‹ Histoire de la campagne de 1815, WaterlooChapitre 65 sur 261 · CHAPITRE HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIEME

jour; mais je veux vous en écrire en détail parce que c'est de la plus haute importance. Je porte le maréchal Grouchy avec les 3e et 4e corps d'infanterie sur Sombreffe. Je porte ma garde à Fleurus, et j'y serai de ma personne avant midi. J'y attaquerai l'ennemi, si je le rencontre, et j'éclairerai la route jusqu'à Gembloux. Là, d'après ce qui se passera, je prendrai mon parti, peut- être a trois heures après midi, peut-être ce soir. Mon intention est que, immédiatement après que j'aurai pris mon parti, vous soyez prêt à marcher sur Bruxelles,- je vous appuierai avec la garde, qui sera à Fleurus ou à Sombreffe; et je désirerais arriver à Bruxelles, demain matin. Vous vous mettriez en marche ce soir même, si je prends mon parti d'assez bonne heure pour que vous puissiez en être informé de jour et faire, ce soir, trois ou quatre lieues et être, demain, à sept heures du matin, à Bruxelles.

» Vous pouvez donc disposer vos troupes de la manière suivante : première division à deux lieues en avant des quatre chemins (1), s'il n'y a pas d'inconvénient ; six divisions d'infanterie autour des quatre chemins et une division à Marbais (2), afin que je puisse l'attirer à moi à Sombreffe, si j'en avais besoin: elle ne retarderait, d'ailleurs, pas votre marche; le corps du comte de Valmy (Kellermann), qui a trois mille cuirassiers d'élite, à l'intersection du chemin des Romains et de celui de Bruxelles, afin que je puisse l'attirer à moi, si j'en avais besoin; aussitôt que mon parti sera pris, vous lui enverrez l'ordre de venir vous rejoindre. Je désirerais avoir avec moi la division de la garde que commande le général Lefebvre Desnouettes ; et je vous envoie les deux divisions du comte de Valmy pour la remplacer. Mais, dans mon projet actuel, je préfère placer le comte de Valmy de manière à le rappeler, si j'en avais besoin, et ne point faire faire de fausses

(1) Quaire-Bras.

(2) A mi-chemin, à peu près, des Quatre-Bras à Sombreffe.

marches au général Lefebvre Desnouettes, puisqu'il est probable que je me déciderai, ce soir, à marcher sur Bruxelles avec la garde. Cependant, couvrez la division Lefebvre avec les deux divisions de cavalerie d'Erlon et de Reille, afin de ménager la garde et parce que, s'il y avait quelque échauffourée avec les Anglais, il est préférable que ce soit sur la ligne que sur la garde.

» J'ai adopté, comme principe général, pendant cette campagne, de diviser mon armée en deux ailes et une réserve. Votre aile sera composée des quatre divisions du 1er corps, des quatre divisions du 2e corps, de deux divisions de cavalerie légère, et de deux divisions du corps de Valmy. Cela ne doit pas être loin de 45 à 50 mille hommes.

» Le maréchal Grouchy aura à peu près la même force et commandera l'aile droite. La garde formera la réserve ; et je me porterai sur l'une ou l'autre aile suivant les circonstances. Le major général donne les ordres les plus précis, pour qu'il n'y ait aucune difficulté sur l'obéissance à vos ordres lorsque vous serez détaché, les commandants de corps devant prendre mes ordres quand je me trouverai présent. Selon les circonstances, j'affaiblirai l'une ou l'autre aile en augmentant ma réserve.

» "Vous sentez assez l'importance attachée à la prise de Bruxelles. Cela pourra, d'ailleurs, donner lieu kdes accidents; car un mouvement aussi prompt et aussi brusque isolera l'armée anglaise de Mons, Ostende, etc.

» Je désire que vos dispositions soient bien faites pour qu'au premier ordre, vos huit divisions puissent marcher rapidement et sans obstacle sur Bruxelles. »

Pendant que Napoléon dictait cette lettre, le major général en écrivait comme le duplicata. Il disait au maréchal Ney : « L'empereur ordonne que vous mettiez en marche les i«* <7 21' corps d'armée, ainsi que le 3e corps de cavalerie (Kellermann)... pour 1rs diriger sur l'intersection des chemins dits les

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