‹ Histoire de la campagne de 1815, WaterlooChapitre 222 sur 261 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME. Ui · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME. Ui

comme ils y entraient, ils furent accueillis par une fusillade qui les força à rebrousser chemin. L'ennemi était déjà dans la ville. D'Erlon, voulant éviter un combat de nuit, ne pas compromettre sa troupe, cherchant à couvrir de son mieux la gauche et les derrières de l'armée, appuya vers Mont-1'Évêque, où il prit position, sans être inquiété.

Sur l'avis heureusement envoyé par d'Erlon, Grouchy avait écrit à Vandamme de diriger, « sans perte d'une minute, » et des points où elles se trouveraient au reçu de l'ordre, toutes ses divisions sur la Ferté-Milon, d'où elles gagneraient Dammartin par Azy. Lui-même avait mis en marche sur Villers- Cotterets toute la partie de l'armée réunie autour de Soissons.

La hâte était, en effet, bien nécessaire; on était exposé à payer bien cher la négligence incroyable de Soult.

Zieten avait passé l'Oise à Compiègne, porté trois de ses divisions au delà de la forêt jusqu'à Bethencourt et faisait avancer la quatrième, commandée par Pirch II, avec de la cavalerie, vers Villers-Cotterets. Thielmann était à Compiègne, ayant passé la rivière. Bùlow l'avait franchie à Pont- Sainte-Maxence, occupant Senlis par une division, celle dont l'avant garde avait repoussé les cuirassiers de Kellermann.

Arrivé fort tard à Villers-Cotterets, Grouchy y resta peu. Avant le point du jour, il leva ses bivacs, se dirigeant par Nanteuil sur Dammartin.

Cependant, son extrême arrière-garde était encore à Villers- Cotterets, quand Pirch II l'attaqua et l'en chassa. On avait si mal éclairé le pays , que ce général venait d'enlever, tout près de la ville, une batterie d'artillerie légère : son attaque était une véritable surprise.

Au bruit du combat, Grouchy revint au galop et fit soutenir son arrière-garde. Pirch II s'était déployé, la gauche au château, la droite à Longpré. La canonnade s'ouvrit; et il essayai en vain de déboucher de Villers-Cotterets, lorsque sa gauche fut subitement prise à dos. En opérant le mouvement qui lui

avait été ordonné, la veille, Vandamme avait porté sa droite sur la chaussée de Soissons à Villers-Cotterets; et c'était lui qui attaquait les Prussiens.

Une division d'infanterie aborda la ville, pendant qu'une brigade de cavalerie la tournait. Les Prussiens furent culbutés et rejetés jusqu'à Bonneuil, où ils s'engagèrent sur la route de Compiègne à Crespy.

Après ce coup de vigueur, Grouchy continua sa retraite vers Nanteuil et Dammartin, et prescrivit à Vandamme, au lieu de se diriger sur Dammartin par la Ferté-Milon, de prendre, à ce dernier point, le chemin de Meaux pour atteindre ensuite Paris par Lagny.

Grouchy, en arrivant à Levignon en deçà de Nanteuil, trouva le village occupé par Zieten. Les cuirassiers de Milhaud, et Reille avec son corps, étaient déjà au delà. Le maréchal, qui marchait avec la garde, était coupé. Il évita le combat, et, après une légère canonnade, il obliqua à gauche sur Azv, puis se porta sur Claye, où il bivaqua.

Le soir, Reille et d'Erlon se réunirent près de Gonesse, à la Patte d'oie où se croisent les chaussées de Paris à Soissons et à Senlis, et vinrent s'établir près du Bourget, à deux lieues de Paris. Reille avait fait seize lieues dans la journée. D'Erlon avait marché plus lentement, afin de couvrir la retraite; et il n'avait eu à repousser aucune attaque sérieuse.

Le lendemain, 29 juin, l'un et l'autre entrèrent dans les lignes construites au nord de Paris. La garde les rejoignit avant midi. Vandamme avec les corps sous ses ordres arriva dans la soirée et alla prendre position sur les hauteurs de Montrouge, au sud de la capitale.

Ce jour-là, Blûcher eut son quatier général à Gonesse; le corps de Bùlow fut au Bourget, celui de Zieten à Blancménil, celui de Thielmann à Dammartin.

L'armée anglaise, dont le chef ne partageait pas l'impatiente ardeur de Blùcher, était encore à Gournay, Clermont, Saint-

Page 1