CHAPITRE HUITIÈME. U
division Hulot et celle de Maurin, du corps de Gérard, la cavalerie légère de Pajol et les dragons d'Excelmans.
Il avait pris position, on l'a vu, en retour sur Gérard. Les divisions Hulot et Maurin étaient à sa gauche, vis-à-vis du coude du Ligny.
En face de lui étaient les quatre divisions d'infanterie et la cavalerie du corps de Thielmann, disposées comme nous l'avons indiqué :1a division Borcke à côté de Sombreffe; celle de Stùlpnagel au Point-du-Jour; celle de Luck sur la hauteur de la chaussée de Fleurus, en deçà du pont; celle de Kemphen à côté de Tongrinne; la cavalerie de réserve, entre ce village et la chaussée.
Vers quatre heures seulement, les tirailleurs de Hulot s'étaient engagés avec ceux de Thielmann dans le coude du Ligny. Mais, une heure et demie encore après, il ne s'était rien passé de ce côté, sinon que Tongrinelle, enlevé d'abord aux Prussiens, avait été repris ; et que ceux-ci avaient dû se retirer de Boignée et de Balatre.
Napoléon affaiblissait alors Grouchy de la division Subervie pour renforcer Vandamme. De son côté, Blùcher retirait à Thielmann la brigade de cavalerie de Marwitz pour la porter sur Wagnelée; en même temps, il appelait au moulin de Brye la division Langen (corps de Pirch I), la remplaçait à Sombreffe par la division Stùlpnagel et faisait avancer celle de Borcke entre ce bourg et le coude du Ligny.
La lutte, à l'aile droite, devait rester faible jusque vers les derniers moments de la journée.
Nos mouvements, de ce côté, n'avaient d'autre but que d'inquiéter Bliicher assez pour le déterminer à y garder de grandes forces, pendant que les grands coups se frapperaient ailleurs.
Le général prussien, trop préoccupé de garder la chaussée de Namur, devait se laisser prendre à ces démonstrations; nous le verrons.
A cinq heures et demie, l'état de la bataille était donc celui-ci :
Sur notre gauche, le corps entier de Vandamme et la division Girard combattaient et se maintenaient à Saint-Amand et au Hameau.
Sur notre centre, Gérard disputait Ligny avec deux de ses divisions.
Sur notre gauche, Grouchy s'était emparé de Boignée et de Balatre et faisait des démonstrations contre Thielmann, avec une petite partie de ses forces.
Napoléon n'avait donc encore engagé que trente-six ou trente-sept mille hommes.
Du côté des Prussiens, tout le corps de Zieten, moins sa cavalerie de réserve, une division et demie et la cavalerie du corps de Pirch I étaient entrés en action, à leur droite et à leur centre; et, à leur gauche, Thielmann répondait avec quelques bataillons aux mouvements de Grouchy. C'étaient, en tout, quarante-six ou quarante-sept mille hommes portés au feu.
La réserve de Napoléon se trouvait ainsi de quarante mille hommes environ, y compris le corps de Lobau, qui approchait; celle de Bliicher, de pareille force. Le général prussien devait savoir, en ce moment, qu'il ne devait plus compter sur le corps de Bùlow pour le conflit du jour.
À la vigueur de la résistance aux attaques de Saint-Amand et de Ligny, Napoléon avait reconnu bien vite qu'il avait à faire non pas à un corps ennemi, comme il l'avait dit à Ney dans la dépêche datée de deux heures, mais à la plus grande partie de l'armée prussienne ; et il avait compris pourquoi elle faisait ferme contenance devant lui et pourquoi sa droite était en l'air : elle attendait la coopération des Anglo-Hollandais.
Alors, il s'était hâté de faire écrire à Ney par le major général :
« En avant de Fleurus, le 16 juin, à trois heures et un quart.
« Monsieur le maréchal, je vous ai écrit, il y a une heure, que l'empereur ferait attaquer l'ennemi dans la position qu'il a