armistice si on lui livrait Napoléon et si on cédait les places fortes du Nord, de la Meuse, de la Moselle.

Ce jour-là, il porta son quartier général à Henappe. Il marchait, maintenant, sur deux colonnes. Celle de gauche, formée des corps de Zieten et de Thielmann, se dirigeait par Guise, Origny et Chauny sur Compiègne; celle de droite, composée du corps de Bùlow, par Nouvion et Saint-Quentin sur Pont- Sainte-Maxence. L'Oise coule à Compiègne et dans cette dernière ville.

La première colonne prit le fort de Guise sans coup férir et bivaqua à cette hauteur, ayant une avant-garde à Origny, des coureurs sur la Fère et douze escadrons vers Laon.

La seconde ne dépassa pas Nouvion.

Le 25 juin, Zieten poussa jusqu'à Cérisy, Thielmann jusqu'à Origny, Bulovv jusqu'à Essigny. Une division de Zieten alla prendre position devant la Fère, sommant le commandant de cette place de la rendre. Le quartier général prussien fut à Saint-Quentin. Blûcher y reçut une nouvelle demande d'armistice. Celle-ci lui était adressée, de Laon, par des plénipotentiaires nommés par le gouvernement provisoire. Il leur envoya deux officiers de son état-major avec la réponse qu'il avait déjà faite à Morand.

Le 26 juin, l'armée prussienne continua son mouvement. Zieten atteignit Chauny; Thielmann, Guiscard; Bùlow, Ressous, jetant des partis vers Verberie, Pont-Sainte-Maxence et

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