‹ Histoire de la campagne de 1815, WaterlooChapitre 29 sur 261 · CHAPITRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIEME

Composition de l'armée destinée à agir en Belgique. — Sa concentration sur la Sambre. — Position qu'elle occupe le 14 juin. — Son effectif. — Son état moral. — Ordre du jour de Napoléon.

L'armée destinée à agir en Belgique, sous le commandement immédiat de Napoléon, était composée des 1er, 2e, 3e, 4e, 6e corps d'infanterie, de la garde impériale et des quatre corps de réserve de cavalerie.

Depuis quelques jours, son état-major général avait été formé et le maréchal Soult appelé à le diriger sous ce titre de major général qu'avait porté si longtemps Berthier, maintenant exilé volontaire et victime prochaine d'une mort mystérieuse et tragique.

Soult avait son quartier général à Laon.

Le 1er juin, les troupes de ligne en garnison dans les places fortes y avaient été remplacées par des gardes nationales mobilisées.

A cette époque, le 1er corps d'infanterie, sous d'Erlon, était près de Valenciennes; le 2e, sous Reille, près d'Avesnes; le 5e, sous Vandamme, près de Rocroi; le 4e, sous Gérard, près de Metz ; le 6e, sous Lobau, près de Laon, ayant une de ses divisions près d'Arras; la garde impériale, presque tout entière, à Compiègne; le 1er corps de réserve de cavalerie, sous Pajol, le 2e, sous Excelmans, le 3e, sous Kellermann, le 4e, sous Milhaud, de Laon à Avesnes, celui-ci ayant encore

l'une de ses divisions en Alsace. Ces quatre derniers généraux avaient pour commandant en chef le maréchal Grouchy. Le parc général était à la Fère.

Résolu à porter la guerre en Belgique, Napoléon fit mettre tous ces corps en marche de manière à ce qu'ils fussent réunis le 14 juin, entre Sambre et Meuse, vis-à-vis de Charleroi, sur l'extrême frontière.

Les mouvements de Reille, d'Erlon, deVandamme, furent masqués par des gardes nationales mobilisées qui relevèrent les troupes de ligne aux avant-postes et occupèrent les débouchés avec tout ce qu'elles avaient d'hommes en uniforme.

Le 1er juin, Napoléon avait inauguré sa prise de possession constitutionnelle du pouvoir, dans une solennité plus militaire que civile, où, pour la première fois, il avait proclamé le danger de la patrie; c'était bien tard. Le 7, il avait fait l'ouverture de la session des chambres; le H, il avait reçu leurs adresses, où des assurances de dévouement cachaient mal des sentiments, des prétentions qui lui avaient arraché des paroles amères, mais non dépourvues de grandeur; et le lendemain, à quatre heures du matin, il partait de Paris, très-préoccupé des dispositions de ce parlement qu'il laissait derrière lui. Le soir, il couchait à Laon et constatait que les travaux de fortification, tardivement ordonnés dans cette ville, comme ailleurs, n'étaient pas terminés.

Le 13, il était à Avesnes ; le 14 à Beaumont, à huit lieues de Charleroi.

L'armée achevait de se concentrer. Le soir, elle bivaqua sur trois directions.

La gauche, forte de moins de quarante-cinq mille hommes et composée des 1er et 2e corps d'infanterie, sur la rive droite de la Sambre, à Leers-Fosteau et Solre-sur-Sambre : le 2e corps en tête.

Le centre, de plus de soixante mille hommes, et formé des 5e et 6* corps d'infanterie, de la garde impériale, des corps de

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